Monsieur Mode

Au départ, rien n'indiquait que Peter Simons allait... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Au départ, rien n'indiquait que Peter Simons allait succéder à son père à la tête de l'entreprise.

Etienne Ranger, LeDroit

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Peter Simons, 51 ans, est à la tête de la chaîne de magasins Simons depuis 1996. Il représente la cinquième génération à la direction de cette entreprise familiale québécoise vieille de 175 ans et dédiée depuis toujours au commerce de la mode.

Un dixième magasin Simons ouvrira ses portes aux Promenades Gatineau le 13 août prochain. Et en août 2016, Peter Simons fêtera ses 20 années à la tête de l'entreprise en ouvrant un autre magasin au Centre Rideau, à Ottawa.

Plutôt ironique quand on sait que M. Simons n'était pas convaincu, dans son adolescence et dans la jeune vingtaine, de vouloir succéder à son père.

«Mes parents ne m'ont jamais poussé dans l'entreprise, dit-il. Ils m'ont dit: «on te scolarise et trouve-toi quelque chose que t'aimes». Ils étaient super à ce niveau-là. J'ai quitté la maison à l'âge de 16 ans quand j'ai obtenu une bourse de l'Université Carleton, à Ottawa, pour jouer pour l'équipe de basket-ball universitaire: les Ravens. (Pas surprenant, il mesure six pieds et cinq pouces !). Donc j'ai sauté mon cégep pour fréquenter ce collège. Aujourd'hui, je dis aux gens que j'ai déjà joué pour les Ravens et ils sont impressionnés parce que cette équipe est devenue une puissance dans le basket-ball universitaire canadien. Mais ce n'était vraiment pas le cas dans mon temps», lance-t-il d'un éclat de rire.

Peter Simons a étudié à Ottawa pendant un an, «une ville très similaire à celle de Québec», trouve-t-il. Il a ensuite poursuivi ses études au Western University, à London en Ontario. Puis il a obtenu un baccalauréat en administration des affaires de la Richard Ivey School of Business.

«À ma dernière année à l'université, je n'étais pas encore sûr de vouloir succéder à mon père, se souvient-il. Je n'étais pas un «monsieur mode» attiré là-dedans. Mais j'ai travaillé dans l'entreprise familiale à mon retour à Québec à l'âge de 22 ans, j'ai aidé un peu. Et voici où j'en suis rendu aujourd'hui. Et je n'ai aucun regret. Je fais ce que j'aime.»

Peter Simons a encore plusieurs années devant lui avant de songer à léguer à son tour l'entreprise à ses deux enfants âgés aujourd'hui de 14 et 12 ans. Mais souhaite-t-il voir un jour une sixième génération de Simons à la tête de l'entreprise familiale ?

«Mon frère Richard (directeur des achats chez Simons) et moi n'en sommes pas rendus là, répond-il. Mon père a travaillé jusqu'à l'âge de 80 ans ! Il menaçait de prendre sa retraite depuis 25 ans mais ça n'arrivait jamais. Et là, il vient de partir et tout le monde me parle de la relève. Un instant ! Laissez mon frère et moi profiter un peu de notre liberté. (Rires)

«Écoute, on y pense tout le temps, reprend-il plus sérieusement. Tu sais, quand t'arrives dans l'entreprise, t'es jeune, t'as 22 ans, t'as hâte que ton père s'en aille. Mais à un moment donné, tu prends un peu de maturité et tu réalises que ce n'est pas mal d'avoir quelqu'un là qui a tant d'expérience. Mon père a pu ralentir, puis partir en sachant que Richard et moi étions là. Une succession bien faite est une belle affaire. Mais c'est compliqué et il n'y a pas beaucoup de familles qui réussissent. Seulement trois pour-cent des entreprises familiales arrivent à trois générations. Donc cinq générations, c'est assez particulier.»

D'ici un an, la grande région de la capitale nationale sera dotée de deux magasins Simons situés dans un rayon de moins de dix kilomètres. Pourquoi deux magasins si près l'un de l'autre ? La demande est-elle si forte à Ottawa et Gatineau ?

«On a vu qu'on a une clientèle d'Ottawa qui magasine déjà à Montréal, de répondre M. Simons. Et on trouvait qu'il y avait une place pour nous au Centre Rideau. Tout comme on croit qu'il y une place pour nous aux Promenades Gatineau, dans une ville où notre marque de commerce est plus forte, plus connue. Je pense qu'il y a un peu une barrière psychologique dans la région avec la rivière (des Outaouais). J'ai confiance. Dans les deux cas, nous avons des partenaires avec qui nous sommes à l'aise de faire affaires et qui semblent croire en notre concept.

-Et pour décrocher, M. Simons, vous faites quoi ?

-La pêche. Mon frère et moi avons un camp de pêche près de La Tuque. J'aime être dans le bois, sans cellulaire et sans ordinateur.

-Un homme d'affaires sans cellulaire ? C'est plutôt rare.

-Il n'y a personne d'indispensable, réplique-t-il en haussant les épaules. Je vais mourir un jour et les gens ne se souviendront pas de moi.»

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