Une musique qui traverse les époques

À 63 ans bien comptés, Gino Vannelli attire... (Archives, Le Soleil)

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À 63 ans bien comptés, Gino Vannelli attire encore les foules dans les salles de spectacles, même si ses plus grands succès datent des années 1970 et 1980.

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On n'a qu'à mentionner son nom que pour tout une génération replonge dans son passé, dans sa jeunesse. Des chansons comme Black Cars et Wheels of Life, en passant par I Just Wanna Stop et Wild Horses pour ne nommer que ces succès monstres, Gino Vannelli a marqué à sa façon la musique des années 1970 et 1980.

Récipiendaire d'une dizaine de prix Juno et mis en nomination à plusieurs reprises aux prestigieux prix Grammy chez nos voisins du sud, ce Montréalais aujourd'hui âgé de 63 ans a vendu au cours de sa carrière plus de 10 millions d'albums sur la planète.

Et à l'instar des Elton John, Neil Diamond, les Eagles et tant d'autres vedettes d'une époque pas si lointaine, Gino Vannelli remplit toujours les salles sur son passage. Il est de cette génération d'artistes dont la musique vivra toujours dans le coeur de millions de gens.

Gino Vannelli sera de passage le 8 novembre au Théâtre du Casino du Lac-Leamy, à Gatineau. De sa résidence à Portland, en Oregon, il s'est entretenu cette semaine avec LeDroit.

Voici des extraits de cet entretien.

***

LeDROIT: Vous avez grandi à Montréal mais habitez les États-Unis depuis de nombreuses années. Mais durant toutes ces années sur la côte ouest américaine, et malgré votre longue carrière à chanter et composer principalement en anglais, vous avez réussi à conserver votre français. C'était important pour vous de ne jamais oublier votre langue maternelle?

GINO VANNELLI: Je ne pouvais faire autrement. C'est mon histoire, mon héritage. Mes grands-parents sont Italiens, mais mes parents sont Québécois. Et Montréal est l'endroit où je suis né, où j'ai grandi, où j'ai toujours des amis et où j'ai eu quelques histoires d'amour. (Rires.) Et quand on rattache des émotions à une langue, il est difficile de l'oublier.

«Aujourd'hui, grâce à la technologie, un chanteur moyen peut devenir bon. Et un bon chanteur peut devenir très bon. Donc quand on écoute des voix et des instruments filtrés par une technologie que tout le monde partage, tout semble avoir le même son. Et dans ce sens, le public est un peu berné.»

Gino Vannelli

LD: Vous êtes âgé de 63 ans et, comme tant d'autres artistes de votre génération, vous remplissez toujours les salles avec des succès qui datent d'il y a plus de trois décennies et qui, souvent, plaisent autant aux jeunes d'aujourd'hui qu'à leurs parents. Comment expliquez-vous cette popularité intarissable et intemporelle?

GV: C'est, premièrement, une question d'expérience. Tous ces artistes - que ce soit Paul McCartney, les Rolling Stones, Elton John et tant d'autres - savent ce que ça prend pour offrir un vrai spectacle live. L'équipement, le son, l'éclairage, la qualité des musiciens qui les entourent, tout est planifié minutieusement. Ils connaissent leur métier et ils sont dévoués à leur art. Bref, ils savent comment plaire aux spectateurs, que ce soit durant les chansons ou lorsqu'ils s'adressent à la foule entre ces chansons. Deuxièmement, ces artistes et leur musique font partie de la vie des gens. Et quand ces gens assistent aux spectacles, c'est un peu comme s'ils retournent visiter leur jeunesse. C'est un buzz pour eux, c'est un retour dans le passé le temps d'une soirée. Puis troisièmement, ces artistes ont écrit des chansons exceptionnelles qui, si elles étaient enregistrées aujourd'hui, connaîtraient selon moi autant de succès.

LD: Écoutez-vous la musique d'aujourd'hui?

GV: Oui, beaucoup. Il y a de bonnes chansons ici et là. Mais la musique a changé. Quelque chose d'étrange s'est produit en route vers 2015. C'est un peu comme si la technologie a pris le dessus. Les gens peuvent maintenant enregistrer des disques dans leur sous-sol. Ils ont des ordinateurs qui jouent la batterie, des accords de guitare et d'autres instruments de musique. Et si je pouvais vous faire faire une tournée d'un studio d'enregistrement, je pourrais vous montrer des machins qui existent pour corriger ou modifier la voix d'un chanteur. Il n'y avait pas cette technologie à l'époque. Il n'y avait pas d'équipement pour transformer un chanteur moyen en un bon chanteur. T'étais bon ou non. Aujourd'hui, grâce à la technologie, un chanteur moyen peut devenir bon. Et un bon chanteur peut devenir très bon. Donc, quand on écoute des voix et des instruments filtrés par une technologie que tout le monde partage, tout semble avoir le même son. Et dans ce sens, le public est un peu berné.

LD: À quoi le public de Gatineau et d'Ottawa peut-il s'attendre lors de votre spectacle que vous donnerez ici le 8 novembre prochain?

GV: À un groupe de musiciens exceptionnels. Les meilleurs avec qui j'ai eu la chance de jouer. On reculera en chansons jusqu'en 1974. Il y aura quelques nouveautés, mais les gens connaîtront 90% des chansons. Mais la plupart d'entre elles seront un peu adaptées, peut-être un peu modifiées. N'ayez craintes, je ne montrai pas sur scène pour faire tourner un CD. (Rires.) Les spectateurs veulent un spectacle et ils en auront tout un. Pour en avoir une idée, il y a le CD Gino Vannelli Live in LA qui vient de sortir au Canada il y a un mois ou deux. C'est un spectacle que mon groupe et moi avons donné à guichet fermé à Beverly Hills l'an dernier. Ce spectacle ressemble beaucoup à celui que nous donnerons bientôt à Gatineau. Comme un retour dans le passé avec une musique qui a défié le temps.

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