La volonté de réussir

Le conseiller Jean-François LeBlanc n'a aucunement l'intention de... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Le conseiller Jean-François LeBlanc n'a aucunement l'intention de se joindre à Action Gatineau.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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CHRONIQUE / La lutte se dessinait entre deux candidates à l'élection partielle dans le district du Lac-Beauchamp, à Gatineau, le 28 février dernier: Caroline Desrochers du parti Action Gatineau du maire Maxime Pedneaud-Jobin, et Liza Lauzon, la fille du député fédéral d'Argenteuil-La Petite-Nation et ancien conseiller municipal de ce quartier, Stéphane Lauzon.

Laquelle des deux jeunes femmes a été élue? Ni une ni l'autre.

C'est finalement le candidat indépendant, Jean-François LeBlanc, qui a réussi à convaincre le plus grand nombre d'électeurs. Mais celui-ci admet que la tâche a été plutôt ardue.

«Je n'étais pas en campagne électorale contre Caroline et Liza, dit-il, j'étais en campagne contre Maxime Pedneaud-Jobin et Stéphane Lauzon. Quand le maire fait du porte-à-porte dans ton district et que le député fédéral accueille les gens à la porte du bureau de vote, ce n'est pas évident quand t'es seul. Il a fallu que je sois rassembleur et dévoué à la cause.»

Vous l'aurez deviné, le nouveau conseiller municipal de Gatineau n'a aucunement l'intention de se joindre à Action Gatineau. «J'ai choisi d'être indépendant, tranche-t-il. Je trouve qu'il y a une inégalité lorsqu'il y a un parti politique.»

Doit-on conclure que Jean-François LeBlanc se joindra au Regroupement des élus indépendants pour la démocratie (RÉMI) en compagnie de Mike Duggan et de Sylvie Goneau, deux homologues à la table du conseil avec qui il a des atomes crochus, selon ses dires?

«Oui, probablement, répond-il. Démocratiser la politique pour donner plus de pouvoir aux citoyens par des élus indépendants, je ne vois pas comment je pourrais être contre ça.

«Mais ce que je trouve de déplorable, ajoute-t-il, c'est que certains citoyens pensent que le RÉMI est un autre parti municipal. Il faudra faire une campagne de sensibilisation pour expliquer aux gens que ce n'est pas un autre parti pour contrer Action Gatineau. C'est un projet de loi qui a été déposé pour rendre équitables les indépendants versus les partis au niveau des campagnes électorales.»

Le municipal, un tremplin?

Jean-François LeBlanc, 44 ans, est père d'une fille âgée de 23 ans et grand-père d'une petite-fille de deux ans. Ancien propriétaire d'entreprises en informatique et fondateur du Salon des entreprises de Gatineau, il se dit aujourd'hui conseiller municipal à temps plein. Un poste qui ne sera peut-être qu'un tremplin dans sa carrière en politique puisqu'il a sérieusement songé, en décembre 2014, à poser sa candidature contre Steven MacKinnon à l'investiture du Parti libéral du Canada dans Gatineau.

«Peut-on vraiment se permettre de dire non à une entreprise qui peut vous rapporter huit millions de dollars par année?»

Jean-François LeBlanc
conseiller municipal, au sujet des tours Brigil

«J'avais commencé le processus, mais j'ai abandonné juste avant l'investiture, dit-il. Je savais que la vague orange était l'affaire de (feu) Jack Layton et qu'elle s'en retournait, et que la vague rouge arrivait. J'ai analysé la situation et je me suis dit que si je voulais devenir député fédéral, c'était le temps. Mais j'ai parlé à Steve MacKinnon et j'ai décidé de ne pas me présenter. Je pense que (l'ancienne députée néo-démocrate de cette circonscription) Françoise Boivin aurait eu des chances d'être réélue, mais elle n'a pas fait de campagne. Elle a fait un bon travail comme députée, sauf qu'elle n'était pas présente lors des débats et dans les activités durant la campagne. Et elle est repartie avec la vague orange.»

En faveur des tours Brigil

Jean-François LeBlanc a été clair durant sa campagne électorale: il est pour la construction au centre-ville de Gatineau des deux gratte-ciel de 35 et de 55 étages, communément appelés les tours Brigil.

«Peut-on vraiment se permettre de dire non à une entreprise qui peut vous rapporter huit millions de dollars par année? questionne-t-il. J'ai vu le conseil municipal discuter pendant des semaines pour voir quel bout de trottoir ils allaient arrêter de déneiger pour épargner 400 000$. Et là, on a un entrepreneur qui veut nous donner annuellement huit millions de dollars pendant 50 ou 100 ans. On n'aurait plus besoin de se casser la tête à savoir comment économiser 400 000$.

«Et au niveau touristique, ce serait fantastique. On serait sur toutes les cartes postales de la tour de la Paix. Mais si tu commences un projet en disant que ce n'est pas à la bonne place et qu'il y a telle ou telle contrainte, il ne verra jamais le jour. Par contre, si on se dit "on veut que ça marche et on va le faire marcher", on composera avec ce qui arrivera en cours de route. C'est mon attitude.»

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