La grande dame du «p'tit train»

Louise Boudrias, 55 ans, n'était pas destinée à... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Louise Boudrias, 55 ans, n'était pas destinée à oeuvrer dans l'industrie du tourisme, bien qu'elle en rêvait depuis toujours. Mais ce n'est pas avant l'âge de 29 ans qu'elle a débuté ses études dans le domaine.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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L'ancienne présidente de Tourisme Outaouais, Louise Boudrias, a réorienté sa carrière en 2013 en étant élue conseillère municipale de Gatineau.

Mais ce passage en politique municipale n'allait pas l'arrêter de promouvoir sa ville et sa région, elle qui a été nommée présidente du projet touristique Place des festivals (anciennement nommé Destination Gatineau), et qui est depuis plus de six ans présidente de la Compagnie de chemin de fer de l'Outaouais, l'organisme qui a la lourde tâche de remettre le train à vapeur - mieux connu comme le «p'tit train de Wakefield» - sur les rails.

Louise Boudrias est bien consciente que le projet Place des festivals ne fait pas l'unanimité chez les Gatinois. Mais elle le défend bec et ongles, convaincue que ce projet majeur saura rassembler la population de Gatineau et de l'Outaouais.

«Certains affirment que le projet Place des festivals est uniquement pour les touristes, dit-elle. Oui, c'est pour attirer les touristes. Mais les touristes apportent la création d'emplois et du développement économique. Ce sont des gens de Gatineau qui travailleront dans ce projet. Et en même temps, on améliorera une partie d'un quartier qui fera en sorte que ce sont d'abord les Gatinois qui l'utiliseront et qui en profiteront. Et Tourisme Outaouais et la Ville de Gatineau auront un rôle important à jouer dans ce projet. Soit de mettre en place un plan pour que les touristes aillent aussi ailleurs en région. Ce projet servira comme porte d'entrée pour l'ensemble de l'Outaouais. On s'en servira pour attirer les gens dans la Petite-Nation, en Haute-Gatineau et, bien entendu, dans le Vieux-Hull. Le projet final de la Place des festivals sera présenté au conseil municipal le 21 septembre prochain. On verra pour la suite des choses.»

- Et les deux tours de 55 et de 35 étages que le promoteur Gilles Desjardins (Brigil) veut construire sur la rue Laurier, en plein centre-ville, vous l'appuyez?

- Oui, je suis pour. Ça fait combien d'années qu'on cherche, à Gatineau, un projet de développement touristique important? On dit depuis des années qu'on veut avoir quelque chose qui nous distingue. Là, on a quelqu'un qui nous offre de développer un projet et d'y mettre 200 millions $ de son argent privé sans demander de subvention et on va passer à côté? Je ne comprends pas. Quand on dit que nous sommes reconnus comme la porte d'entrée au Québec, il faudrait agir comme une porte d'entrée.»

LE P'TIT TRAIN

La Compagnie de chemin de fer de l'Outaouais (CCFO) vient d'accorder un délai de deux mois au comité du train touristique Masson-Montebello pour qu'il trouve un investisseur privé dans ce projet. Sans investisseur privé, ce sera la fin du p'tit train. La présidente du CCFO est-elle confiante que ce comité parviendra à trouver, comme elle dit, «quelqu'un qui mettra le steak sur la table»?

«On me dit que certaines personnes auraient levé la main, répond-elle. Je ne remets pas ça en doute. Mais si personne ne s'avance, il faudra à un moment donné avoir le courage politique de dire: on arrête. On ne veut pas vendre le train. C'est la dernière option que je veux mettre sur la table. Mais l'entretien de ce train coûte approximativement 7 000 $ par mois. Donc à un moment donné, il faudra se rendre à l'évidence que ça ne marche pas, vendre le train et passer à autre chose.»

MAMAN À 17 ANS

Louise Boudrias, 55 ans, n'était pas destinée à oeuvrer dans l'industrie du tourisme, bien qu'elle en rêvait depuis toujours. Mais ce n'est pas avant l'âge de 29 ans qu'elle a débuté ses études dans le domaine.

«J'avais 17 ans quand j'ai eu ma première fille, dit-elle. Je n'avais même pas terminé mes études secondaires. Puis j'ai eu des jumeaux à l'âge de 21 ans. J'avais donc, à 21 ans, trois enfants de moins de quatre ans.

«Mon petit-fils, le fils de ma première fille, a eu le cancer à l'âge de deux ans et demi, poursuit-elle. Ce fut une année vécue intensément par ma fille et moi. Et une telle expérience remet beaucoup de choses en perspective. On réalise qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver et qu'il faut profiter du moment présent. Mon petit-fils a aujourd'hui 13 ans et il est complètement guéri. Mais sa maladie a été un moment important dans ma vie. Ça m'a montré que lorsqu'on veut quelque chose dans la vie, il faut le faire pendant que nous en sommes capables. Donc ça m'a poussée à retourner aux études et à réaliser mon rêve de fonder une entreprise en tourisme que j'ai eu pendant plusieurs années. On ne sait pas ce que demain nous réserve.»

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