Le Gatinois d'adoption

Denis Harrisson a l'intention de rétablir les ponts... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Denis Harrisson a l'intention de rétablir les ponts avec le corps professoral.

Patrick Woodbury, LeDroit

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C'est un peu par défaut que le nouveau recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson, s'est retrouvé à Gatineau en 1991, lui qui est originaire de la Rive-Sud de Montréal. Mais il est vite tombé en amour avec l'Outaouais et il n'a jamais vraiment quitté depuis.

«Il n'y avait pas beaucoup d'emplois dans les universités du Québec à la fin des années 1980, se souvient-il. Les universités n'embauchaient plus en raison de la conjoncture économique de l'époque et j'étais persuadé que je n'aurais jamais ma place dans une université. Je pensais devenir fonctionnaire et travailler dans un ministère. Mais si j'ai fait mes études doctorales (en sociologie à l'Université de Montréal), c'était pour enseigner dans une université.

«Puis j'ai décroché un poste ici, à l'UQO, en 1991, poursuit-il. Mon père m'a dit à l'époque: «T'as probablement pris le dernier emploi disponible dans une université du Québec.» J'ai été chanceux. Donc, je suis venu à Gatineau, alors que ce n'était pas tout le monde qui voulait venir ici, surtout les gens de Montréal. Gatineau est malheureusement une ville méconnue. L'Outaouais n'est pas une région où l'on pense s'établir quand on quitte Montréal. Et c'est pourtant très beau ici. Comme milieu de vie, c'est un endroit extraordinaire. On a les avantages de la grande ville et d'être en même temps à proximité de la campagne, du plein air. Quand je fais du ski de fond, je suis à côté du parc de la Gatineau. Je n'ai pas à faire une heure de route pour trouver une piste, comme c'est le cas quand on vit à Montréal. Donc, mon épouse, ma fille et moi nous sommes établis ici en 1991, nous avons une maison dans le secteur Aylmer, et c'est ici notre chez nous.»

M. Harrisson, 62 ans, a été professeur titulaire en relations industrielles à l'UQO de 1991 à 2003. Il a ensuite travaillé pendant 10 ans à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), avant de revenir à Gatineau en 2013 pour occuper le poste de vice-recteur à l'enseignement et à la recherche à l'UQO. Il a été nommé recteur de cette université à la fin du mois dernier.

«Mais pendant ces 10 années à l'UQAM, nous avons conservé notre maison ici à Gatineau, dit-il. Et mon épouse est restée ici pendant ce temps. Elle est psychologue et elle a une pratique privée ici, en plus d'enseigner la psychologie au cégep. Et une clientèle ne se déménage pas comme ça. C'est donc moi qui faisais la navette Ottawa-Montréal chaque fin de semaine. Nous ne sommes plus en 1903 alors que l'homme disait: «Hey! La femme! J'ai trouvé un job à Winnipeg, viens, on s'en va.» (Rires.)

- Donc, vous n'habitez pas Ottawa comme votre prédécesseur?

- Non. Je ne ferai pas les manchettes pour ça», a-t-il répondu en souriant, bien au courant que le lieu de résidence de son prédécesseur, Jean Vaillancourt, avait défrayé la manchette d'un quotidien montréalais il y a quelques années.

Rétablir les ponts

C'est connu que les relations entre le recteur Vaillancourt et les professeurs de l'UQO n'étaient pas des plus harmonieuses. Denis Harrisson a-t-il l'intention de rétablir les ponts avec le corps professoral durant son mandat de cinq ans?

«C'est vrai qu'il y a eu des froids entre le Syndicat des professeurs de l'UQO et M. Vaillancourt, mais il y a tout de même des professeurs qui l'ont appuyé jusqu'à la fin, répond M. Harrisson. Oui, il y a des ponts à rétablir avec ce syndicat. C'est ce que je compte faire, et c'est ce que j'ai déjà commencé à faire.

«J'ai eu une rencontre avec la présidente du syndicat, Louise Briand, pour essayer de voir comment on pourrait remettre les choses en perspective. Et Mme Briand m'a dit qu'elle était prête à travailler avec un nouveau recteur et qu'elle allait donner la chance au coureur. Donc, c'est tout à fait positif de sa part. Elle tend la main, je tends la main aussi, et je pense qu'on va se rejoindre. Nous travaillons ensemble dans un but commun. Parce que nous sommes l'UQO, nous sommes là pour travailler ensemble au développement de l'université et il faut s'entendre sur les moyens. Et c'est ce que je compte faire au cours des prochains mois et des prochaines années.»

Fini les partys

Des données obtenues par TVA Gatineau-Ottawa révélaient cette semaine qu'une soirée tenue le 22 janvier dernier pour souligner le départ de l'ancien recteur, Jean Vaillancourt, a coûté un total de 12556$. Le Syndicat des professeurs de l'UQO a vite dénoncé le fait que des fonds publics aient servi à l'organisation de cette fête, sa présidente qualifiant cette dépense d'inadmissible. «On est sous compression (à l'UQO) depuis 2013», a-t-elle déploré.

Le nouveau recteur lui donne pratiquement raison. Bien qu'il soit d'accord qu'on ait souligné le départ de son prédécesseur, il promet qu'il n'y aura plus de dépenses de ce genre à l'UQO à l'avenir.

«On est conscient de l'austérité, a-t-il dit. Mais il n'y aura plus d'événements de la sorte pour souligner des départs, même si ceux-ci sont associés a une activité de relations publiques.»

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