Une passion qui se développe

Tout au long de sa carrière de journaliste,... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Tout au long de sa carrière de journaliste, Daniel Lessard avait toujours caressé le rêve d'écrire un roman.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Le journaliste à la retraite Daniel Lessard, 69 ans, a connu une carrière exceptionnelle à la télévision de Radio-Canada au cours des quatre dernières décennies.

Après neuf années comme journaliste, puis animateur de l'émission Ce soir à Radio-Canada Ottawa-Gatineau, il est devenu correspondant parlementaire pour la société d'État, un poste qu'il a occupé de 1981 à 1994. «J'ai couvert le dernier mandat de Pierre Trudeau, les deux mandats de Brian Mulroney, ainsi que trois ans de Jean Chrétien», dit-il.

En 1995, il est devenu animateur à la nouvelle station du Réseau de l'information (RDI), toujours à Ottawa, pour ensuite accepter le poste d'animateur de relève, en 1998, au Téléjournal - Le Point. Puis de 2005 à 2011, il a animé l'émission Les Coulisses du pouvoir consacrée à la politique. 

C'est donc plus d'une trentaine d'années que Daniel Lessard a passées au bureau politique de Radio-Canada à Ottawa. Toute une carrière pour un gars du petit village de Saint-Benjamin, en Beauce, qui rêvait de devenir animateur radiophonique et disc-jockey, et qui ne voulait rien entendre d'une carrière en journalisme.

Mais la piqûre du journalisme, c'est ici, en Outaouais, qu'il l'a attrapée... bien malgré lui.

«J'ai débuté en 1969 comme animateur et disc-jockey à la radio CKBM, à Montmagny, se souvient-il. Trois mois plus tard, le patron de CJRC (aujourd'hui la radio 104,7 FM) m'a appelé pour que je vienne en Outaouais remplacer un annonceur qui quittait. Mais quand je suis arrivé, le gars que je devais remplacer avait décidé de rester. Alors on m'a dit: "On a un poste de journaliste de disponible, on te l'offre." Mais ça ne m'intéressait pas du tout. Je ne suivais pas trop ce qui se passait (dans l'actualité). Je ne savais même pas conduire et on voulait que je fasse les faits divers. Donc j'ai appris à conduire en une semaine et le patron s'est occupé à ce que j'obtienne mon permis, même si je n'étais pas capable de stationner à reculons. (Rires.)

«J'ai donc couvert les faits divers pendant un an. Et c'était parfois compliqué puisque je ne comprenais et je ne parlais pas l'anglais. Mais j'ai beaucoup appris. Et je suis devenu journaliste malgré moi. Et au bout de cette année-là à CJRC, j'ai eu une offre pour aller à CKAC, à Montréal, deux semaines avant que Pierre Laporte soit assassiné, et CKAC était la boîte à lettres du FLQ. Et c'est là que j'ai vraiment commencé à aimer ce métier-là et que je me suis dit: "C'est ce que je vais faire."»

De journaliste à romancier

Mais malgré sa remarquable carrière en journalisme, Daniel Lessard a toujours caressé le rêve d'écrire un roman. Un rêve qu'il a enfin réalisé à sa retraite en 2012 en publiant un roman intitulé Maggie qui s'est vendu à plus de 13 000 exemplaires.

«L'ancien journaliste, (feu) Michel Vastel, aimait bien se moquer de moi, raconte-t-il. Il me disait qu'à la télé, les journalistes, avec les extraits sonores et tout le reste, n'avaient qu'en bout de ligne cinq phrases à écrire. Et il n'avait pas complètement tort. (Rires.) Quand t'écris pour la télé, tu te fiches pas mal des virgules et des accents. T'écris au son, mais tout en faisant attention, évidemment. Mais le texte ne va pas en ondes, c'est toi qui vas en ondes.

«Alors je disais toujours à Vastel: "Un jour, j'écrirai un roman et je te donnerai la première copie." Mais malheureusement, Michel est décédé avant que mon premier roman soit publié.

- Mais comment passe-t-on de l'écriture journalistique à l'écriture d'un roman? C'est un peu comme apprendre à patiner pour jouer au hockey pour enfin faire du patinage artistique, non?

- En effet. (Rires.) Le premier roman m'a pris beaucoup de temps. Les premières versions étaient plates. Je l'ai fait lire à ma soeur et elle m'a dit que c'était ennuyant à mourir, qu'il n'y avait pas d'émotions et que j'écrivais comme un journaliste. "Laisse-toi aller", m'a-t-elle conseillé. Alors j'ai réécrit et réécrit. Puis un jour j'ai croisé par hasard mon ami Charles Tisseyre qui s'occupait de la maison d'édition de son père (les Éditions Pierre Tisseyre), je lui ai parlé de mon roman et il m'a dit de lui envoyer et qu'il allait le faire lire par son comité de lecture. Et il m'a appelé trois semaines plus tard pour me dire qu'ils aimaient ça et qu'ils étaient prêts à le publier.»

Daniel Lessard a récemment publié son cinquième roman intitulé La Marie-Louise.

«C'est une histoire inspirée librement d'un fait réel, explique-t-il. C'est une femme qui s'appelait Marie-Louise Cloutier, soit la dernière ou avant-dernière femme à être pendue au Québec. Elle avait empoisonné son mari avec l'aide de son amant qui était le neveu de son mari. Elle a été pendue à Bordeaux en 1940. On disait de cette femme qu'elle avait des dons et qu'elle parlait au diable. Je me suis donc inspiré d'elle très librement, mais tout en fouillant, en faisant venir le verbatim du procès qui s'est déroulé à St-Georges de Beauce, et en faisant des recherches approfondies afin que le contexte historique soit le plus rigoureux possible.»

Daniel Lessard sera présent au Salon du livre de l'Outaouais, samedi et dimanche, au kiosque des Éditions Pierre Tisseyre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer