Unis pour la vie au Tecumseh

Adolescent, Pierre-Hugues Fortin aurait voulu avoir sa carte... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Adolescent, Pierre-Hugues Fortin aurait voulu avoir sa carte de la PGA, mais il a mis ce rêve de côté quand il a réalisé à quel point le plateau à atteindre était élevé.

Patrick Woodbury, LeDroit

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LES GRANDES ENTREVUES / Pendant son adolescence, le promoteur immobilier gatinois Pierre-Hugues Fortin, 37 ans, rêvait d'obtenir sa carte de la Professional Golfer's Association - communément appelée la PGA - et de jouer au côté des Tiger Woods, Phil Mickelson, Mike Weir et tous les autres «maîtres» du golf de l'époque.

Il avait certes le talent pour réaliser son rêve.

Lui qui s'était procuré à l'âge de 10 ans un ensemble de bâtons bas de gamme au Canadian Tire pour la modique somme de 69,99$, ainsi qu'une douzaine de balles jaunes Canada Cup, est vite devenu l'un des meilleurs jeunes golfeurs au Québec. Deux fois champion du Québec au niveau junior, il a de plus joué pour l'équipe canadienne au championnat mondial universitaire.

«Je voulais faire carrière dans le golf, dit-il. Mais j'ai rapidement mis ça de côté quand j'ai réalisé que le plateau à atteindre pour devenir professionnel était beaucoup plus haut que je le pensais.»

«Je l'ai réalisé à l'âge de 18 ans quand j'ai participé à la Classique Eagle Creek, à Dunrobin, poursuit-il. J'étais le plus jeune golfeur à me qualifier pour ce tournoi. Et quand j'ai vu à l'oeuvre les professionnels Tim Clark, qui a terminé en deuxième position au Tournoi des Maîtres de la PGA de 2006, et le golfeur canadien, Ian Leggatt, j'ai vite réalisé à quel point ces joueurs étaient très bons. À mon premier départ en après-midi, j'ai regardé le tableau des meneurs et les pointages commençaient à 63! Il fallait lire deux tableaux avant de se rendre à 70! (Rires.) Disons que la réalité m'a frappé en plein front ce jour-là. Et ma décision a été plutôt facile à prendre. J'ai eu des offres de bourses d'études de quelques collèges américains. Mais bien qu'ils défrayaient 80% des coûts, l'autre 20% coûtait tout de même 50 000$ par année. Et mes parents n'avaient tout simplement pas ce budget. Donc je suis passé à autre chose.»

L'homme d'affaires

Cette autre chose, ce sont des études en administration et en économie à l'Université d'Ottawa pour l'obtention d'un baccalauréat. Un bon choix puisque Pierre-Hugues Fortin a un sens des affaires inné. Il a même mis sa première «entreprise» sur pied à l'âge de... six ans. 

«Je ramassais les bouteilles vides sur les chantiers de construction et j'allais les échanger pour de l'argent au dépanneur, se souvient-il. Mais j'ai tout fait dans mon enfance. J'ai tondu des pelouses, j'ai été camelot pour LeDroit, le Citizen, la Revue, nommez-les, je les faisais tous. Et quand je n'avais pas le temps de les livrer, je donnais deux dollars à un ami et j'empochais les quatre autres dollars», ajoute-t-il en riant.

Pierre-Hugues Fortin a réalisé sa première transaction immobilière à l'âge de 18 ans. Aujourd'hui, presque 20 ans plus tard, il est propriétaire d'approximativement 200 unités de logement dans le centre-ville de Gatineau (Hull). Il a de plus acquis en 2014 le terrain de golf Tecumseh, sur le boulevard Maloney, dans le secteur Gatineau. Et le 1er mai prochain, il prendra possession du club de golf Mont Cascades, à Cantley. 

«À 18 ans, raconte-t-il, je voulais acheter un quatre logis à Gatineau, mais je n'avais pas le crédit nécessaire. Mais ma mère a cru au projet que je lui ai présenté et elle a accepté de se porter garante d'un prêt à la banque. J'ai donc financé mon premier bloc avec mes économies et l'aide de ma mère. Et j'étais économe, j'habitais chez mes parents. Donc ça me permettait de banquer mes sous et d'acheter d'autres unités. Puis le marché immobilier a soudainement monté en flèche en 1998 ou 1999 et c'est comme si je gagnais le gros lot à la 6/49. Donc j'ai pu continuer à vendre et à acheter et de me créer un parc immobilier.»

L'ancien conseiller municipal de Gatineau, Stéphane Lauzon, a proposé il y a quelques années que le site où se trouve le club de golf Tecumseh soit choisi pour y construire le nouvel amphithéâtre des Olympiques de Gatineau de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Et Pierre-Hugues Fortin ne s'en cache pas, il aimerait bien que le «nouveau Guertin» soit érigé sur son terrain.

«On sera l'un des sites dans la course, c'est définitif, lance-t-il. J'ai un plan d'affaires pour rentabiliser l'investissement tout en gardant les 18 trous de golf. Je pense qu'on a un site qui répond à tous les critères pour le nouvel aréna. On a le zonage. La circulation peut être diluée grâce à toutes les artères qui mènent à ce site. On dit que 65% des partisans des Olympiques habitent le secteur Gatineau. Et si ce nouvel amphithéâtre est pour être construit dans l'est de la ville, on est à peu près le seul endroit pour le faire. Donc on verra. Le dossier avance.»

Pierre-Hugues Fortin a cependant une autre priorité à court terme puisque le 23 juillet prochain, il dira «oui» à sa fiancée, Karine Provost, la gérante du restaurant et du bar du club Tecumseh.

Où se marieront-ils? Disons qu'ils n'ont pas eu à chercher bien loin. Les deux tourtereaux - pour ne pas dire les deux oiselets - uniront leur vie... au Tecumseh.

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