Faire son chemin jusqu'à la mairie

Maxime Tremblay... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Maxime Tremblay

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / De travailleur social à banquier. Puis de banquier à la politique. Il n'y a pas à dire, le parcours professionnel du conseiller municipal de Gatineau, Maxime Tremblay, n'a rien d'ordinaire.

«C'est drôle, dit-il, parce qu'au niveau politique, les gens me prennent pour un financier. Mais je ne suis pas un gars de finances, je suis intervenant de nature.»

Maxime Tremblay, 53 ans, a quitté sa famille à Chicoutimi - ses parents, ses huit soeurs et son frère, aujourd'hui décédé, qui était atteint de paralysie cérébrale - pour venir poursuivre ses études en criminologie à l'Université d'Ottawa. «J'ai choisi la criminologie parce que j'ai toujours voulu aider les gens», explique-t-il.

Et c'est pour «aider les gens» qu'il a d'abord travaillé comme intervenant dans une maison de transition pour ex-prisonniers. «Mais je n'ai pas travaillé là longtemps, précise-t-il. J'ai quitté pour aller oeuvrer comme intervenant au Centre d'aide 24/7 (centre d'intervention en situation de crise). J'ai beaucoup aimé mon expérience à ce centre. On était toujours sur l'adrénaline. Si, par exemple, un gars voulait se suicider, on allait intervenir chez lui pour l'aider. Oui, je côtoyais régulièrement la souffrance. Mais en même temps, j'aidais les gens.»

Maxime Tremblay a quitté cet emploi au bout d'un an et demi quand il a été recruté en 1990 pour fonder et diriger Droit-Accès de l'Outaouais, un organisme de promotion et de défense de droits qui accompagne au besoin toute personne fragilisée par un problème de santé mentale. «J'ai été là huit ans», dit-il.

De gauche à droite

Puis il a quitté l'organisme qu'il a fondé pour devenir directeur du marketing régional à... la Banque Nationale du Canada! «C'est à ce moment-là que je me suis acheté un habit et une cravate pour la première fois de ma vie», lance-t-il en riant.

Mais comment Maxime Tremblay est-il passé de travailleur de rue au service des écorchés de la société à un bureau de directeur de banque?

«Un concours de circonstances, répond-il. La Banque Nationale était parfois commanditaire pour les campagnes de financement que j'organisais. Et le directeur du marketing de l'endroit était un bon ami à moi. À un moment donné, j'ai appris que ce dernier quittait son poste. Je l'ai alors appelé pour qu'il me donne le nom d'un contact à la banque pour mes campagnes de financement. En discutant avec lui il m'a demandé: "Est-ce que ça te tente de me remplacer ici à la banque?" Il y avait eu un affichage interne à la Banque Nationale, mais personne dans le réseau ne voulait de son poste. Alors je lui ai répondu: "Pourquoi pas?" Il m'a rappelé 10 minutes plus tard pour me dire que le vice-président de la banque m'attendait pour une entrevue à 15 h 30 de la même journée.»

«Je me suis présenté comme convenu, poursuit-il. Le vice-président m'a alors demandé ce que je connaissais des banques. Je lui ai répondu: "Rien." Puis il m'a demandé ce que je connaissais du marketing. Je lui ai encore répondu: "Rien." Et il a répliqué: "D'accord, je t'embauche." Les choses ont cliqué entre lui et moi et il se fiait au jugement de mon ami qui m'avait recommandé pour ce poste.»

«Mais quand on dit qu'il y a deux mondes, il y a vraiment deux mondes. Quand j'étais à Droit-Accès de l'Outaouais et que nous devions aller à Montréal, on y allait en autobus voyageur et on couchait dans un petit motel minable près du terminus. À la banque, quand il fallait que j'aille à Montréal, c'était en train, première classe, et je couchais au Marriott!» ajoute-t-il d'un éclat de rire.

La mairie en 2017?

Maxime Tremblay a quitté son poste à la Banque Nationale après huit ans de service pour se lancer à son compte, en 2006, à titre de consultant en gestion. Puis en 2009, ce père de trois enfants a fait le saut en politique municipale et a été élu conseiller du quartier du Plateau. Et à moins de deux ans de la prochaine élection municipale, il songe maintenant à poser sa candidature à la mairie de Gatineau, en 2017.

«Je regarde mon profil, dit-il. J'ai été huit ans à Droit-Accès de l'Outaouais, puis huit ans à la banque. En 2017, ça fera huit ans que je suis en politique municipale. Donc je suis en réflexion. Est-ce que j'ai le goût pour d'autres défis? Changer de carrière ne me fait pas peur. Chose certaine, si je décide de rester en politique en 2017, ce sera pour la mairie, et non comme conseiller. C'est clair. J'y pense déjà. Mais on ne sait jamais ce qui peut arriver.»

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