Un cheminement intérieur

Marie-Josée Longchamps était de passage à La Basoche... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Marie-Josée Longchamps était de passage à La Basoche la semaine dernière.

Etienne Ranger, LeDroit

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Regardez sa photo. Si vous êtes âgés de 50 ans ou plus, je vous parie que vous la reconnaissez du premier coup d'oeil, malgré les années.

Avec ses yeux pétillants et son sourire toujours aussi charmant et radieux, elle n'a pas changé. C'est bien elle. C'est la jeune et jolie Janine Jarry de l'émission Rue des Pignons, un téléroman culte présenté pendant sept ans durant les années 1960 à Radio-Canada. Pratiquement tous les Canadiens français étaient rivés devant leur téléviseur noir et blanc le mardi soir pour regarder les aventures amoureuses de cette jeune femme de 18 ans et de l'amour de sa vie, le boxeur Maurice Milot (le comédien Réjean Lefrançois).

Les plus jeunes ont plutôt vu la comédienne Marie-Josée Longchamps au théâtre et dans les innombrables rôles qu'elle a tenus à la télé depuis. Elle a joué dans Le clan Beaulieu, Les Berger, L'or du temps et Virginie pour ne nommer que ces émissions. Puis elle nous a fait rire dans le film Bob Gratton; ma vie, my life et dans une émission des Bougon dans laquelle elle jouait la patronne d'une boutique de produits naturels.

«Je trouvais que ce rôle était trop facile à jouer», dit celle qui est mariée au Dr Jean-Marc Brunet, fondateur de la chaîne de magasins d'alimentation naturelle, Jean-Marc Brunet Le Naturiste. Elle fut d'ailleurs vice-présidente aux relations publiques de cette entreprise pendant près d'un quart de siècle.

«Je n'étais pas pour jouer mon propre rôle, de reprendre Marie-Josée Longchamps. Donc j'ai dit que j'allais le faire, mais comme une Française qui vit au Québec. Alors j'ai créé cette dame vraiment sautée qui disait, par exemple, qu'elle vendait de la perdrix totalement naturelle parce qu'elle était morte électrocutée, donc naturellement. Mme Bougon m'apportait des confitures complètement bio que je vendais mais qui étaient en fait des mauvaises confitures qu'elle concoctait dans sa cuisine. Je me suis beaucoup amusée avec ça.»

RUE DES PIGNONS

«Venez je vous emmène vers la rue des Pignons,

Je vous ferai connaître, un quartier de champions...»

Marie-Josée Longchamps avait à peine 18 ans quand l'auteur Louis Morisset lui a confié le rôle de Janine Jarry dans Rue des Pignons. Un rôle qui a marqué et changé sa vie.

«Ce rôle m'a donné une forme de notoriété que je n'ai pas vue venir, dit-elle. Les gens dans la rue me regardaient tout le temps, on me suivait, on me souriait. Et j'avoue que j'avais un peu de misère avec ça. Mais je faisais mon travail et c'est un rôle qui m'a propulsée.

- Comment expliquez-vous le succès de Rue des Pignons?

- La qualité de ses dialogues, répond-elle. Le talent inouï des comédiens Jean Duceppe (Émery Lafeuille), Rolland Bédard (Anatole Marsouin), Réjean Lefrancois, Huguette Oligny (Angéla Jarry) et tous les autres. Il y avait aussi dans cette émission un certain modernisme. Et dans les scènes de couples, il y avait beaucoup de sensualité et les gens aimaient ça. Mais Janine et Maurice n'allaient jamais plus loin que des baisers. Aujourd'hui, les gens manquent leur coup en montrant trop. Parce que le désir est surtout dans le mystère. Louis Morisset avait le don de nous faire jouer. Dans les textes, c'était écrit, par exemple: "Il l'embrasse goulûment." C'est quoi ça? Un french kiss? (Rires.) C'est une série qui a marqué l'imaginaire. Quand les filles Jarry étaient dans leur chambre vêtues de leur baby doll, ça marquait beaucoup l'imaginaire. (Rires.)

- On vous parle encore de ce rôle?

- Tout le temps! J'ai d'ailleurs réservé une surprise aux spectateurs à Gatineau, vendredi (dernier). Je leur ai chanté en rappel la chanson thème de Rue des Pignons. Les gens étaient si excités et contents, ça n'avait pas de bon sens. Je ne pensais jamais que les gens aimaient cette chanson à ce point.»

SON NOUVEAU SPECTACLE

Marie-Josée Longchamps, 68 ans, était de passage à La Basoche la semaine dernière pour présenter devant une salle comble un spectacle qu'elle a créé et intitulé Marie-Josée Longchamps... dans l'univers de Raymond Lévesque. Un spectacle dans lequel la comédienne et interprète met en valeur les chansons et les textes des monologues dramatiques et comiques de Raymond Lévesque. Elle le présentera à guichet fermé à la salle Claude-Léveillée de la Place des arts de Montréal, le 10 avril prochain. «Et j'espère retourner très bientôt à Gatineau», dit-elle.

«Les gens sont toujours un peu surpris de me voir, constate-t-elle. Et ce que je propose vient beaucoup de l'intérieur. Je n'ai pas monté ce spectacle pour épater. C'est plutôt un cheminement intérieur d'aller proposer des textes aussi troublants que drôles. Raymond Lévesque a beaucoup vécu et il est extrême. Et ça me rejoint.»

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