Une première à la Cour de justice de l'Ontario

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Lise Maisonneuve est la première francophone à assumer la fonction de juge en chef de la Cour de justice de l'Ontario.

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En mars 2014, la ministre et députée d'Ottawa-Vanier, Madeleine Meilleur, était nommée procureure générale de l'Ontario. Et cette année, pour un deuxième printemps consécutif, c'est une autre Franco-Ontarienne qui accède à l'un des plus prestigieux postes en province dans le domaine juridique.

L'honorable Lise Maisonneuve, 50 ans, de Timmins, a été nommée la semaine dernière la nouvelle juge en chef de la Cour de justice de l'Ontario. Elle devient ainsi la deuxième femme à occuper ce poste et la première francophone à assumer une telle fonction au sein du tribunal le plus vaste au Canada. Un honneur qui rejaillit sur toute la communauté franco-ontarienne et que Me Maisonneuve accepte avec beaucoup d'humilité.

«On m'accorde un immense privilège et j'en suis très fière, a-t-elle dit. C'est une cour qui a une grande crédibilité, même au niveau national. Et c'est un privilège d'avoir été choisie pour mener cette cour pour les huit prochaines années.»

Mme Maisonneuve était auparavant la juge principale régionale de la région de l'Est, avant d'être nommée en 2013 juge en chef adjointe de la Cour de justice de l'Ontario. Elle entrera en fonction le 4 mai prochain pour succéder à Annemarie Bonkalo.

De Timmins à Ottawa

Cinquième d'une famille de six enfants, Lise Maisonneuve est issue d'un milieu plutôt modeste.

«Ma mère était maman à la maison, donc elle avait beaucoup de travail, lance-t-elle en riant. Et mon père travaillait dans un moulin à scie de Timmins. Il était limeur de scies. C'est lui qui réparait les immenses scies utilisées dans les moulins.»

Lise Maisonneuve a quitté le nid familial dans les années 1980 pour venir poursuivre ses études à l'Université d'Ottawa. Mais pas dans le but d'y étudier le droit et de devenir avocate. Pour elle, le but ultime était simplement d'atteindre les études universitaires. Le destin allait s'occuper du reste.

«Avec une famille de six enfants, mon but était de me rendre à l'université et de penser à la voie que j'allais suivre une fois rendue, se souvient-elle. Et c'était important pour ma famille et moi de continuer dans une université bilingue. J'avais donc le choix entre l'Université Laurentienne, à Sudbury, et celle d'Ottawa. Mes deux soeurs avaient étudié à l'Université d'Ottawa avant moi et j'allais souvent les visiter, donc je connaissais bien la ville. C'était donc normal pour moi d'aller là.

«Une fois rendue à l'université, je me suis inscrite en criminologie et en psychologie, poursuit-elle. Et j'ai appris beaucoup du système judiciaire dans ces deux matières. C'est là que le droit a commencé à m'intéresser.»

Mme Maisonneuve a été admise au Barreau en 1991.

La Franco-Ontarienne

«C'était important pour ma famille et moi de continuer dans une université bilingue», a dit la nouvelle juge en chef de la Cour de justice de l'Ontario. Parce que pour elle, il n'était pas question de poursuivre ses études en anglais et d'oublier ses racines. Quand je lui ai fait remarquer qu'elle semblait être une fière Franco-Ontarienne, elle a répliqué sans hésiter: «Je le suis.»

«Dans ma famille, on ne parlait que le français. Mon père est né à Timmins, mais ses parents sont Québécois. Et ma mère a quitté le Québec pour déménager à Timmins à l'âge de 18 ans, elle ne parlait pas un mot d'anglais.»

Au moment de notre entretien, Mme Maisonneuve n'avait pas encore pris connaissance des nouvelles données sur la langue parlée à Ottawa dévoilées cette semaine par le commissariat aux langues officielles. On apprenait que la proportion de francophones dans la capitale nationale est passée de 19,2 % à 15 % en 30 ans.

«Je n'ai pas encore lu ce rapport, mais ce serait triste que les chiffres continuent de descendre, a déclaré celle qui habite aujourd'hui à Ottawa. Et pour s'assurer qu'ils ne descendent pas, on doit continuer d'offrir des services en français et de reconnaître l'importance de servir les gens en français. Tous les services qui sont rattachés aux tribunaux sont bilingues. Et les gens qui y travaillent doivent comprendre que c'est un droit d'être servi en français, et que nous avons un devoir de servir les gens en français.»

En terminant l'entrevue, j'ai demandé à Mme Maisonneuve si elle se percevait comme un modèle à suivre pour les jeunes femmes. «J'espère que oui, a-t-elle répondu. Mais la juge en chef (Annemarie Bonkalo) a commencé comme avocate en 1978. Dans ce temps-là, être une femme et devenir avocate, ça ne se faisait pas. Ce sont des gens comme elle qui ont réellement déblayé la piste. Ce sont des gens comme elle qui ont fait le travail pour nous. Mais j'espère que je pourrai servir de modèle, comme tant d'autres femmes, et démontrer qu'il est important de continuer et de persévérer.»

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