L'autre combat d'Hélène Campbell

« C'était très difficile pour ces quatre patientes. T'es... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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« C'était très difficile pour ces quatre patientes. T'es en attente d'un organe, tu fais face à la mort, et tu n'es même pas capable de communiquer avec ton équipe médicale. C'est terrible comme situation. »

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Il y a quatre ans, Hélène Campbell, d'Ottawa, lançait une campagne sur les médias sociaux en faveur du don d'organes, au moment où elle-même se trouvait en attente d'une double transplantation de poumons.

Par cette initiative, cette jeune femme aujourd'hui âgée de 24 ans a touché des millions de gens partout sur la planète, recevant même l'appui public du jeune chanteur canadien de renommée internationale, Justin Bieber. Hélène Campbell a de plus été invitée à Los Angeles par la populaire animatrice américaine, Ellen DeGeneres, où elle a pu réaliser son rêve d'enfance au talk-show quotidien gagnant de 15 Emmy Awards, The Ellen DeGeneres Show.

« Dans mon annuaire scolaire de 12e année, j'ai écrit que mon rêve était de danser avec Ellen DeGeneres, se souvient-elle. Et ça c'était avant que je tombe malade. Et je ne pensais jamais pouvoir réaliser ce rêve de danser avec elle à la télé. Mais je l'ai fait!».

Mais au-delà de tout ça, la campagne de Hélène Campbell a permis au Réseau Trillium pour le don de vie de connaître une hausse d'inscription de près de 230 000 nouveaux donneurs potentiels.

Hélène Campbell a reçu avec succès une double transplantation de poumons en avril 2012, à Toronto. Elle se porte aujourd'hui merveilleusement bien et elle mord dans la vie à pleines dents.

Parfaitement bilingue, issue d'un père anglophone originaire de l'Alberta et d'une mère francophone de Sherbrooke, elle est graduée de l'école secondaire Franco-Ouest. Et elle se dévoue maintenant à une autre cause, celle d'obtenir le droit pour tout Canadien de recevoir des soins de santé dans sa langue maternelle, partout au pays. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui l'a incitée à accepter le rôle de coprésidente de « Carrefour Santé », le plus grand salon de la santé et du mieux-être en français de l'Est de l'Ontario qui se déroulait cette semaine à Ottawa.

« Durant les trois mois que j'étais avec ma mère à Toronto en attente de poumons, j'ai rencontré quatre filles du Québec qui ne parlaient pas l'anglais, raconte-t-elle. Et à l'hôpital de Toronto, les services en français sont inexistants. C'était très difficile pour ces quatre patientes. T'es en attente d'un organe, tu fais face à la mort, et tu n'es même pas capable de communiquer avec ton équipe médicale. C'est terrible comme situation.

«Donc quand le Réseau des services de santé en français de l'Est de l'Ontario m'a invitée comme coprésidente du salon, j'ai été voir le site web de ce réseau. Je ne le connaissais pas. Et en apprenant sur ce réseau, je me suis dit : «wow!». Un tel réseau est nécessaire partout au Canada. Et c'est bon que ça commence ici, à Ottawa. Ce serait super d'avoir un tel réseau pancanadien. Parce qu'on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Tout peut changer d'une journée à l'autre. Ces quatre filles du Québec ne pensaient jamais qu'elles allaient être un jour hospitalisées à Toronto.»

Au seuil de la mort

Hélène Campbell a reçu une double transplantation de poumons le 6 avril 2012. «Un Vendredi Saint», se souvient-elle clairement. Plutôt appropriée comme journée puisque son histoire tient du miracle, elle qui était à un cheveu de la mort. Elle raconte.

«Le mercredi soir, deux jours avant le Vendredi Saint, les médecins m'ont dit : «t'es trop malade, Hélène. On doit retirer ton nom de la liste d'attente. On va te renvoyer chez toi, ou on va t'intuber et tu vas mourir ici, à l'hôpital».

«Je n'étais pas surprise. Je savais qu'il ne me restait pas beaucoup de temps. Je respirais de moins en moins. Mes poumons ne fonctionnaient plus qu'à 6 %. Je perdais de l'énergie d'heure en heure. Et j'avais appelé tous mes amis pour leur dire une dernière fois que je les aime. Et ce soir-là, quand les médecins m'ont dit qu'ils ne pouvaient plus rien faire pour moi, je leur ai dit : «j'espère que ceux qui ont connu mon histoire réaliseront que c'est la réalité quand on est en attente d'un don d'organes. Que parfois, on ne reçoit pas le don à temps. Et si ma mort est ce qu'il faut pour que les gens réalisent enfin l'importance du don d'organes, j'aurai changé quelque chose.

«Mais le jeudi matin, à 6 h 30, une infirmière est venue me dire qu'on avait peut-être trouvé des poumons pour moi. J'avais déjà eu de fausses alarmes auparavant, mais je gardais espoir que cette fois-ci serait peut-être la bonne. Ce n'est pas avant 23 h 30 ce jeudi-là qu'un médecin est venu me dire : «on a des poumons pour toi. L'opération sera difficile, mais c'est à toi de décider. Veux-tu passer à travers la greffe pulmonaire?». C'est clair que j'ai dit «oui». Et j'ai été chanceuse. Et avec ce deuxième souffle que j'ai reçu, cette deuxième vie, j'aimerais faire une différence. Parce que la vie est un véritable cadeau.»

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