Partir la machine

Denise Laferrière a l'intention de déménager à Montréal... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Denise Laferrière a l'intention de déménager à Montréal pour se rapprocher de sa famille.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Denise Laferrière (née Gaudet), la conseillère municipale du quartier Hull-Wright - ou du centre-ville de Gatineau, si on veut - a vu le jour sur la terre de ses parents à St-Jacques-de-Montcalm, dans la région de Lanaudière.

Deuxième d'une famille de neuf enfants, elle a quitté la ferme à l'âge de 17 ans pour poursuivre ses études au Cégep de Joliette, puis à l'Université McGill, à Montréal, où elle a obtenu un baccalauréat en «English Drama». Oui, en anglais.

«J'ai toujours aimé la langue anglaise, dit-elle. C'était différent, je voulais communiquer, je voulais comprendre. Et je voulais enseigner le théâtre ou l'expression dramatique.»

Mais la vie en a voulu autrement. Elle a rencontré Jean-Marcel Laferrière, un ingénieur en génie rural de renommée internationale, qui allait devenir son époux, et les deux se sont procuré une ferme de soya et de maïs de 1000 acres dans la région de Sorel-Drummondville.

Quand son mari a décroché un emploi à l'Agence canadienne de développement international (ACDI) à Ottawa, ils ont évidemment déménagé en Outaouais, mais tout en continuant à exploiter leur terre agricole tous les week-ends. «Nous étions des résidents de la ville la semaine, et de la ferme les week-ends. Nous étions à cheval entre deux mondes», explique Mme Laferrière en souriant.

Son mari, qui a passé plus de la moitié de sa vie cloué à un fauteuil roulant à la suite d'un grave accident survenu sur la ferme, est décédé en octobre 2013, quatre jours avant que Mme Laferrière soit réélue pour une quatrième fois consécutive au conseil municipal de Gatineau.

«J'ai toujours ma terre là-bas, dit la conseillère. C'est mon fils, qui est agronome, qui s'en occupe aujourd'hui. Jean-Marcel a aussi laissé des portions de notre terre à nos deux filles, mais l'une est avocate à Montréal, et l'autre travaille à la Chambre de commerce de Montréal.»

Dernier mandat

Mme Laferrière, 64 ans, a annoncé il y a longtemps qu'elle ne se représentera pas aux prochaines élections municipales de 2017. Mais a-t-elle l'intention de poursuivre sa vie à Gatineau, sa ville d'adoption?

«Non, répond-elle. Je vais déménager à Montréal pour me rapprocher de mes quatre petits-enfants - et bientôt un cinquième. J'ai toujours été au service des gens, mais là j'aurai plus de temps pour m'occuper des miens.»

La conseillère du centre-ville n'a pas hésité à appuyer le groupe Brigil qui planifie la construction de deux édifices monstres de 55 et de 35 étages sur la rue Laurier, en face du Musée canadien de l'histoire, en plein centre-ville. Et elle a été sévèrement critiquée par plusieurs pour son choix. Regrette-t-elle d'avoir sauté si rapidement dans le train de l'entrepreneur Gilles Desjardins?

«Non, je ne le regrette pas, répond-elle sans hésiter. Si on veut développer le centre-ville, on a besoin de toutes les personnes intéressées à le faire. Et il faut permettre à l'entreprise privée de développer également le centre-ville, c'est un peu son rôle aussi. Et si on dit non au projet Brigil, que pensez-vous que cet entrepreneur fera? Il va aller de l'autre côté de la rivière et il le construira là. Il faudrait peut-être dire oui un jour à notre propre développement.

«Je veux que la Ville de Gatineau s'inscrive dans le paysage des grandes villes du Québec. Donc, soyons sérieux. Veut-on continuer à être une bourgade? Ou est-ce qu'on veut vraiment dire au monde qui on est? J'essaie de donner le coup de barre pour partir la machine. Parce que si on ne la part pas, la machine, que dira-t-on aux jeunes qui nous suivront?

«On est bon, on est capable, allons de l'avant. Il faut voir grand. Arrêtons de nous contenter d'un petit pain et essayons d'avoir tout ce qu'on peut avoir.

- Et si je vous demandais en terminant, Mme Laferrière, la différence entre l'administration de l'ancien maire, Marc Bureau, et celle du maire actuel, Maxime Pedneaud-Jobin, vous qui avez siégé avec ces deux hommes?

- M. Pedneaud-Jobin est un communicateur-né. Et c'est une personne qui adore la politique. Mais c'est quelqu'un qui est là pour faire de la politique, tandis que M. Bureau était là pour faire avancer sa ville. C'est là toute la différence.

«J'ai toujours été contre les partis politiques au niveau municipal. Et le fait qu'il y ait un parti à Gatineau, même s'il est minoritaire, est selon moi un obstacle supplémentaire pour faire avancer les choses. D'ailleurs, je crois que c'est pour des raisons politiques que M. Pedneaud-Jobin a fait avorter le centre multifonctionnel. Ça ne venait pas de son parti. Et c'est la même chose avec Destination Gatineau, qui était un beau projet. Mais quand M. Pedneaud-Jobin est arrivé, ce n'était plus bon. Mais pourquoi? Pour faire de la politique et non pour faire avancer sa ville. Et je pense que le maire a des visées provinciales. Pour lui, la mairie n'est qu'une étape pour monter plus haut.»

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