La passion de l'enseignement

Edith Dumont souhaite répéter l'expérience et retourner enseigner...

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Edith Dumont souhaite répéter l'expérience et retourner enseigner bénévolement en Haïti ou ailleurs l'an prochain.

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Quand la directrice de l'éducation du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO), Edith Dumont, a accepté de prolonger son mandat pour quatre autres années, elle prolongeait du même coup sa passion. Sa passion pour l'éducation.

Mère de trois enfants, Mme Dumont, 51 ans, oeuvre au sein du CEPEO depuis plus de 26 ans, dont 17 comme enseignante. Et cet été, plutôt que de profiter pleinement de ses trois semaines de vacances, elle a plutôt choisi de se rendre en Haïti pour... enseigner. Bénévolement.

Une passion, disais-je.

«J'ai été invitée par l'Université Bishop à enseigner pendant une semaine dans des discussions à haut niveau avec 70 directeurs et directrices d'écoles venus de partout en Haïti, raconte-t-elle. J'ai donc enseigné et échangé sur l'importance de la réussite scolaire chez nos enfants, et l'importance d'enseigner à un point tel que les enfants aient le goût de changer leur monde. Et j'ai réalisé pendant ma semaine là-bas que l'éducation est universelle. Qu'on veut tous la même chose, soit que nos écoles créent des opportunités pour que les élèves sentent que tout leur appartient et qu'ils ont le pouvoir de changer les choses.

«J'étais tellement nerveuse, se souvient-elle. Ça faisait longtemps que je n'avais pas enseigné. Mais ça n'a pris que 20 minutes avant que je me retrouve dans mon élément. Comme quoi je n'ai pas chassé l'enseignante en moi. J'ai adoré l'expérience et je souhaite la répéter l'an prochain, en Haïti ou ailleurs.»

En mars 2012, quand Edith Dumont a été nommée à la direction du CEPEO, elle a déclaré au Droit qu'elle souhaiterait, pendant son mandat, que chaque employé du conseil scolaire devienne un ambassadeur du conseil. A-t-elle réussi?

«Oui, répond-elle. C'est mission accomplie. C'est palpable. Les employés sont fiers de faire partie d'une communauté qui, tous les jours, a entre ses mains l'avenir du monde, c'est-à-dire nos enfants, nos leaders de demain. Je crois que j'ai réussi à inculquer l'idée qu'on fait un travail des plus précieux pour l'avenir du monde. Une école, c'est une porte qui s'ouvre sur des centaines de portes. Sur le monde, quoi. Et on a vraiment fait un effort concerté pour démontrer aux enfants que ce qu'ils apprennent à l'école a un impact dans la communauté. Dans la communauté au sens propre, mais aussi au sens large.»

La lutte du CEPEO contre l'OFSAA

Le 4 septembre 2012, l'Ontario Federation of School Athletic Associations (OFSAA) a adopté un règlement qui oblige les élèves ontariens inscrits dans un programme sport-études de résider dans un certain rayon de leur école afin de participer à ses compétitions sportives provinciales.

De telles balises n'existent pas au sein du CEPEO pour assister aux classes. L'école Louis-Riel est la seule école secondaire publique d'Ottawa et de l'Est ontarien qui offre le programme sport-études. Et tous les élèves du CEPEO peuvent s'y inscrire, peu importe leur lieu de résidence. Mais depuis l'entrée en vigueur de ce règlement de l'OFSAA, les élèves du CEPEO qui rêvent de participer aux compétitions provinciales sont forcés de s'inscrire dans une école anglophone située dans leur secteur de fréquentation.

Le CEPEO croit qu'il s'agit d'un règlement discriminatoire puisqu'il perpétue et aggrave l'assimilation des Franco-Ontariens. Et il a porté la cause en justice. Et on apprenait récemment qu'une injonction a été accordée par le juge Robert Beaudoin, qui suspend l'application de certains règlements de l'OFSAA à la minorité francophone de l'est de l'Ontario. Ainsi, jusqu'à nouvel ordre, les élèves de Louis-Riel peuvent participer aux compétitions provinciales de l'OFSAA. Le litige entre le CEPEO et l'OFSAA sera entendu sur le fond lors d'un procès dont la date reste à déterminer.

Edith Dumont se réjouit de cette décision intérimaire du tribunal.

«C'est une victoire pour la minorité francophone de l'est de l'Ontario, dit-elle. Il faut comprendre que le litige ne porte pas sur le sport, mais bien sur une éducation réellement égale à celle reçue par la majorité anglophone. On pourrait parler de musique plutôt que de sport et ce serait le même débat. La décision intérimaire confirme que l'éducation ne se limite pas uniquement à l'enseignement en salle de classe, mais s'étend à toutes les activités parascolaires qui font partie de l'expérience de l'apprentissage des élèves.

«L'école Louis-Riel a perdu 70 élèves qui se sont inscrits dans une école anglaise. Ces élèves sacrifient leur éducation en français pour pouvoir avoir accès à un programme qui leur permet d'exceller dans un sport, ou tout simplement de vivre une passion. Et la passion permet à l'élève d'être engagé dans ses études. En milieu minoritaire, on ne peut pas se permettre de sacrifier ni un ni l'autre. C'est pourquoi nous sommes allés jusqu'en cour.»

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