Marc Bureau, l'écolo

Marc Bureau ne s'ennuie pas de ses années... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Marc Bureau ne s'ennuie pas de ses années à l'hôtel de ville de Gatineau.

Patrick Woodbury, LeDroit

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L'ancien maire de Gatineau, Marc Bureau, est un homme de parole.

Après huit années à la barre de la municipalité - de 2005 à 2013 -, il a été défait il y a deux ans par Maxime Pedneaud-Jobin. Et ce soir-là, le maire défait a promis à son successeur qu'il n'interviendrait jamais publiquement dans les affaires de la Ville. Bref, Marc Bureau n'allait jamais jouer la belle-mère.

«Il faut laisser les gens qui ont été élus faire ce qu'ils ont à faire», a déclaré M. Bureau dans une très rare entrevue accordée depuis sa défaite à la mairie de Gatineau. «Quand on est élu, a-t-il ajouté, on essaie de faire le mieux possible au meilleur de nos connaissances. C'est (un poste) très demandant qui exige beaucoup de temps.»

Marc Bureau, 60 ans, ne s'ennuie pas du tout de ses années à l'hôtel de ville de Gatineau. C'est un homme détendu, souriant et jovial que LeDroit a rencontré cette semaine. Tout le contraire de celui qui était parfois perçu comme crispé et hésitant durant ses huit années à la mairie, et dont le leadership a souvent été remis en question. Des perceptions et des commentaires qui, dit-il, ne l'ont jamais atteint.

«On se fait une carapace en politique et il faut être capable d'ignorer ces commentaires-là, a-t-il laissé tomber. On a des plans de match et il faut les suivre pour aller de l'avant. Mais je ne m'ennuie pas de la politique au quotidien et je ne la suis pas vraiment. Je m'ennuie plutôt des gens et des rencontres que je faisais avec des citoyens exceptionnels. C'est plutôt ça qui me manque. 

«J'ai fait deux voyages, en Afrique et au Brésil, après les élections de 2013. Et j'ai pensé beaucoup. J'avais reçu plusieurs offres (d'emplois). Alors j'ai choisi de faire ce qui m'avait le plus animé à la mairie: le développement durable. Durant mes dernières années à la mairie, Gatineau a été choisie la ville la plus verte du Québec. Donc, je continue un peu dans cette même veine.»

C'est d'ailleurs à titre de président des conseils d'administration d'Enviro Éduc-Action et du CREDDO (Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais) que Marc Bureau a pris la plume cette semaine dans une très rare sortie publique.

Dans sa lettre adressée au Droit, l'ancien maire invite la population de Gatineau à prendre part à une marche pour l'environnement qui se tiendra dimanche, avec un départ à la Maison du citoyen de Gatineau, à 12h20, pour aller rejoindre les milliers de personnes qui se donneront rendez-vous à l'hôtel de ville d'Ottawa.

Et c'est aussi à titre de président de deux organismes environnementaux que Marc Bureau a commenté la construction possible des deux «tours Brigil» de 35 et 55 étages au centre-ville de Gatineau.

«Je ne ferai pas de politique, a-t-il prévenu. Mais au niveau de l'environnement, je pense que c'est souhaitable parce qu'il y a beaucoup d'avantages à ces deux tours. L'eau et toutes les facilités sont là, au centre-ville. Deux tours coûtent beaucoup moins cher à la Ville que 500 maisons unifamiliales en banlieue. L'étalement urbain ne fonctionne pas, il est dommageable pour l'environnement et coûte très cher. Mais si j'ai réalisé une chose au cours de mes 14 années en politique, c'est que la densité (urbaine) est toujours l'élément du développement durable le plus difficile à vendre auprès de la population.

- Êtes-vous d'accord avec le président de la Chambre de commerce, Antoine Normand, qui a qualifié l'approche du promoteur Gilles Desjardins (Brigil) d'approche "crois ou meurs"?

- (Rires.) Je ne commenterai pas ça! Mais disons que les promoteurs ont souvent de bonnes intentions, et ils pensent parfois que de dire qu'ils vont investir des centaines de millions de dollars sera vendeur en partant. Mais je pense que M. Desjardins a fait la bonne chose en s'unissant avec Douglas Cardinal (l'architecte du Musée canadien de l'histoire). La dynamique a changé depuis. Et je pense que M. Desjardins doit continuer de travailler avec les citoyens. Mais c'est sûr que la densité est toujours dure à vendre.»

***

Marc Bureau sur...

Les pépins qu'a connu le Rapibus à ses débuts en 2013, en pleine campagne électorale: «C'est sûr que ça ne m'a pas aidé. On n'a parlé que de ça durant le dernier mois de la campagne électorale. Ça ne portait que là-dessus, le Rapibus. Et quand ça part sur une tangente, il n'y a rien qu'on puisse y faire.»

Le déneigement partiel des trottoirs de Gatineau: «C'est une décision politique. Mais quand j'ai demandé (à titre de maire) que tous les trottoirs de la Ville soient déblayés, c'était pour être conséquent avec notre politique de développement durable. Si on veut inciter les citoyens à marcher davantage et à utiliser le transport en commun, il faut que le déneigement soit fait. Mais si on peut me prouver que les gens marcheront plus pour aller faire leurs courses (avec des trottoirs non déneigés), tant mieux...»

Sa plus grande fierté de ses huit années à la mairie: «Je pense que c'est le développement vert de la Ville de Gatineau. Et aussi le Centre sportif. Les citoyens l'adorent et ils s'en sont appropriés. Puis il y a le Rapibus qui arrive juste à la porte de ce centre. 

- On se souviendra de vous comme le "maire vert", lui ai-je lancé en concluant notre entretien.

- Je l'espère!»

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