Une Gatinoise à la tête de l'ACFO

La nouvelle directrice générale de l'ACFO d'Ottawa, la... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La nouvelle directrice générale de l'ACFO d'Ottawa, la Gatinoise Isabelle N. Miron, ne se dit pas souverainiste, affirmant simplement que les causes qui lui tiennent à coeur transcendent les frontières.

Patrick Woodbury, LeDroit

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L'Association des communautés francophones d'Ottawa (ACFO), qui a pour mission de promouvoir la francophonie dans la capitale nationale et voir aux intérêts des Franco-Ontariens d'Ottawa, a une nouvelle directrice générale depuis lundi. Une Gatinoise originaire de Chicoutimi.

Plutôt inusité. Mais le conseil d'administration de l'ACFO d'Ottawa a arrêté son choix sur Isabelle N. Miron, 37 ans, pour succéder à Chantal Nadeau. Même si Mme Miron n'a jamais résidé un seul jour de sa vie à Ottawa ou ailleurs en Ontario.

Le «N» dans son nom, c'est pour Natasha. C'est en fait son nom: Isabelle-Natasha Miron. Mais elle préfère qu'on écrive Isabelle N. Miron, «c'est moins long».

Elle est venue à Ottawa il y a une dizaine d'années pour travailler sur la colline parlementaire comme adjointe à la députée bloquiste de Québec, Christiane Gagnon. «J'étais censée travailler à Ottawa pendant un an, et je devais ensuite prendre un poste dans le bureau de comté de Mme Gagnon, se souvient-elle. Mais j'ai rencontré quelqu'un, puis nous nous sommes installés ici (à Gatineau). Et nous sommes aujourd'hui parents de trois filles âgées de cinq ans, trois ans et demi et huit mois. Disons que mon époux et moi dormons très peu», lance-t-elle en riant.

Son conjoint, Raphaël Déry, était aussi adjoint d'une députée du Bloc québécois à l'époque. Souverainiste «pur et dur», comme dit son épouse, il a été candidat du Bloc dans Hull-Aylmer aux élections de 2008, et candidat du Parti Québécois alors qu'il n'était âgé que de 19 ans. Il est aujourd'hui avocat.

La nouvelle directrice générale de l'ACFO d'Ottawa est-elle aussi souverainiste?

(Elle y songe quelques secondes.) Je dirais que les causes qui me tiennent à coeur transcendent les frontières, répond-elle. Quand j'en discute avec mon conjoint, je lui dis que la cause des femmes et la cause du français sont, pour moi, des causes plus importantes que la cause de l'indépendance du Québec.

«Le Canada est une drôle de bibitte, poursuit-elle. Et il n'y a pas que le Québec qui est une société distincte. Chacune des provinces est une société distincte. Majoritairement, le Québec et l'Ontario, ainsi que la Colombie-Britannique, n'ont pas voté pour Stephen Harper aux dernières élections, et il est tout de même à la tête d'un gouvernement majoritaire. Donc, je ne sais pas comment ça peut fonctionner à long terme cette affaire-là (le pays). Le Canada de Stephen Harper m'intéresse très peu. Je ne me reconnais absolument pas là-dedans.

- Mais si un référendum sur la souveraineté du Québec se tenait demain matin, cocheriez-vous Oui ou Non?, lui ai-je demandé.

- Ça dépendrait énormément de ce qu'on a à proposer comme pays. Et si c'est M. Péladeau (Pierre-Karl Péladeau) qui pose la question... Bof. Disons que mon conjoint s'est fait prendre en photo avec M. Péladeau et nos trois filles quand ce dernier était de passage à Gatineau, et je n'étais pas vraiment d'accord. (Rires.) Mais je ne peux pas répondre si je suis vraiment souverainiste. Je cherche un projet qui va m'emballer, quelque chose qui va nous mener plus loin et nous élever intellectuellement.»

***

Un projet qui l'emballe, Isabelle N. Miron en a trouvé un à l'ACFO d'Ottawa.

Elle qui a pratiquement toujours oeuvré au sein d'organismes de la région qui viennent en aide aux femmes victimes de violence plonge dans un tout nouvel univers. Et elle s'en réjouit.

«Travailler en violence faite aux femmes, quand on n'est pas travailleuse sociale ou psychologue, c'est assez difficile. J'ai toujours eu du mal à garder la distance qui nous permet de continuer. C'est dur de fermer l'ordinateur à 17h et rentrer chez soi en essayant de ne plus penser aux histoires épouvantables qu'on a entendues. L'enjeu m'importe énormément, mais je suis contente d'avoir cette chance à l'ACFO d'Ottawa d'élargir mes horizons. Et la cause des francophones et les enjeux politiques me passionnent. Alors pourquoi pas?»

Isabelle N. Miron était candidate du parti Action Gatineau aux dernières élections municipales. Elle a perdu contre Denise Laferrière. Songe-t-elle retenter sa chance en politique un jour et de se présenter cette fois au niveau provincial ou fédéral?

«Je ne dis pas non, répond-elle. Tout se peut, je ne sais pas. C'est quelque chose que j'ai beaucoup aimé faire, à la fois comme candidate et aussi dans l'ombre. J'observe la scène municipale avec beaucoup d'intérêt, je suis mes collègues d'Action Gatineau et je trouve qu'ils font du bon travail. Je ne dis pas non.»

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