Une femme de défis

La vie de Manuela Teixeira a changé du... (Etienne Ranger, LeDroit)

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La vie de Manuela Teixeira a changé du tout au tout quand son père est décédé.

Etienne Ranger, LeDroit

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Manuela Teixeira n'avait que deux ans quand ses parents ont quitté le Portugal pour immigrer au Canada et s'établir à Hull.

C'était en 1971, alors que le gouvernement de Pierre Trudeau allait changer le visage du Vieux-Hull à tout jamais en construisant les édifices gouvernementaux sur la promenade du Portage.

«On cherchait beaucoup de main-d'oeuvre à l'époque, raconte-t-elle. Donc de nombreux immigrants portugais sont venus dans la région, dont mon père qui était ouvrier, pour construire ces bâtiments. Mes parents se sont établis à Hull et c'est dans cette ville que j'ai grandi.»

Seule fille d'une famille de cinq enfants, la vie de Manuela Teixeira et de ses quatre frères allait changer du tout au tout quand leur père est décédé soudainement à l'âge de 40 ans.

«J'avais 11 ans quand mon père nous a quittés, se rappelle-t-elle. J'ai donc vu ma mère travailler fort et se débrouiller avec les moyens du bord pour élever ses cinq enfants. Elle faisait du ménage. Il n'était pas question pour elle de dépendre du bien-être social. C'était une question de fierté. Donc ce fut des moments difficiles. Mais il y avait beaucoup d'amour dans notre famille, et il y en a toujours. C'est ce qui nous a tenus.

«Et cette expérience de vie m'a donné la conviction que, plus tard, j'allais me donner tous les moyens possibles pour que mes enfants soient bien.»

La femme d'affaires

Manuela Teixeira a en effet fait son chemin dans la vie.

Graduée en administration des affaires-marketing à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) et détentrice d'une maîtrise en communications à l'Université d'Ottawa, elle a pris la direction, avec son ex-conjoint Nicolas Cazelais, de la firme Kolegram, en 1999, transformant cette agence locale de design graphique en agence reconnue sur la scène nationale.

En 2005, elle a été choisie pour diriger le programme de communications-marketing à La Cité, un poste qu'elle a occupé pendant quatre ans.

Puis elle et Nicolas ont complètement changé de carrière en 2009 en se lançant dans la restauration. Ils sont aujourd'hui copropriétaires du Pub Chelsea, du bistro-brasserie Gainsbourg du secteur Hull et du Café Biscotti & Cie, qui est voisin du pub.

«Nicolas et moi sommes séparés depuis octobre dernier, mais nous sommes encore copropriétaires de ces trois endroits, précise-t-elle. On n'a rien changé au niveau des affaires. Je m'occupe des commerces à Chelsea, il s'occupe du Gainsbourg à Hull. Nous sommes parents de deux filles âgées de 18 et 16 ans et les deux travaillent au Café Biscotti.»

Et comme si les affaires ne la gardaient pas assez occupée, Manuela Teixeira a de plus fondé le Centre des arts, de la culture et du patrimoine de Chelsea, elle est membre fondatrice du Festibière de Gatineau et, depuis un an et demi, elle assume la présidence du conseil d'administration de Tourisme Outaouais.

La Journée de la femme

C'est dimanche 8 mars la Journée internationale de la femme. Une «journée» toujours aussi importante aujourd'hui qu'elle l'était quand elle a été célébrée pour la toute première fois en 1911, en Europe, croit Manuela Teixeira.

«Mais je ne sortirai pas souper pour célébrer cette journée, lance-t-elle. Je pense cependant que la Journée de la femme nous permet de s'arrêter et de réfléchir. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour enrayer les inégalités entre hommes et femmes. Oui, nous sommes chanceuses quand on se compare à d'autres pays. On est vraiment bien. Mais ce n'est pas gagné, nous ne sommes pas encore à égalité, même si certains nous disent que nous le sommes.

- Est-ce que vous vous voyez comme un exemple ou un modèle à suivre pour les jeunes femmes? lui ai-je demandé.

- Je crois que oui. En fait, je sais que je le suis parce qu'on me le dit. Je sens que les femmes ont un respect envers moi, une certaine estime que j'apprécie beaucoup. On me voit comme une femme forte et intelligente qui a su passer à travers les épreuves, et comme une femme qui fonce dans la vie. C'est ce que je fais. Ce n'est pas toujours facile. Après notre séparation, j'ai été en déprime totale pendant six semaines. J'étais très déçue, nous étions ensemble depuis 23 ans. Mais je me suis relevée. On repart et on avance!» conclut-elle d'un grand sourire.

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