Le retour d'une idole

Jacques Michel aimait bien exprimer ses opinions dans... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Jacques Michel aimait bien exprimer ses opinions dans ses chansons.

Etienne Ranger, LeDroit

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Demandez aux moins de 40 ans s'ils connaissent l'auteur-compositeur-interprète Jacques Michel. Gageons que la grande majorité d'entre eux vous répondront: non. Ce qui est tout à fait normal puisque cet artiste originaire de l'Abitibi a connu ses heures de gloire dans les années 1960 et 1970.

Par contre, nommez quelques succès de Jacques Michel, telles les chansons Pas besoin de frapper pour entrer, Amène-toi chez nous et Un nouveau jour va se lever, et pratiquement tout le monde en fredonnera des bouts puisque ces oeuvres ont été reprises par des artistes contemporains et ont connu un succès monstre. Ce qui fait bien l'affaire de Jacques Rodrigue, alias Jacques Michel.

«En 2003, se souvient-il, Sylvain Cossette a enregistré Pas besoin de frapper pour entrer et il a vendu des milliers de copies. Mais au moment où il a enregistré cette chanson, la musique était devenue une industrie. Moi, quand je l'ai enregistrée, ce n'était pas une industrie. C'est comme ça: avant il y avait des agriculteurs, aujourd'hui ce sont des producteurs agricoles. Ce sont des affaires de millions de dollars. Ce n'est plus pareil, tout a changé. Aurais-je vendu autant de copies que Sylvain? Je n'en sais rien. Mais Sylvain en a vendues beaucoup.

«Quelques mois plus tard, poursuit-il, Wilfred LeBouthillier a repris Amène-toi chez-nous et ce disque s'est vendu à plus de 600000 copies. Donc ça permet à la nouvelle génération de découvrir mes chansons et j'aime ça. Puis est arrivée l'année suivante la chanson thème de Star Académie, Un nouveau jour va se lever. Certains voulaient modifier le texte de cette chanson pour l'émission. Mais Pierre Karl Péladeau et Stéphane Laporte ont refusé. Les deux ont dit: "Non, une chanson, on ne touche pas à ça. On la prend comme elle est."

- Pierre Karl Péladeau a-t-il l'intention de l'utiliser comme sa chanson thème durant la prochaine campagne électorale (s'il est élu leader du Parti québécois)?, que je lui demande à la blague.

- Je ne sais pas, répond-il en souriant. Mais Trudeau aurait pu s'en servir pour sa "société juste". Elle faisait tout à fait l'affaire, elle était écrite à partir de symboles. Mais il n'en était pas question. Trudeau est venu à l'émission de Lise Payette à l'époque et j'étais aussi invité ce soir-là, et il a demandé au réalisateur quelle chanson j'allais chanter. Il tenait à le savoir parce qu'il n'était pas question que je chante Un nouveau jour va se lever en sa présence. Donc j'ai plutôt chanté: Le temps des jours meilleurs. (Rires.)»

On peut dire que Jacques Michel était à l'époque au bon endroit, au bon moment. Parce que le temps était propice pour un artiste aux chansons engagées. Et ses succès rassembleurs et empreints d'espoir plaisaient énormément aux jeunes indépendantistes qui identifiaient ses chansons à leur cause.

«Effectivement, il y a toute une jeunesse qui s'est identifiée à moi, dit-il, lui qui fêtera bientôt ses 74 ans. Je ne cherchais pas à ce que ce soit le cas. Mais j'aimais bien exprimer mes opinions. Et rappelez-vous que le mouvement était mondial durant ces années-là. Il y a eu Mai 68 (la révolte de la jeunesse étudiante en France), il y a eu le Printemps de Prague, le mouvement hippie, et les manifestations contre la ségrégation raciale aux États-Unis. Et il y avait eu ici la Révolution tranquille, puis le FLQ et le mouvement de gauche avec les grèves syndicales. Je ne renie rien de ce que j'ai dit ou de ce que j'ai fait. Je vivais ça. Et on décrit le climat dans lequel on vit. Et je n'étais pas le seul à le faire.»

Le printemps dernier, les organisateurs du Festival des guitares du monde en Abitibi ont invité Jacques Michel pour lui rendre hommage. Ce dernier a chanté trois chansons ce soir-là, après 10 années sans toucher une seule fois à sa guitare. Et ces trois chansons ont suffi pour lui redonner goût à la scène et aux studios d'enregistrement. Le 19 mai prochain, il lancera un tout nouveau disque. «Un album de chansons méconnues, de chansons très connues, et deux que je n'ai jamais enregistrées», dit-il.

Jacques Michel était de passage à Gatineau cette semaine pour le lancement de la programmation des salles Jean-Despréz et La Basoche. Et il s'amènera chez nous - en spectacle, cette fois-là - au Théâtre du Musée de l'histoire, le 24 octobre prochain.

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