Mille émissions de radio «ping-pong»

Quoi que vous disiez, ne traitez pas l'animateur... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Quoi que vous disiez, ne traitez pas l'animateur de radio Roch Cholette de journaliste, affirme-t-il.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / L'animateur de l'émission du midi Solide comme le Roch à la radio 104,7 FM, Roch Cholette, est entré en ondes pour une toute première fois le 21 février 2011. Il y a presque cinq ans. Et mercredi, il animera sa 1000e émission. Croyait-il un jour atteindre ce chiffre étonnant?

«Je n'ai jamais pensé à ça, répond-il. Je prends ça une émission à la fois, et ça va vite. Mais je suis content. Ce n'est pas un milieu facile et il y a beaucoup de changements dans l'industrie. Et je suis content que le show ait gardé à peu près le même mandat.»

Avant de se lancer dans l'aventure radiophonique, Roch Cholette, 52 ans, a été député de Hull à l'Assemblée nationale de 1998 à 2008. Et plusieurs se souviendront qu'il ne laissait personne indifférent à l'époque avec son style de politicien parfois arrogant et agressif, toujours fonceur et sûr de lui.

En février 2011, quelques jours avant sa toute première émission, il avait déclaré dans cette page que son émission quotidienne allait permettre aux gens de découvrir un autre côté de lui. Est-ce mission accomplie?

«Oui, croit-il. Je suis capable de faire autre chose que de la politique et je l'ai prouvé avec l'émission. C'est sûr que je suis capable d'être serré, d'être cassant et d'être tough, mais je suis capable de faire autre chose. Je n'entre jamais en ondes avec l'objectif d'être baveux. Je joue beaucoup au ping-pong avec les gens qui m'accordent une entrevue. Et je pense que l'une de mes forces en entrevue, c'est que j'ai une capacité d'écoute importante et que je suis capable de réagir par rapport à ce que j'entends. Et si tu m'ouvres une porte, je vais entrer.

- Mais est-ce que ce style parfois abrasif est utilisé pour provoquer les gens?

- Non, ce n'est pas de provoquer. C'est ma nature. Je suis intense. Je suis un gars entier, passionné, et j'aime le débat. Et que les gens soient en accord avec moi ou non est le dernier de mes soucis. Ma job dans la vie n'est pas de convaincre les gens. C'est de dire: voici comment je vois ça et vous pouvez en faire ce que vous voulez. Mais la pire insulte qu'on puisse me faire, c'est de me dire que je laisse les gens indifférents.»

Il peut dormir sur ses deux oreilles, Roch Cholette laisse très peu de ses auditeurs indifférents. On l'a encore constaté en mai dernier quand le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a qualifié son émission de «radio-poubelle».

«Le maire vivra avec ses déclarations, de répliquer l'animateur. J'ai une carapace assez solide pour prendre ça avec un grain de sel. Et manifestement, il ne sait pas c'est quoi de la radio-poubelle. J'ai pourtant le même style que lorsqu'il était dans l'opposition, et il n'a jamais traité mon émission de radio-poubelle quand il était dans l'opposition.»

Sa relation avec Stéphanie Vallée

On apprenait en avril dernier que Roch Cholette et la ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée, entretenaient une relation de couple depuis quelques mois. Et leur liaison amoureuse dure toujours à ce jour. Est-ce que cette situation limite la liberté de parole de l'animateur radiophonique, ainsi que les sujets qu'il peut aborder en ondes?

«Sur ma liberté de parole, ma réponse est non, répond-il. Mais par souci de transparence, je n'aborde pas des dossiers dont elle traite directement, et ça c'est bien clair. Et c'est sûr que je n'aurai jamais Stéphanie en ondes. D'autres émissions peuvent l'avoir en masse. Je ne me placerai pas dans des situations de conflits. Par contre, si je pense que le gouvernement est dans l'erreur et dans le champ, je le dis. J'ai le droit à mon opinion.»

Animateur, analyste, chroniqueur, commentateur... Donnez-lui le titre que vous voulez, dit-il, mais ne qualifiez surtout pas Roch Cholette de journaliste. «Je suis tout, sauf ça.»

«D'ailleurs, ajoute-t-il, ce qui me fait le plus sourire de mon emploi, c'est lorsque je reçois des commentaires comme: "Roch n'est pas objectif" ou "Roch est partisan et il donne son opinion". Mais oui. C'est vrai. C'est ma job à tous les jours! C'est comme si on disait d'un éditorialiste: "Tu parles d'un gars, il dit ce qu'il pense." Je fais un éditorial vocal. C'est sûr que je vais reprendre des faits pour établir un constat ou faire un commentaire. Dans ce sens-là, j'utilise du travail qui a déjà été fait par les journalistes. Mais je ne suis pas journaliste. Pas du tout.»

Le nom de Roch Cholette est souvent mentionné quand il est question d'élections à la mairie de Gatineau. Mais oubliez ça. Il est catégorique: il n'effectuera jamais un retour en politique, que ce soit au niveau municipal, provincial ou fédéral.

«J'ai fait 16 ans (il était conseiller municipal à Hull avant de faire le saut au provincial), je suis passé à autre chose. Non merci», laisse-t-il tomber. L'animateur a cependant profité de la question pour dire sa façon de penser du conseil municipal actuel.

«Il y a un manque de leadership flagrant à Gatineau, a-t-il dit. Il y a un manque de cohérence aussi. Ça prend un coup de barre. Et j'ai l'impression que l'administration mène beaucoup et que le conseil suit. J'aimerais voir l'inverse.»

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