Tourner la page sur 40 ans de carrière

L'ex-président-éditeur du Droit Jacques Pronovost se qualifie d'abord... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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L'ex-président-éditeur du Droit Jacques Pronovost se qualifie d'abord et avant tout de journaliste.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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Après 40 années passées dans le monde des médias écrits, l'ancien président-éditeur du Droit, Jacques Pronovost, 60 ans, a décidé que l'heure de la retraite a sonné. Lui et son épouse Christiane ont quitté la région la semaine dernière pour rentrer à la maison, à Granby, en Montérégie, afin d'être plus près de leurs petits-enfants.

C'est une impressionnante carrière que Jacques Pronovost a tracée au cours des quatre dernières décennies. D'abord journaliste au quotidien Le Nouvelliste de Trois-Rivières, il a ensuite été promu au poste de directeur de l'information. Il s'est ensuite joint à l'équipe de rédaction du quotidien La Tribune de Sherbrooke, à titre de rédacteur en chef. Pour être enfin nommé président et éditeur de La Voix de l'Est, à Granby, puis au quotidien LeDroit où il a dirigé le navire pendant les huit dernières années.

Je l'ai rencontré pour une entrevue quelques jours avant son départ. En voici des extraits.

***

LeDROIT: Vous avez été président-éditeur de deux quotidiens au cours des 15 dernières années, mais vous vous qualifiez d'abord et avant tout comme journaliste?

JACQUES PRONOVOST: Je suis journaliste de coeur, de profession, d'amour et de tout le reste. Ça n'a peut-être pas paru autant ici, au Droit, mais je suis journaliste pour toujours.

LD: Effectivement, on vous voyait très rarement dans la salle de rédaction du Droit.

JP: Je faisais attention. J'ai été assez longtemps dans une salle des nouvelles, je laissais ça au rédacteur en chef et au directeur de l'information. Mais Jean (Gagnon, le rédacteur en chef) était dans mon bureau tous les matins pour discuter des dossiers. J'étais dans un rôle où il y avait de l'administration, des liens avec des clients et tout ça, et j'essayais de ne pas mélanger les rôles.

LD: Êtes-vous confiant pour l'avenir du Droit?

JP: Oui. Je pense qu'il y aura des annonces assez intéressantes d'ici la fin de l'année. Et ce que je trouve d'intéressant pour l'avenir du Droit, c'est qu'il y a, avec les nouvelles technologies, une ouverture pour le distribuer beaucoup plus loin que nous sommes capables de le faire présentement. LeDroit pourrait retourner à Sudbury, à Hearst et partout en Ontario. Il pourrait être distribué dans ces régions à trois heures du matin. Mais LeDroit devra être pertinent pour ces communautés.

LD: Ce qui entraînerait un problème de personnel, non?

JP: La journée où on a des lecteurs à Hearst, Sudbury et Kapuskasing, on peut à ce moment-là monnayer ça. Si t'as un bon produit que les gens veulent lire, les annonceurs se collent à ça. Si on avait des lecteurs un peu partout en Ontario français, qui dit que Bell Canada, Hydro One, Desjardins et les grands de l'Ontario n'annonceraient pas dans la forme électronique distribuée partout en province? Si on peut avoir une bonne base de lecteurs et que les entreprises décident qu'on est assez intéressant et pertinent pour annoncer chez nous, les moyens financiers deviennent plus grands et on peut alors se payer des journalistes et des correspondants.

LD: Avez-vous des conseils pour votre successeur, Pierre-Paul Noreau?

JP: Oui. D'abord, s'occuper des Franco-Ontariens. Deuxièmement, s'occuper que LeDroit ait sa place dans le réseau (des six journaux du Groupe Capitales Médias). Je disais toujours à mes confrères éditeurs qu'il y a deux capitales dans Capitales Médias: Québec et Ottawa/Gatineau. Il y a deux journaux majeurs dans ce groupe-là et il faut qu'ils prennent bien soin que ces deux journaux fonctionnent bien pour que le reste fonctionne.

LD: Vous dites que de s'occuper des Franco-Ontariens est une priorité, mais au cours des huit dernières années, j'ai souvent eu l'impression que la communauté franco-ontarienne ne vous a jamais vraiment adopté.

JP: J'étais très près d'eux au début, j'ai été très bien accueilli. J'ai rencontré des gens extraordinaires. Mais je te dirais que j'avais peut-être un peu moins d'affinités en dernier avec le milieu politique. Je suis journaliste de carrière, et l'influence politique, il y a des fois que j'aime moins ça. Je suis éditeur d'un journal, je ne suis pas membre d'un parti politique et je ne le serai jamais. Il y a eu certains épisodes malencontreux avec certains membres de la communauté que je ne nommerai pas. Il y a eu certaines critiques à l'endroit de certains journalistes du Droit. Ce qu'on écrivait n'était pas apprécié. Mais ce qu'on écrivait était pour le bien de la communauté. Les Franco-Ontariens n'ont pas besoin de s'apitoyer sur leur sort. Ils ont juste besoin de se dire les vraies choses. Et dire les vraies choses fait parfois mal. Mais les vraies choses font avancer. Et dans ces cas-là, les journalistes ont fait avancer des choses. Et certains dans la communauté l'ont peut-être moins apprécié. Mais c'est en disant la vérité qu'on grandit.

LD: Quel est votre plus beau souvenir de la région?

JP: Je dirais les gens que j'ai rencontrés. J'ai rencontré des gens extraordinaires, autant du côté ontarien que québécois. Comme Suzanne Fitzback, de la Maison Mathieu-Froment-Savoie. Comme Christine Sigouin, de la Fondation Montfort. Joanne Lefebvre, du RGA, est une femme dévouée comme on en rencontre rarement. Des hommes comme Richard Simoens, de Radio-Canada, et Gilles Desjardins, qui est un homme extraordinaire pour la région. Ces gens-là, et plusieurs autres, m'ont marqué. Tant dans le milieu communautaire que le milieu des affaires, j'ai eu le privilège de rencontrer des gens merveilleux.

LD: Merci M. Pronovost.

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