Le nouveau visage des Francos

Mathieu Gauthier et son groupe Big Balade ont... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Mathieu Gauthier et son groupe Big Balade ont misé sur la question «c'est quoi être Franco-Ontarien aujourd'hui?» lorsqu'est venu le temps de composer la chanson du 400e.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La jeunesse franco-ontarienne se porte très bien merci.

Elle n'a plus le même visage que les générations précédentes. Ni la même réalité. Mais cette fierté et cette volonté de parler et de vivre en français sont toujours bien vivantes. Peut-être plus vivante que jamais, quoi qu'en disent les chiffres. Et c'est fort rassurant.

Il suffit de s'entretenir quelques minutes avec le cofondateur du groupe musical franco-ontarien Big Balade, Mathieu Gauthier, de la région de Hawkesbury, pour réaliser que les jeunes francophones en province ont réellement pris leur place.

Big Balade a pris son envol à Ottawa, il y a un peu plus d'un an. Ils sont six ; trois filles, trois gars. Des francophones venus du nord de l'Ontario, de l'Est ontarien et de la région de la capitale nationale. Et ensemble ils se sont vite trouvés un son, une musique qui leur a permis d'être finalistes de la vitrine Rond Point (anciennement Ontario Pop), et qui les emmènera cet été sur les scènes du Festival franco-ontarien à Ottawa, à la Franco-Fête à Toronto, et comme semi-finalistes au Festival international de la chanson de Granby.

La chanson du 400e

Il y a quelques semaines, Big Balade a remporté le concours de la chanson thème du 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario. Et cette chanson intitulée Levons nos voix résonnera un peu partout en province lors des nombreuses festivités qui se dérouleront au cours des prochains mois pour souligner ces quatre siècles d'appartenance, de résilience, de lutte, de victoires et de fierté.

« On a pris connaissance de ce concours en décembre dernier, une semaine avant la date de tombée, se souvient Mathieu Gauthier. Et c'était durant la semaine d'examens en plus (il complète une maîtrise en développement international à l'Université d'Ottawa). Donc c'était réellement intense. Et on a vraiment travaillé fort. C'était stressant, mais d'une bonne manière.

« Le but était d'écrire un morceau de musique qui inciterait les gens à célébrer le 400e anniversaire de présence francophone en Ontario, de poursuivre le chanteur et guitariste de Big Balade. On voulait que ce soit 'festif', mais que ça ait en même temps une réflexion sans trop s'accrocher au passé. On a vraiment misé sur la question : c'est quoi être Franco-Ontarien aujourd'hui ? C'est de vivre en français au quotidien, c'est de réfléchir en français, de parler français. On a tenté de capter cette magie qui existe entre Franco-Ontariens, peu importe leurs origines et leurs racines. C'est aussi d'assumer notre français. Il n'est pas pareil à celui des Français de France, où à celui des Québécois, des Acadiens ou des nouveaux arrivants. Mais à travers toute cette diversité, on trouve une richesse commune. On trouve une ouverture. La face des Franco-Ontariens a changé avec le temps. La réalité démographique n'est plus la même. Et je pense que c'est quelque chose d'important à souligner et à acclamer pour le 400e.

« L'écriture de cette chanson nous a fait vraiment réfléchir. On a vécu une expérience très enrichissante. Et nous avons trouvé à travers tout ça une fierté et un confort dans notre identité franco-ontarienne », d'ajouter le jeune artiste.

Dans une récente chronique intitulée Quatre hymnes en... 25 ans !, j'ai remis en question la pertinence d'avoir une chanson thème pour le 400e. Et j'ai ajouté - d'une pointe d'humour, dois-je souligner - que les Franco-Ontariens se sont donnés tellement d'hymnes au fil des ans qu'ils pourraient bientôt en faire un album.

Mathieu Gauthier a tenu à préciser quelques points à la suite de sa lecture de ce papier.

« Vous avez soulevé de bons points, m'a-t-il dit. La différence, c'est qu'on n'a pas écrit cette chanson avec l'intention que ce soit un hymne, ou que ça le devienne. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut imposer à la communauté franco-ontarienne. C'est quelque chose que seul le temps peut créer. Je ne sais pas si Paul Demers a écrit sa chanson (Notre Place) avec l'intention d'écrire un hymne. Ou est-ce qu'elle l'est devenue avec le temps ?

« Un hymne a quasiment une place sacrée dans notre culture. On a juste écrit une toune pour célébrer et véhiculer ce qu'on ressent par rapport à notre identité. Les Québécois, comme vous avez écrit dans votre chronique, ont la chanson Gens du pays. Mais il y a eu après plusieurs bands, comme Loco Locas et les Cowboys Fringants, qui se sont basés sur l'identité politique et culturelle des Québécois. Leurs chansons sont des discours très politisés, très 'identitaires', mais ils ne prétendent pas réécrire un hymne chaque fois. Ils expriment et actualisent la culture québécoise, et ça la rend vibrante. Et je pense que c'est important qu'on fasse ça ici aussi. »

Oui, la jeunesse franco-ontarienne se porte très bien merci, disais-je...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer