Refermer les plaies du Règlement 17

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Le député de Sudbury, Glenn Thibeault, a été privé d'une éducation en français dans sa jeunesse.

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Le député provincial de Sudbury, Glenn Thibeault, se dit «un exemple parfait» des conséquences dévastatrices de l'infâme Règlement 17 sur les francophones de l'Ontario. Adopté en 1912, ce règlement a interdit, pendant 15 ans, l'enseignement de la langue française dans toutes les écoles ontariennes.

Bien entendu, Glenn Thibeault n'était pas de ce monde il y a 103 ans. Mais comme les jeunes Franco-Ontariens de cette époque, il a lui aussi été privé d'une éducation en français pendant son enfance à Sudbury. Et bien qu'il soit issu d'une famille francophone, il a vite perdu l'usage de sa langue maternelle et il tente aujourd'hui - à l'âge de 46 ans - de la retrouver, de la reparler. Un exercice louable de sa part, mais très laborieux, admet-il.

«Mon nom est Thibeault, ma mère est une Trottier, toute ma famille est francophone, dit-il. Mon père et ma mère parlent français, tout comme mes soeurs, mes neveux et mes nièces. Mais pour moi, c'est difficile de parler le français. Quand j'étais jeune, j'allais à l'école de langue anglaise parce qu'elle était très près de chez moi. Je suis donc un exemple parfait. Parce que j'ai perdu mon français et j'ai de la difficulté aujourd'hui à parler avec ma famille dans sa langue. J'ai des cousins qui habitent le nord du Québec et qui parlent uniquement le français, ils ne comprennent pas l'anglais. Donc dans les réunions de famille, ma soeur traduit ce que je dis pour mes cousins. Mais maintenant, je pratique (le français) chaque semaine avec un professeur. Et je parle français avec des collègues à Queen's Park. C'est pas facile, mais c'est important pour moi d'apprendre le français. C'est important pour mon travail, mais aussi pour retrouver la langue et la culture de ma famille.»

Lundi dernier à Queen's Park, le député libéral de Sudbury a présenté une résolution afin que l'Assemblée législative de l'Ontario présente des excuses formelles aux Franco-Ontariens pour le Règlement 17. 

«C'est un honneur pour moi de déposer cette requête, et un honneur pour tous les francophones de ma circonscription», d'affirmer M. Thibeault.

Mais pourquoi cette demande? Pourquoi maintenant?

«Pour deux raisons, répond-il. D'abord, parce que c'est le 400e anniversaire de présence francophone en Ontario, c'est une célébration. Et deuxièmement, parce que cet enjeu est important pour les Franco-Ontariens de Sudbury et pour l'ACFO du Grand Sudbury. Les gens de l'ACFO me disent que ces excuses permettront de tourner la page et reconnaîtront l'importance de la langue et de la culture françaises en Ontario.»

«Mais ces excuses ne sont qu'une étape, ajoute-t-il. Il y a beaucoup d'autres enjeux importants pour la communauté francophone de l'Ontario. Comme, par exemple, la création d'une université franco-ontarienne. Mais par ces excuses, la première ministre (Kathleen) Wynne dira à toute la province que la culture et l'héritage franco-ontariens sont très importants pour l'Ontario.

- Et pensez-vous que Mme Wynne le fera?

- Je crois que oui. J'en ai parlé avec son bureau et avec Mme (Madeleine) Meilleur (la ministre déléguée aux Affaires francophones) et il n'y a pas de problème.

- Croyez-vous, M. Thibeault, que ces excuses formelles pourraient éventuellement mener vers le bilinguisme officiel pour la province de l'Ontario? Seriez-vous en faveur d'une province officiellement bilingue?

- Oui. Il y a beaucoup de francophones en Ontario. Dans le sud-ouest, dans l'est, dans la région d'Ottawa, dans le nord. Il y en a beaucoup et ils apportent beaucoup à l'Ontario. Et le pays est officiellement bilingue. Alors oui, je crois que la province devrait être officiellement bilingue.»

***

Glenn Thibeault est père de deux filles âgées de huit et 12 ans. Son aînée fréquente une école d'immersion. «Et la plus jeune va à une école de langue anglaise, mais elle commencera à apprendre le français en 3e année», de dire le député.

M. Thibeault a été directeur de Centraide Sudbury pendant cinq ans avant de se lancer en politique fédérale sous la bannière du Nouveau Parti démocratique (NPD). 

Il a été élu député fédéral de Sudbury en 2008 et a occupé ce poste jusqu'en 2014. Il a offert sa démission au chef du NPD, Thomas Mulcair, en décembre 2014 quand il a été recruté par Kathleen Wynne et les libéraux de l'Ontario.

Il siège à Queen's Park depuis février 2015.

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