Faire partie de la solution

Myriam Nadeau a fait le saut en politique... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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Myriam Nadeau a fait le saut en politique municipale pour faire avancer la Ville de Gatineau - et non pour suivre les traces de son père, dit-elle.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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LES GRANDES ENTREVUES / Myriam Nadeau, 32 ans, n'en est qu'à son premier mandat à titre de conseillère municipale du district de Pointe-Gatineau, à Gatineau, mais elle a déjà fait sa marque.

Oui, on a abondamment parlé d'elle lors de sa croisade, en juin dernier, pour faire modifier la Loi sur les élections et les référendums afin que les élus municipaux aient le droit de jouir d'un congé parental de plus de 90 jours, comme c'est présentement le cas. Cette histoire a fait le tour de la province et a mené au dépôt d'un projet de loi privé à l'Assemblée nationale qui vise à réviser cette loi.

Mais cette jeune mère de deux enfants âgés de huit ans et de 10 mois s'est aussi démarquée par son implication au sein de la Commission permanente sur l'habitation de la Ville de Gatineau. Si bien qu'elle a reçu cette semaine le Prix Régis-Laurin pour son leadership en matière de logement social et communautaire. Elle devenait ainsi la première élue municipale de Gatineau à recevoir ce prix remis annuellement par l'Association des groupes de ressources techniques du Québec.

«J'ai été vraiment touchée et honorée d'obtenir ce prix parce que ce sont les organismes qui ont soumis mon nom, dit-elle. Quand je suis arrivée en poste, il y avait certains ponts de couper entre un certain nombre d'acteurs (dans le domaine du logement social et communautaire). Donc je me suis donnée comme mandat de rassembler les gens afin que l'on se donne une voix forte et qu'on soit capable de parler d'une même voix. On a donc mis sur pied la table de concertation en logement et ç'a marché. Donc je pense que c'est de là que vient la reconnaissance qu'on m'a accordée. Et j'en suis très fière.»

La Fransaskoise d'adoption

Détentrice d'un baccalauréat en communications et en politique internationale, ainsi que d'une maîtrise en administration publique, cette ancienne analyste politique au ministère fédéral des Ressources naturelles a grandi à Pointe-Gatineau. Et bien qu'elle soit Québécoise, elle affirme avoir du sang franco-ontarien et être un peu Fransaskoise d'adoption.

«Mon père (l'ancien député bloquiste de Gatineau, Richard Nadeau) est né à Hawkesbury, explique-t-elle. Il est donc Franco-Ontarien et fier de l'être. Et j'ai toujours de la parenté à Hawkesbury, dont ma grand-mère, Germaine Nadeau née Lalonde, qui fêtera ses 95 ans ce week-end. Et j'ai aussi vécu pendant presque sept ans à Saskatoon, en Saskatchewan. Je suis donc aujourd'hui parfaitement bilingue. Et je connais très bien la réalité des francophones au Canada.»

Myriam Nadeau était âgée de huit ans en 1992 quand son père a accepté un poste au sein de l'Association des parents fransaskois, à Saskatoon. 

«Mon père avait décroché un contrat de deux ans là-bas, se souvient-elle. Et ma mère, ma soeur Marysa (sa jumelle identique), notre jeune soeur Geneviève et moi devions l'attendre à Gatineau pendant ces deux années-là. Mais au bout de six mois, ma mère a appelé mon père pour lui dire qu'elle ne pouvait plus continuer seule avec trois jeunes enfants. Elle lui a dit: "Je vends la maison, je vends tout et je pars te rejoindre avec les trois filles." On a donc fait la longue route avec ma mère dans une vieille Oldsmobile que mon grand-père lui avait vendue pour un dollar. Et nous sommes allées rejoindre mon père là-bas. Et bien que nous étions censés revenir au terme du contrat de mon père, nous y sommes restés presque sept ans. Mon père a décroché un poste d'enseignant à Saskatoon. Et ma mère a été directrice générale de l'Association de la jeunesse fransaskoise.»

«Les premiers mois là-bas ont été difficiles au niveau de l'adaptation et de l'intégration, admet-elle. Nous fréquentions une école de langue française, mais tout le reste était en anglais. Et les seuls mots que je pouvais dire en anglais étaient "yes", "no" et "I don't speak English". (Rires.) Mais je l'ai vite appris. Puis j'ai tissé des amitiés là-bas. Et quand nos parents nous ont annoncé en 1998 qu'on rentrait à Gatineau, mes soeurs et moi ne voulions plus partir!»

Si Myriam Nadeau a quitté un poste bien rémunéré au gouvernement fédéral pour plonger en politique municipale, ce n'était pas dans le but de suivre les traces de son père. «Pas du tout», dira-t-elle. C'était plutôt pour s'investir à temps plein «pour faire avancer la Ville». 

«En fait, ce que mes parents m'ont beaucoup enseigné - et je l'ai surtout vécu dans l'Ouest canadien -, c'est l'engagement dans la communauté. Cette valeur vient directement d'eux et du travail que je les ai vus accomplir dans un contexte qui n'était pas facile. Ils m'ont toujours dit que si je voyais quelque chose qui n'a pas d'allure, que j'avais une responsabilité de faire partie de la solution pour assurer mon bien-être et le bien-être de ceux qui m'entourent et que j'aime.»

«Vrai, je viens d'un milieu où la politique a toujours fait partie des discussions. Mais mes parents ne m'ont jamais dit: "Va en politique." C'est moi qui ai voulu m'investir à temps plein là-dedans pour donner tout ce que je peux.»

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