L'adieu aux Divines tentations

Après plus de 35 ans de carrière à... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Après plus de 35 ans de carrière à Radio-Canada, Danièle Grenier offrira à ses auditeurs ses toutes dernières Divines tentations le 19 décembre.

Patrick Woodbury, LeDroit

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On l'avait adoptée, elle faisait un peu partie de la famille et on l'écoutait tous les samedis. Elle était toujours au rendez-vous, fidèle comme une vieille amie, et jamais, croyait-on, allait-elle nous quitter.

Mais à la surprise générale, l'animatrice de l'émission Divines tentations, présentée le samedi matin à ICI Radio-Canada Première 90,7 FM, Danièle Grenier, a annoncé en ondes la semaine dernière qu'elle et sa complice - pour ne pas dire sa soeur depuis les 20 dernières années -, la réalisatrice Johanne Samson, prenaient leur retraite au même moment.

Après plus de 35 ans de carrière à Radio-Canada, Danièle Grenier, 60 ans, offrira à ses auditeurs ses toutes dernières Divines tentations le 19 décembre prochain. Son dernier adieu.

Non, la populaire animatrice ne quitte pas à cause des passages houleux que le diffuseur public traverse depuis un certain temps. Rien à voir avec tout ça, insiste-t-elle. Et non, elle ne quitte pas parce que la popularité de son émission est en baisse, au contraire! Ce rendez-vous hebdomadaire s'est élevé au rang d'émission du samedi la plus écoutée dans le marché francophone de la région, atteignant récemment un auditoire record de 24% des parts du marché, alors qu'ils étaient de 6% quand Danièle Grenier a pris la barre de cette émission, il y a 13 ans.

C'est donc en pleine heure de gloire que Danièle Grenier - comme on dit - «tire la plogue».

«Oui, je sais, acquiesce-t-elle. Et c'est un peu ce qu'il y a d'extraordinaire. Les gens qui ont le plaisir de pouvoir quitter sont beaucoup plus heureux que les gens qui ne peuvent pas prendre cette décision ou qui se font montrer la porte. Johanne et moi, nous l'avons prise en toute liberté, alors que tout va bien. Nous ne voulions pas quitter amères. Nous voulions partir la tête haute. Nous voulions partir dans le plaisir et la joie et pendant que nous aimons encore ce que nous faisons. Et je pense que nous quittons dans les règles de l'art et dans la dignité. Nous ne partons pas sur un coup de tête.

«Et nous nous sommes assurées que ce créneau régional n'allait pas partir avec nous, c'est important, d'ajouter l'animatrice. Présentement, au Québec et en Ontario, notre émission est la seule émission régionale qui reste encore. Tout le reste du Québec est desservi par Montréal. Où que vous alliez, à Québec ou ailleurs en province, c'est Joël Le Bigot que vous entendrez. Ici, nous avons encore du temps régional pour notre auditoire et c'est une richesse qu'il ne faut pas perdre.»

À titre de chroniqueure et d'animatrice, au cours de ses 35 années de carrière à Radio-Canada, Danièle Grenier a eu le privilège et le plaisir de rencontrer d'innombrables personnalités de tous les milieux et de toutes les couches de la société.

Un saut dans l'inconnu

Ne risque-t-elle pas de s'ennuyer de ce privilège, de ces rencontres parfois inoubliables, de cette tribune unique, de son micro?

«Je fais face à l'inconnu à ce niveau-là, répond-elle. Je dirais plutôt que NOUS faisons face à l'inconnu, Johanne et moi. Nous n'avons pas de recherchiste à Divines tentations. L'émission, c'est Johanne et moi. On regarde ce qui se passe, on tombe sur un article ou sur un livre qu'on aime et on appelle le spécialiste ou l'auteur en question. Puis, celui-ci est à notre émission la semaine suivante. Nous n'aurons plus ce privilège et cette courroie de transmission. C'est un deuil que nous devrons vivre et nous en sommes conscientes. On ne nous a pas appris à quitter. Donc, tout reste à apprivoiser. Parce qu'on fait face à l'inconnu.

- Et une fois à la retraite en janvier prochain, Mme Grenier, vous comptez faire quoi?, lui ai-je demandé en terminant notre chaleureux entretien.

- Je veux faire beaucoup de sports, répond-elle. De la raquette, du ski de fond, de la natation et du jardinage l'été. J'aime beaucoup voyager et je pourrai maintenant profiter des aubaines de dernière minute, j'aurai maintenant cette liberté que je n'avais pas auparavant. Je veux m'impliquer dans la communauté et me remettre aux études. Il faut que je nourrisse mes hamsters. dit-elle en se touchant la tête. Mais il ne faut pas que je cherche à m'étourdir. Je vivrai des deuils et je devrai laisser de la place pour ça. Il faut laisser le temps au temps.»

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