Pagliaro, le Tintin du rock

À 66 ans, le rockeur Michel Pagliaro continue... (Gimmy Desbiens, Archives Le Quotidien)

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À 66 ans, le rockeur Michel Pagliaro continue de remplir les salles un peu partout en province.

Gimmy Desbiens, Archives Le Quotidien

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LA GRANDE ENTREVUE / Il est l'un de ces rares artistes dont les succès défient le temps. Ses chansons qui ont atteint le sommet des palmarès dans les années 1970 et 1980 sont aussi connues et aimées aujourd'hui qu'à l'époque.

J'entends frapper, Rainshowers, Fou de toi, What the Hell I Got, Louise, Émeute dans la prison, Les bombes... et la liste de grands succès de ce rocker québécois incomparable se poursuit.

Malgré ses 66 ans, Michel Pagliaro continue de remplir les salles un peu partout en province. Et ses spectacles sont toujours aussi endiablés qu'à ses débuts. Comme s'il avait secrètement découvert la fontaine de Jouvence.

Pag, comme ses fans l'appellent, sera de passage au Théâtre du Casino du Lac-Leamy le samedi 4 juin. LeDroit s'est entretenu avec lui cette semaine.

***

LeDROIT: Commencez-vous à songer à la retraite?

MICHEL PAGLIARO: Ce sera la boîte, ma retraite. (Rires.) La retraite, je pense que c'est quelque chose qui plaît à quelqu'un qui a passé sa vie à faire quelque chose qu'il n'aimait pas. Dans mon cas, j'ai toujours fait ça dans la vie et je ne vois pas ce que je voudrais faire à part ça avec mon temps.

LD: Travaillez-vous toujours en studio? Parce qu'on a l'impression que vous n'enregistrez plus depuis un certain temps, qu'on ne vous voit presque plus.

MP: J'enregistre constamment. Vrai, je n'ai rien sorti depuis un bon moment, mais là on aboutit à quelque chose. Et j'espère que d'ici septembre, je serai en mesure de présenter quelque chose de vraiment super.

LD: En tout cas, vous n'êtes certainement pas le genre à s'afficher ou qu'on retrouvera dans les revues à potins. (Rires.)

PG: La seule chose qu'il y a dans les revues de potins, ce sont les gagnants de concours. C'est la convergence. Ils signent du monde, ils leur font passer des auditions, ils les passent à la télé le dimanche soir et il y a deux millions de personnes qui les voient. Que les participants gagnent ou non, ils apparaissent dans les magazines qui appartiennent aux mêmes personnes qui ont le concours. Puis là, ils spinnent ça. Et aussitôt qu'il y en a un qui colle sur le mur, ils l'exploitent pendant un boutte. Y en a qui marchent, y en a qui marchent pas. Et quand ça ne marche pas, ils les lâchent. La seule qui a quelque chose qui a marché, c'est Marie-Mai. Les autres sont tous disparus.

LD: J'en conclus que vous n'êtes pas un grand fan des émissions comme Star Académie et La Voix.

MP: Je pense que c'est le fun parce que ça donne l'opportunité au monde de s'exprimer. Là où ça devient un peu plus difficile, c'est qu'ils essaient de les présenter comme des artistes. Ils ne sont pas des artistes. Tu ne deviens pas un artiste parce que tu te présentes dans un concours où on chante pratiquement juste des covers. Il faut faire son chemin avant d'être reconnu comme un artiste. Ce n'est pas en donnant des pinceaux à tout le monde que tu vas avoir des Picasso. Ça ne marche pas comme ça. C'est une affaire beaucoup plus profonde que ça. Et le mot que je n'aime vraiment pas dans tout ça c'est: la relève. On les présente comme la relève. Je trouve ça un peu dégradant. C'est comme s'ils disaient des Charlebois, Dufresne, Pagliaro et le reste: «C'est pas grave, ce sont des clowns. On pitch un peu de cash et on aura d'autres clowns.» C'est un esprit un peu campagnard, je trouve.

LD: Vous êtes l'un des rares artistes québécois qui a enregistré en français et en anglais durant les années 1970. Et c'était à une époque où le Parti québécois grimpait en popularité et que la souveraineté du Québec était sur toutes les lèvres. Ça vous a causé des ennuis?

MP: Oui. Je suis un p'tit gars de Montréal. J'ai été à l'école française, ma mère était francophone, mon père était de descendance italienne, mais né à Montréal. J'étais content de jouer mes chansons parce qu'elles étaient populaires. À un moment donné, on a fait un spectacle à la Saint-Jean et j'avais chanté les chansons que les gens aimaient entendre, dont certaines en anglais. Ce fut un sacrilège! Je me suis fait blackballer pendant très, très longtemps. Mais c'est la vie. J'étais juste un jeune garçon de Montréal content que ça marche ailleurs. Aujourd'hui, Céline Dion est à Las Vegas et elle ne chante pas en français là-bas. Et elle chante aussi des tounes en anglais quand elle vient au Centre Bell. Mais c'est correct parce qu'aujourd'hui, c'est du rayonnement. Le rayonnement de la culture québécoise parce que la fille vient de Charlemagne. En tout cas, je m'en fous un peu de tout ça. Moi, je continue mon chemin.

LD: À quoi les spectateurs peuvent-ils s'attendre le samedi 4 juin au Théâtre du Casino du Lac-Leamy, à Gatineau?

MP: Attachez vos tuques. Ça va être le fun. Et là, je commence à avoir un bassin de jeunes, d'ados, de parents, de grands-parents. Je suis rendu un peu comme Tintin. (Rires.) Je suis pour les 7 à 77 ans.

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