Le super-héros comique

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François Massicotte est porte-parole des Rendez-vous de la francophonie.

Patrick Woodbury, LeDroit

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«Qui rencontres-tu cette semaine?, me demande un collègue l'autre jour.

- L'humoriste, auteur et comédien François Massicotte. Il est le porte-parole cette année des Rendez-vous de la francophonie.

- François Massicooootte? Je le replace pas.

- Celui qui fait les pubs télé de Sponge Towels déguisé en rouleau d'essuie-tout.

- Ah oui! Il est drôle, lui.»

Cette publicité lui colle à la peau. Et pourtant... François Massicotte, 48 ans, remplit les salles de spectacles au Québec et au Canada français depuis plus d'un quart de siècle. Son dernier spectacle, Jugez-moi, a été vu partout en province et il roule toujours.

Animateur et humoriste à de nombreuses éditions des festivals Grand Rire et Juste pour rire, il était de plus l'un des auteurs et le comédien principal de la série télévisée 450, chemin du Golf, qui a été en ondes sur le réseau V pendant sept ans.

Mais c'est d'abord et avant tout la pub d'essuie-tout qui revient en tête des gens quand il est question de cet humoriste. Et François Massicotte est bien à l'aise avec ça.

«Ça fait sept ou huit ans que je fais cette pub, dit-il. C'est une par année qui passe de temps en temps dans les émissions de cuisine. (Rires.) Oui, pour un comédien, faire une telle pub pourrait représenter un risque. Mais je suis un humoriste. Et je joue dans cette pub un super-héros comique. Pour moi, ça va ensemble. Mais pour un acteur, ça pourrait être mal vu.

«Mais pour moi, d'avoir cette occasion-là, de jouer ça et d'obtenir le cachet qu'un comédien gagnerait dans une série complète de 13 émissions, je vais le prendre et merci beaucoup! Pour une seule journée de tournage, c'est difficile à refuser. J'aurais énormément de spectacles à donner pour obtenir ce montant-là. Et je serais tout le temps parti. Là, je peux rester à la maison, travailler sur mes projets d'écriture et être plus souvent avec mes trois enfants (âgés de 14, cinq et trois ans). Ça me permet d'avoir quelque chose de plus équilibré dans ma vie. Je ne veux pas être tout le temps parti. J'ai 48 ans, je l'ai fait et je ne veux plus ça. Pour d'autres, ça fait bien leur affaire. Mais je ne comprends pas comment on peut avoir des enfants et être parti 200 soirs par année. Ça n'a pas de sens.»

Le jour de la fusillade à Ottawa

François Massicotte était de passage à la Maison de la culture de Gatineau en octobre dernier pour donner son spectacle Jugez-moi. Le 22 octobre, plus précisément. Soit la journée où le caporal Nathan Cirillo a été abattu devant le Monument commémoratif de la guerre à Ottawa par Michael Zehaf-Bibeau. Celui-ci a plus tard été tué à son tour, dans l'édifice du Parlement, par le sergent d'armes Kevin Vickers.

L'humoriste trifluvien avait donc l'ingrate tâche d'amuser et de faire rire des gens qui, quelques heures plus tôt, venaient de vivre «dans leur cour» une tragédie sans précédent.

«Je croyais que mon spectacle allait être annulé, dit-il. On avait annulé la partie de hockey (au Centre Canadian Tire). On avait annulé le spectacle au Centre national des arts. Mais le mien, non. Même si nous n'étions qu'à huit kilomètres du lieu du drame.

«Mais de garder le cap et d'aller de l'avant avec le show fut finalement une très bonne décision prise par les gens de la Maison de la culture, poursuit-il. Parce que les gens avaient besoin de rire. Et la salle était comble, alors que je m'inquiétais à savoir si les gens étaient pour venir quand-même. Mais finalement, j'ai senti que les spectateurs en avaient jusque-là de cette histoire. C'était l'histoire d'un tarlais, et ce n'est pas ce tarlais qui allait nous déranger plus qu'il le fallait. Il nous avait assez dérangés ce jour-là. Donc, on s'est amusé, on a ri et ç'a fait du bien.»

Les Rendez-vous de la francophonie

François Massicotte succède cette année à l'humoriste Boucar Diouf comme porte-parole de l'événement Les Rendez-vous de la francophonie qui se déroule jusqu'au 22 mars, un rôle qui l'emmène à rencontrer des milliers de francophones hors Québec.

Pourquoi a-t-il accepté cette invitation?

«Parce que je trouve ça vraiment trippant d'aller faire des shows ailleurs qu'au Québec et d'aller voir les francophones, répond-il. On l'a déjà fait avec les auditions Juste pour rire. Et je me souviens que c'est à Winnipeg qu'on avait découvert le Franco-Manitobain Maxim Martin. J'ai aussi animé deux galas à Edmonton dans le passé, et j'ai fait un show à Vancouver durant les Jeux olympiques (d'hiver) de 2010. Je trouve ça formidable d'aller donner des spectacles pour les francophones hors Québec. Je trouve qu'on ne le fait pas assez. Donc, si les Rendez-vous de la francophonie peuvent être un début de quelque chose de plus régulier à ce niveau, ce serait merveilleux.»

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