Mike Duggan, la drôle de bibitte

Le conseiller Mike Duggan a réussi a se... (Martin Roy, LeDroit)

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Le conseiller Mike Duggan a réussi a se mettre à dos presque tous les élus de Gatineau. Mais il s'en fiche.

Martin Roy, LeDroit

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Mike Duggan, 46 ans, est conseiller municipal de Gatineau depuis un peu plus d'un an, mais on a parfois l'impression que les journalistes ont parlé plus souvent de lui au cours des derniers mois que de certains élus qui comptent plusieurs années d'expérience.

Mon collègue Patrick Duquette - à qui M. Duggan a déjà présenté le «doigt d'honneur» - l'a qualifié dans une récente chronique de «drôle de bibitte politique». Quand LeDroit a révélé, il y a deux semaines, que le conseiller d'Aylmer a brisé la règle du huis clos, sa collègue à la table du conseil, Louise Boudrias, a dit de lui qu'il ne comprend pas son rôle et ses responsabilités de conseiller. M. Duggan a ensuite accusé notre journaliste Mathieu Bélanger de l'avoir mal cité.

Puis on apprenait cette semaine que le conseiller a retenu les services d'un journaliste de l'hebdomadaire Le Bulletin d'Aylmer pour effectuer des travaux de recherches, et que ce dernier a reçu 525 $ des fonds publics pour son travail. Un geste qui va clairement à l'encontre de tous les codes de déontologie journalistique.

En peu de temps, Mike Duggan a réussi à se mettre à dos pratiquement tous les élus de Gatineau. «Avant, quand j'allais à des événements, les autres élus me saluaient. Maintenant, ils me tournent le dos. Et quand il y a une fuite aux médias, tout le monde à la table me regarde», dit-il en haussant les épaules.

Parce qu'il s'en fiche de ces critiques. Lui, il a décidé de faire de la politique à sa façon et qu'advienne que pourra.

«Je ne suis pas passif, dit-il. Je ne viens pas ici (à l'hôtel de ville) pour me faire prendre en photo ou voter pour plaire au monde. C'est vrai que j'ai des adversaires. Mais en politique, on ne peut pas plaire à tout le monde. Si on dit des choses qui ne sont pas vraies, ça va nous revenir. Alors j'essaie de toujours dire des choses qui sont soutenables. Je pose souvent des questions. S'il y a des dépenses qui ne sont pas transparentes, je vais questionner, même si certains n'aiment pas ça et me disent: "Duggan, tu ne dureras pas longtemps." Ça se peut. Mais je vais le faire quand même. Et si ça me met dans la marde, c'est un choix que j'aurai fait. Je crois dans une nouvelle politique et dans une démocratie ouverte et transparente. Je travaille pour les citoyens de mon quartier, je ne travaille pas pour la Ville. Je suis un conseiller du peuple.»

Sa vision des journalistes...

Que pensez-vous, M. Duggan, du travail des journalistes affectés à la politique municipale de Gatineau?

- Il y a deux sortes de journalistes, répond-il. Lisez le Bulletin d'Aylmer. (L'entrevue avec M. Duggan a eu lieu lundi, quelques jours avant la divulgation du conflit d'intérêt entre lui et un journaliste du Bulletin.) Le Bulletin d'Aylmer m'appelle, je donne une entrevue. Ensuite, s'il y a quelque chose qui n'est pas clair, on me rappelle et on me demande: "M. Duggan, est-ce que ça c'est clair? Si on écrit ça, est-ce que ça va créer un problème?" Et je réponds que ça pourrait créer un problème, mais que c'est la vérité. Alors... Donc, eux vont écrire pour informer le monde. Pas pour essayer de créer une opinion (chez les lecteurs).

- Et l'autre sorte de journalistes, M. Duggan?

- On a des journalistes - je ne sais pas pourquoi - mais ils veulent créer les opinions. Ils veulent dévoiler l'information de façon où le lecteur arrive à une perspective contrôlée. Et je trouve qu'il y a certains journalistes qui dominent au Droit et qui dévoilent les choses d'une manière pour encourager une certaine perspective. Et j'ai aussi remarqué qu'ils ciblent certains (élus), et d'autres qu'ils laissent tranquilles. Je ne sais pas si ces derniers sont protégés ou quoi. Mais pas besoin de créer un malaise ou mal citer du monde pour créer la chicane et vendre votre journal. Je ne comprends pas.

- Vous ne comprenez peut-être pas, mais comprenez-vous le rôle des journalistes?

- C'est de vendre des journaux pour vos annonceurs. Si je regarde LeDroit, je vois qu'il y a des annonces de Ford 150. Mais il n'y a pas (d'annonces) de voitures électriques. Je conduis une voiture électrique, je veux une société moderne saine et durable. Et si quelqu'un gagne sa vie avec l'argent de la publicité de voitures et de VUS, je suis son adversaire économique. Il y a aussi des promoteurs qui veulent construire des maisons et raser tous les arbres. Je suis écologiste, donc je me vois comme l'adversaire.

- Merci, M. Duggan.

- Et merci à vous.»

L'ami Duquette avait raison. Il est vraiment «une drôle de bibitte politique», celui-là...

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