Avoir la piqûre de la francophonie

Originaire de la Belle Province mais plongé dans... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Originaire de la Belle Province mais plongé dans la francophonie hors-Québec depuis son adolescence, Réjean Sirois vient de prendre la relève de Bernard Roy à titre de directeur de l'éducation du CECCE.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Adolescent à Val-Bélair, en banlieue de Québec, Réjean Sirois rêvait de faire carrière dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Après quelques années de hockey universitaire à Moncton, au Nouveau-Brunswick, il a été repêché par les Dragons de Rouen, en France, où il a joué au niveau professionnel européen avant de se joindre à l'équipe française d'Annecy, tout près de la frontière suisse.

Mais sa carrière de joueur de hockey professionnel allait s'arrêter là. Son rêve de porter le chandail d'une équipe de la LNH n'allait jamais se réaliser. «C'est simple, je n'étais pas assez bon», lance-t-il en riant.

Pas grave. Une autre carrière l'attendait après toutes ses années d'études intenses et de succès scolaires au sein des programmes sports-études, au secondaire, et de ses études universitaires qu'il a complétées avec deux maîtrises en administration scolaire et publique et un baccalauréat en éducation physique. Et cette nouvelle carrière allait lui faire découvrir et vivre à fond la francophonie hors-Québec.

Le 5 octobre dernier, après de nombreuses années à la barre des conseils scolaires acadiens de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve, et après 14 autres années dans le monde de l'éducation franco-ontarienne, cet Acadien et «Franco» d'adoption a succédé à Bernard Roy à titre de directeur de l'éducation du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), à Ottawa.

Réjean Sirois devenait ainsi le boss du plus grand conseil scolaire de langue française hors Québec, avec ses 22 000 élèves fréquentant 41 écoles élémentaires, 11 écoles secondaires et une école pour adultes.

Le réveil

C'est au Nouveau-Brunswick, à titre d'enseignant, que Réjean Sirois a débuté sa longue carrière en éducation. Et c'est chez les Acadiens que ce «p'tit gars de Val-Bélair» a réalisé que la francophonie ne s'arrêtait pas aux frontières du Québec.

«J'avais 16 ans quand j'ai quitté le Québec pour mes études universitaires à Moncton, se souvient-il. Et c'est là-bas que j'ai eu mon "réveil", comme chante Zachary Richard. C'est là que j'ai eu mon réveil sur la francophonie hors Québec et que j'ai vraiment développé un intérêt - pas juste pour l'éducation en langue française -, mais aussi pour toute la culture acadienne. Et surtout apprécié - et le mot "apprécié" n'est pas assez fort - la résilience et la fierté du peuple acadien. On ne peut que saluer et applaudir les efforts qu'ils ont faits pour conserver leur langue, leur culture et leur héritage. Je me suis vite aperçu qu'il y avait un tout autre univers francophone qu'au Québec.»

La carrière de Réjean Sirois allait ensuite l'emmener en Ontario français. D'abord comme surintendant de l'éducation au Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario, à Ottawa. Puis au bout de huit ans dans ce poste, il a quitté pour Toronto pour prendre la barre du Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud.

Durant ses six années dans la Ville Reine, «son» conseil a construit 13 nouvelles écoles catholiques de langue française. «Et trois autres étaient en construction quand j'ai quitté», précise-t-il. Comment explique-t-il cet engouement pour une éducation en langue française dans la grande région de Toronto?

«Par toutes sortes de raisons, répond-il. Comme par la qualité de l'éducation. Les résultats le démontrent. Les conseils francophones catholiques et laïcs se démarquent sur la scène provinciale au niveau des résultats. Et de plus en plus de gens savent maintenant que des écoles de langue française existent et que ce ne sont pas des écoles d'immersion.»

Et dans la cour d'école...

Que ce soit à Toronto, à Ottawa ou ailleurs dans la francophonie hors Québec, il n'est pas rare d'entendre les élèves d'une école de langue française emprunter l'anglais quand ils se parlent entre eux dans les cours d'écoles et les corridors. Mais cette situation ne décourage pas pour autant le nouveau directeur de l'éducation du CECCE.

«On ne sait jamais à quel moment la graine qu'on a semée produira le fruit recherché, illustre-t-il. Mais a un moment donné, un déclic se fait (chez l'étudiant). Mais c'est un cheminement, un parcours. Et il faut continuer à nourrir ce parcours.»

«Oui, je pourrais être découragé d'entendre parfois l'anglais se parler dans les cours d'école, ajoute-t-il. Mais si vous regardez les résultats des écoles du CECCE en ce qui a trait à la fierté chez nos élèves d'être francophones et la fierté de fréquenter une école de langue française, vous constaterez rapidement qu'ils en sont très fiers. Les résultats (de ces sondages) sont très élevés chez nos élèves. On a parfois l'impression que nos efforts ne rapportent pas les dividendes escomptés. Mais parfois, le résultat vient dans cinq ans. Il faut simplement être patient et ne pas lâcher. Nos élèves sont très fiers d'être francophones et de parler la langue française. Et ils vous le diront.»

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