Rhéal Leroux, l'homme de la démesure

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Le livre sur Rhéal Leroux, écrit par Adrien Cantin, sera officiellement lancé lundi prochain.

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En avril 2004, l'homme d'affaires franco-ontarien bien connu, Rhéal Leroux, surprenait un peu tout le monde en annonçant la fermeture de son cabinet rebaptisé un an auparavant Ovatio/Leroux, près de 20 ans après avoir fondé Les Entreprises Rhéal Leroux à l'automne de 1984.

Ses réalisations durant ses 20 années en affaires sont trop nombreuses pour en dresser la liste. Mais on se souviendra de lui comme le fondateur du Bal de neige, l'organisateur durant plusieurs années du Festival franco-ontarien, l'organisateur des Jeux de la francophonie à Ottawa-Gatineau, en 2001 (sa réalisation dont il est le plus fier, dira-t-il) et l'organisateur de la visite du pape Jean-Paul II au Canada, en 1984. Et c'est sans parler des nombreuses foires et expositions qu'il a organisées à l'international.

La carrière de ce natif de Casselman est phénoménale. Et 11 ans après être «disparu de la carte», il lancera lundi sa biographie intitulée Rhéal Leroux - Démesuré écrite par l'ancien journaliste et chef des nouvelles du Droit, Adrien Cantin.

Pourquoi ce drôle de titre, Démesuré?

«Certains perçoivent ce titre comme un titre négatif, explique M. Cantin. Ce n'est pas négatif. La démesure, c'est Bal de neige. C'est de prendre une surface d'eau (le canal Rideau) et d'en faire quelque chose d'inimaginable. La démesure, c'est de faire descendre le pape sur le canal Rideau, avec une flottille d'accompagnateurs. La démesure, ce sont les plus grands Jeux de la francophonie et l'événement le plus important à jamais se tenir à Ottawa jusque-là. La démesure, c'est tout ça.»

«Et j'ai aimé ce titre dès le départ, de renchérir Rhéal Leroux. De là la citation de Jacques Brel au début de ma biographie.» (La qualité d'un homme se calcule à sa démesure: tentez, essayez, échouez même, ce sera votre réussite.)

C'est Adrien Cantin qui a eu l'idée de raconter sur papier la vie et la carrière de Rhéal Leroux. Et ce dernier a accepté après quelques semaines de réflexion.

«Ça faisait 25 ans que je connaissais Rhéal et que je suivais sa carrière, dit M. Cantin. Il a fait tellement de choses que je pense qu'une biographie allait de soi. Et ce genre de récit là est essentiel. C'est essentiel de documenter les carrières des Franco-Ontariens qui ont fait des choses peu ordinaires, comme Rhéal, pour que ça reste dans nos communautés et que les générations suivantes sachent ce qui s'est passé et qu'il y a eu des gens comme ça dans leur communauté qui les ont précédés», d'ajouter l'auteur franco-ontarien originaire de Hearst.

Le scandale des commandites

Que Rhéal Leroux annonce la fermeture de son cabinet en 2004 au même moment où éclatait le scandale des commandites n'est pas une coïncidence. On apprenait à l'époque qu'environ 100 millions de dollars sur les 250 millions alloués au Programme des commandites, qui visait à relever l'image du Canada au Québec, avaient été distribués à des agences publicitaires proches du Parti libéral du Canada (PLC) et des organismes publics pour des performances insuffisantes ou inexistantes.

Rhéal Leroux était proche du PLC. Très proche. Plusieurs observateurs ont donc conclu, sans preuves à l'appui, qu'il était sûrement impliqué dans ce scandale et qu'il fermait boutique avant de sombrer avec le navire.

«Certains voulaient bien m'associer au scandale des commandites, dit-il. Mais je n'ai jamais été enquêté. Et je n'ai jamais paradé devant la commission Gomery. Sauf que je faisais beaucoup affaires avec Charles "Chuck" Guité (un haut fonctionnaire condamné pour fraude dans cette affaire). Je suis allé chercher six millions de dollars (de Charles Guité) pour les Jeux. Je suis allé chercher deux millions, sur une période de cinq ans, pour le Franco. J'étais en business avec Chuck. Mais il ne m'a jamais demandé ou exigé quoi que ce soit. Oui, il était au milieu du conflit (scandale des commandites) jusqu'aux oreilles. Et, évidemment, certaines personnes ont fait des déductions. Mais par association, on peut conclure toutes sortes de choses.

- Alors pourquoi fermer l'entreprise?

- Nous - les agences et les gens de publicité - étions tous devenus par association des crétins. Et ça ne me tentait pas d'entrer dans une période de quatre à cinq ans de p'tits pauvres qui n'ont plus rien parce que nous sommes une agence de publicité. Puis il y a eu au même moment la mort de mes parents. Les deux ont disparu dans un intervalle de six mois. Ça m'a bouleversé et leur départ soudain a énormément influencé ma décision. Et j'ai toujours dit que j'aimerais prendre ma retraite vers l'âge de 55 ans (il en a 66 aujourd'hui).»

Et que fait-on quand on peut réellement se permettre une «Liberté 55»? La question ne se pose pas à un maniaque du golf comme Rhéal Leroux.

«Je vais jouer une centaine de parties cet été, dit-il. Et le 5 septembre, j'ai un temps de départ au légendaire St-Andrew's, en Écosse.» (L'un des plus anciens clubs de golf au monde, fondé en 1754, et théâtre de l'Omnium britannique à maintes reprises.)

La biographie de Rhéal Leroux, Démesuré, sera lancée lundi au restaurant Le Baccara, au Casino du Lac-Leamy. Et un deuxième lancement se tiendra le lendemain au «Laplante Chevrolet Buick» de son village natal de Casselman. Le livre est cependant en vente depuis samedi matin dans les deux succursales de la Librairie du Soleil d'Ottawa et de Gatineau.

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