La Franco-Manitobaine en mission

La nouvelle présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.... (Martin Roy, LeDroit)

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La nouvelle présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.

Martin Roy, LeDroit

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On dit que le journalisme mène à tout. Et Sylviane Lanthier l'a certes prouvé au cours de sa carrière.

Cette Franco-Manitobaine de Saint-Boniface a été élue la semaine dernière présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) pour succéder à Marie-France Kenny.

Mais en fait, Sylviane Lanthier, 52 ans, n'est pas Franco-Manitobaine « pure laine ». Elle vit cependant au Manitoba depuis plus de 25 ans et elle se dit « Franco-Manitobaine d'adoption et adoptée ». « Parce que les Franco-Manitobains m'ont vraiment adoptée, explique-t-elle. Et mon fils de 24 ans, ainsi que ma fille de 20 ans sont nés ici, à Saint-Boniface. Ils ont grandi ici et ils ont fait leurs études en français ici. J'ai vécu la moitié de ma vie au Québec, et l'autre moitié au Manitoba, soit la moitié adulte. Et c'est ici que j'ai fait carrière. »

Originaire de la Rive-Sud de Montréal, elle a quitté sa ville natale à l'âge de 27 ans pour rejoindre son conjoint qui est enseignant en immersion à Saint-Boniface. Sans trop savoir ce qui l'attendait dans l'ouest canadien, elle a réussi à décrocher un emploi comme journaliste à peine deux mois après son arrivée, elle qui a fait ses études en sciences politiques et qui était reporter pour le journal étudiant de l'Université de Montréal. Puis elle a vite gravi les échelons au sein de l'hebdomadaire La Liberté qui, à l'instar du Droit, a célébré son centenaire en mars 2013.

« J'ai été embauchée à La Liberté en juin 1990 et je suis devenue rédactrice en chef en 1995, puis directrice et rédactrice en chef en 1997, se souvient-elle. J'ai quitté en 2000 pour faire du développement économique, et je suis revenue à La Liberté en 2004. J'ai dirigé le journal jusqu'en 2009 et j'ai quitté quand j'ai accepté le poste de directrice générale du Centre culturel franco-manitobain, un poste que j'occupe toujours.

« Le journalisme est une excellente façon de découvrir la communauté, parce que t'as le droit de t'intéresser à tout et de poser des questions sur tout. Et j'ai découvert ici à Saint-Boniface et dans la région de Winnipeg une communauté francophone vibrante, dynamique et résiliente, ainsi que des gens avec une joie de vivre incroyable. Ils ne veulent pas disparaître et ils veulent continuer. On m'a adoptée et la francophonie est aujourd'hui ma mission. La francophonie est le fil conducteur de tout ce que j'ai fait au cours des 25 dernières années. »

À souligner que Sylviane Lanthier a également été présidente de l'Association de la presse francophone pendant deux mandats consécutifs.

•••

Bien qu'elle habite dans la province voisine, loin d'Ottawa, Mme Lanthier est bien au courant des enjeux francophones dans la grande région de la capitale nationale, là où elle passera plus de la moitié de son temps au cours des prochaines années.

Questionnée sur le dossier du bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa, elle répond en riant : « Ça devrait être déjà fait depuis longtemps ! Une ville qui a la grande chance d'être la capitale d'un pays officiellement bilingue devrait refléter ce bilinguisme sur son territoire », a-t-elle ajouté.

On apprenait cette semaine que l'anglais sera enseigné dès la maternelle, en septembre prochain, dans quatre écoles du Conseil scolaire de district catholique de l'Est ontarien. Une décision qui laisse la nouvelle présidente de la FCFA plutôt perplexe.

« C'est drôle, mais ici, dans le milieu scolaire manitobain, ils font une réflexion différente, dit-elle. On dit que les élèves devraient commencer à apprendre l'anglais en quatrième année, plutôt qu'en troisième comme c'est le cas présentement.

« Je ne suis pas enseignante et je ne suis pas spécialiste du monde de l'éducation, mais je sais que lorsque mes enfants étaient à l'école primaire, il y avait à peu près deux fois plus d'enseignement en français qu'en anglais pour arriver à contrer les effets de vivre en minorité. Mais c'est vrai qu'ici, la majorité des parents qui ont un enfant qui fréquente une école de langue française sont des couples exogames. Ce qui veut dire que les enfants grandissent dans un milieu familial qui est déjà un milieu de dualité linguistique. Ils grandissent dans les deux langues. Et la plupart d'entre eux connaissent déjà les deux langues quand ils commencent l'école.

« Ceci dit, je pense que le rôle d'une école de langue française est de renforcer chez les élèves leurs connaissances de la langue française d'abord et avant tout. Pour le reste, je pense que l'anglais s'apprend assez facilement », de conclure Sylviane Lanthier.

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