La marmite politique

Le jeune député Francis Drouin veut concentrer ses... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Le jeune député Francis Drouin veut concentrer ses efforts sur sa circonscription.

Etienne Ranger, LeDroit

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Francis Drouin, le nouveau député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, est un peu à l'image de son chef Justin Trudeau. Fils de politicien, passionné de la politique, habité par une volonté de souffler un vent de changements à Ottawa, et d'un physique qui trahit son âge.

Il a l'air si jeune qu'on le croirait sorti tout droit de sa soirée de graduation du secondaire. Mais Francis Drouin a célébré ses 32 ans il y a trois semaines. «Je sais que je ne fais pas mes 32 ans, dit-il. Les commis chez LCBO me le rappellent souvent, lance-t-il en riant. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je me suis lancé en politique; c'est pour avoir un peu de cheveux gris», ajoute-t-il, toujours à la blague.

La politique est à Francis Drouin ce que la potion magique est à Obélix le Gaulois: il est tombé dedans quand il était petit. Fils de l'ancien maire de Hawkesbury, Yves Drouin, et petit-fils de Jean-Claude Drouin, qui a siégé comme conseiller municipal de cette même ville pendant 41 ans (!), le nouveau député de Glengarry-Prescott-Russell s'est joint aux jeunes Libéraux de cette circonscription de l'Est ontarien à l'âge de 16 ans, pour en devenir le président l'année suivante.

«Je me suis demandé à cet âge-là si j'aimais vraiment la politique ou si j'en faisais pour imiter mon père et mon grand-père, admet-il. Mais à un moment donné, j'ai eu la piqûre. Et pas juste la piqûre de me joindre à un parti, mais la piqûre de servir les gens. J'ai longtemps pensé que j'allais me contenter de travailler dans l'ombre, mais je me racontais des mensonges», laisse-t-il tomber en souriant.

En fait, il a longtemps travaillé dans l'ombre, lui qui a dirigé pratiquement toutes les campagnes électorales des candidats libéraux qui ont brigué les suffrages dans sa circonscription lors des élections provinciales et fédérales des dernières années. Mais dès sa première campagne comme candidat, sous les réflecteurs, Francis Drouin a défait le député conservateur sortant, Pierre Lemieux, par tout près de 11 000 voix. Comment explique-t-il cette écrasante victoire sur un adversaire qui a siégé à la Chambre des communes au cours des neuf dernières années?

«Par le travail assidu, répond-il. J'ai commencé mon porte-à-porte en mars dernier et je n'ai jamais lâché. Je savais que je pouvais perdre. Mais j'allais avoir la conscience tranquille en sachant que j'avais fait tout en mon possible pour gagner. Et j'avais confiance en Justin Trudeau. Il proposait une nouvelle façon de faire de la politique, une façon qui venait me chercher. Et j'ai vite constaté l'attachement émotionnel des gens envers lui. Le 1er août dernier, il s'est joint à moi pour visiter les Highland Games à Glengarry. Le plan était simplement de faire le tour du terrain et de serrer la main des gens. Mais il n'a pas eu la chance de faire tranquillement le tour de l'endroit, il a plutôt été accueilli en véritable superstar et ce sont les gens qui venaient vers lui.»

***

Francis Drouin connaît très bien l'appareil gouvernemental. Consultant en relations gouvernementales, puis expert-conseil en communications pour une firme de relations publiques d'Ottawa - un poste qu'il a laissé en remportant l'investiture libérale dans Glengarry-Prescott-Russell en janvier dernier -, il a de plus été adjoint spécial pendant quatre ans au sein du bureau de l'ancien premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty.

Avec tout ce bagage, la question se pose: se voit-il ministre au sein du cabinet de Justin Trudeau?

«Non, répond-il sans même y songer deux fois. Je vais concentrer tous mes efforts sur ma circonscription. Je serai peut-être ministre un jour. Qui sait? Mais le jour où je laisserai mes ambitions personnelles prendre le dessus sur le service au public, c'est le jour où je me retirerai.»

Bien qu'il soit tombé dans la marmite dans sa jeunesse, Francis Drouin a évidemment d'autres intérêts dans la vie que la politique. En plus «d'enseigner» le français à sa conjointe Katherine, il aime bien gratter la guitare et, l'été, labourer les terrains de golf de son comté.

«Il faut savoir jouer de la guitare pour être député dans Glengarry-Prescott-Russell, lance-t-il en riant, en faisant allusion à son prédécesseur libéral, Don Boudria, qui faisait parti d'un groupe de musique rock'n'roll. Alors je pioche ma guitare et elle a été mon agent "déstresseur" durant la campagne. J'adore le golf. Je n'ai pas eu la chance de jouer tellement cet été, mais j'ai joué plus de 40 parties il y a deux ans. Et ce n'est pas le choix de terrain qui manque par chez nous.

- Êtes-vous pour ou contre le bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa?, lui ai-je demandé en terminant notre entretien.

- Je suis Franco-Ontarien, donc la question ne se pose pas. Je suis évidemment pour. Mais ça ne relèvera pas de moi. C'est à la communauté franco-ontarienne de se mobiliser et ce ne sera pas la première bataille qu'elle mènera. Et je pense que ce n'est qu'une question de temps avant que la Ville d'Ottawa le devienne enfin.»

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