Un joyau méconnu d'Ottawa

Le père Maxime Allard souhaite que le Collège... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le père Maxime Allard souhaite que le Collège universitaire dominicain d'Ottawa devienne plus visible.

Patrick Woodbury, LeDroit

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LA GRANDE ENTREVUE / L'Université d'Ottawa est la plus vieille université de la capitale fédérale. Mais si je vous demandais de nommer la deuxième, laquelle nommeriez-vous? L'Université St-Paul ou l'Université Carleton?

Aucune de ces réponses. La deuxième université la plus âgée d'Ottawa est le Collège universitaire dominicain, situé dans un magnifique édifice construit en 1880 sur la rue Empress, en plein centre-ville. Un lieu méconnu - et même inconnu.

«Les gens me disent souvent que nous sommes le secret le mieux gardé d'Ottawa. Je ne veux plus qu'on me dise ça», affirme le recteur du Collège universitaire dominicain - ou le président, comme on dit là-bas -, le père Maxime Allard.

«Que nous soyons un joyau d'Ottawa, ça me va. Mais pas le secret le mieux gardé. Et la campagne de financement que nous avons récemment lancée sera une occasion d'être plus visible. Mais pas pour le plaisir d'être vu. Mais parce qu'on offre des programmes extrêmement intéressants, et il faut les faire connaître et les soutenir.»

Le Collège universitaire dominicain est une université bilingue qui se spécialise dans l'offre de programmes entièrement agréés de premier cycle et de cycles supérieurs en philosophie et en théologie. Deux matières que plusieurs associent automatiquement à la prêtrise. Ce qui n'est pas nécessairement le cas, explique le père Allard.

«C'est ce que Monsieur et Madame Tout-le-monde pensent, dit-il. Mais au point de départ, la philosophie est née comme une critique politique sociale. Vrai, la philosophie et la théologie sont peut-être deux domaines qui ne sont pas très sexy à première vue et qui n'apparaissent pas nécessairement utiles ou rentables. Mais je dirais que lorsqu'on regarde comme il faut ce qu'on fait et ce que font nos anciens, on voit la pertinence sociale et politique de la chose.» 

«Nous comptons 130 étudiants ici à Ottawa, poursuit-il. On offre des cours à des classes de trois, quatre ou cinq étudiants. Avec de telles petites classes, c'est un défi pédagogique pour un prof. Mais c'est surtout génial au point de vue apprentissage pour les étudiants et étudiantes. Parce que vous avez une qualité de présence du prof, et une capacité d'argumenter et de discuter entre vous qu'on ne retrouve pas ailleurs. Ce n'est pas rentable de donner des cours à des classes de trois ou quatre étudiants. Mais on ne peut pas penser à une université - surtout en philosophie et théologie - exclusivement en termes économiques. Et dans ma tête, je ne me dis pas que ce n'est pas rentable. Je me dis que c'est le vieux modèle britannique où tu prends l'étudiant où il est, tu l'emmènes à son rythme en fonction de ses capacités, et tu vas beaucoup plus loin dans un cours. Il faut d'abord penser au but visé et au service qu'on peut rendre à la société.»

***

La Fondation du Collège universitaire dominicain a lancé une campagne de financement, la semaine dernière, qui vise à augmenter les revenus provenant de dons.

Et la première étape de cette campagne est d'amasser les fonds nécessaires pour la modernisation de la bibliothèque de l'université.

«Notre bibliothèque est saturée et elle aurait besoin de passer au XXIe siècle, lance le père Allard. Nous avons des collections ici, de véritables trésors, qui sont cachées dans des boîtes dans un sous-sol protégé. Mais on ne peut pas les exposer (faute de place), ce qui n'est pas très pratique pour les chercheurs. Notre bibliothèque est ouverte au public. Il faut qu'elle soit conviviale, moderne et qu'on puisse s'y retrouver. Il faut donc agrandir et repenser le lieu. Et on vise de quatre à cinq millions juste pour ça.»

***

Issu d'une famille de Québec plutôt aisée, Maxime Allard, 53 ans, est entre autres détenteur d'une maîtrise en philosophie et d'un doctorat en théologie. Il enseigne au Collège universitaire dominicain depuis 1994 et occupe la présidence de l'endroit depuis 2010. 

«À l'âge de 17 ans, j'ai été admis à l'Université McGill en sciences politiques, se souvient-il. Mais un prof m'a fortement recommandé de faire d'abord ma philosophie. C'est comme ça que j'ai découvert le Collège. J'ai rencontré des frères dominicains brillants qui m'enseignaient. Mais lorsque la cloche sonnait, ils allaient prier. Et ça, je ne comprenais pas. Alors à un moment donné, je suis allé prier avec eux. Puis je me suis joint à la chorale. Et tranquillement, je me suis dit que ça pouvait être intéressant. Je suis arrivé ici à l'âge de 17 ans, et je rentrais dans les ordres à 22 ans.» 

Pour faire un don à la Fondation du Collège universitaire dominicain: 1-800-739-9084 ou www.fcud.ca

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