Un long pont francophone

Steve MacKinnon s'occupait de tous les dossiers qui... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Steve MacKinnon s'occupait de tous les dossiers qui touchaient la Francophonie quand il travaillait pour le premier ministre Frank McKenna, à Fredericton.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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LA GRANDE ENTREVUE / Le député fédéral de Gatineau, Steve MacKinnon, est né et a grandi à Charlottetown, sur l'Île-du-Prince-Édouard. Oui, ses parents sont anglophones, mais il parle très bien français. Il n'est donc pas Acadien. Il est simplement tombé en amour avec la langue française dans sa jeunesse.

«Je me suis converti en francophone à l'âge de 17 ans en allant à l'Université de Moncton, dit-il. Et depuis, je vis ma vie en français. C'était une équation assez simple à l'époque. C'était s'en servir ou le perdre. Parce que plus jeune, j'étais dans l'une des premières classes d'immersion à Charlottetown. Et c'était l'époque où le ministère des Anciens combattants est déménagé d'Ottawa à Charlottetown. Donc il y a eu une mini-vague d'"immigration" francophone à l'Île-du-Prince-Édouard, et la chose francophone m'a captivé.»

«Après mes études universitaires, je suis allé travailler à Fredericton pour le premier ministre Frank McKenna. Et c'est moi qui s'occupais de tous les dossiers qui touchaient la Francophonie. Donc, les francophones en situation minoritaire, il n'y a pas beaucoup de gens qui connaissent ça mieux que moi.»

Steve MacKinnon, 49 ans, est déménagé dans la région de la capitale fédérale en 2003, quand il a été nommé directeur général du Parti libéral du Canada (PLC). Un poste qu'il a occupé jusqu'en 2007. Et bien qu'il travaillait à Ottawa, lui et son épouse Janelle ont choisi de s'installer à Gatineau.

«On a voulu élever nos trois enfants en français, comme on le faisait au Nouveau-Brunswick, explique-t-il. On a donc choisi Gatineau.

- Vous auriez pu élever vos enfants en français à Ottawa, que je lui lance.

- Oui, je sais. Bien entendu.

- D'ailleurs, êtes-vous en faveur du bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa?

- Pour des raisons que vous comprendrez, je me prononce avec réticence sur des dossiers qui touchent la Ville d'Ottawa. Mais évidemment, ce serait un symbole puissant. Et le fédéral pourrait jouer un rôle incitatif.»

Un sixième pont

Durant la campagne électorale d'octobre dernier, ainsi que durant celle de 2011, le député de Gatineau a promis de ramener à l'avant-plan le dossier d'un sixième pont pour relier Ottawa et Gatineau. Plusieurs l'ont critiqué d'utiliser cette stratégie, LeDroit la qualifiant même de «racolage électoral de bas étage».

Les membres du PLC réunis en congrès le week-end dernier ont d'ailleurs refusé d'inscrire la construction de ce pont dans le programme du parti.

«Cette décision des membres du parti ne m'a pas déçu, affirme M. MacKinnon. Ça aurait été un beau symbole. Mais le manque de résolution ne fait pas en sorte que le gouvernement ne considère pas une telle chose. Et ce qui n'a pas été mentionné dans la couverture médiatique, c'est que les délégués du Québec l'ont mis en priorité.»

«Ce qui me laisse perplexe dans la couverture de tout ça, c'est qu'on me reproche de revendiquer un pont. On voit tous la nécessité d'un pont, mais on me reproche de le revendiquer autant. Je ne comprends pas. J'ai avoué en 2015 et en 2011 que c'est un défi de taille. Mais la minute que le député de Gatineau baissera les bras sur le pont, ce sera remis à tout jamais.» 

«LeDroit a intitulé un éditorial "Non au 'pont MacKinnon'", poursuit le député. Mais en bas de l'édito, on lit quelque chose comme: "Certes, le pont serait fort utile." Mais "non au 'pont MacKinnon'"? Pourquoi? Je reconnais le défi. Mais je n'accepte pas qu'on me reproche d'en être le revendicateur. Et si on ne peut pas en parler durant une campagne électorale, durant un processus démocratique, quand pourra-t-on en parler? Les gens ont voté pour moi en sachant que je n'ai pas promis un pont. Mais j'ai promis d'en être le champion.

- En terminant, M. MacKinnon, êtes-vous pour ou contre les tours Brigil?

«Je suis pour. Ça ne relève pas du fédéral et je n'émets que mon opinion, mais je suis pour parce que je suis pour les investissements. Je suis pour la densification. Et je pense que ça prendrait plus de Gilles Desjardins, plus des gens qui voient grand pour notre région. Ce n'est pas dans ma circonscription, mais on a tous intérêt à ce que le centre-ville de Gatineau se densifie.

- Dernière question. On me dit que vous êtes un grand amateur de hockey. Donc la question qui tue: Sénateurs ou Canadiens?

- (Rires.) Si on me force à choisir entre les deux, je vais prendre les Sénateurs.»

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