Comédienne sur le tard

C'est à l'âge de 43 ans, après avoir... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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C'est à l'âge de 43 ans, après avoir élevé ses cinq enfants, que Lyette Goyette a décidé de devenir comédienne professionnelle.

Patrick Woodbury, LeDroit

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La Gatinoise Lyette Goyette n'en sera pas à ses premières armes sur scène lorsqu'elle jouera dans la pièce La Corneille, qui sera présentée au Théâtre de l'Île du secteur Hull, du 28 janvier au 28 février.

Elle qui compte 35 ans de métier sur les planches et qui est bien connue dans le monde théâtral de l'Outaouais et de l'Ontario français fêtera cette année ses... 79 ans. Mais bien malin qui pourrait deviner son âge. Parce que Mme Goyette est habitée d'une joie de vivre contagieuse qui la rajeunit de quelques décennies.

C'est à l'âge de 43 ans, après avoir élevé ses cinq enfants, qu'elle a décidé de devenir comédienne professionnelle.

«J'ai toujours fait du théâtre amateur, dit-elle. Mais c'est au début de la quarantaine que j'ai décidé que je voulais faire ça comme carrière. Donc je suis allée étudier en théâtre à l'université à l'âge de 43 ans. Et après mes études, j'ai tout de suite commencé à travailler comme professionnelle. Et j'ai travaillé beaucoup, j'ai été chanceuse. Surtout pour quelqu'un en région. Parce que c'est difficile de vivre du théâtre en région, presque impossible. Mais je considère qu'on peut quand même être de grands comédiens même si on n'est pas populaire à la télévision ou connu mondialement.

«J'aime beaucoup le théâtre, j'aime beaucoup jouer. Je suis bien dans ce que je fais, j'aime ce que je fais. Mais la popularité ou le besoin d'être connue ou reconnue ne m'intéresse pas plus que ça. Mais c'est vrai que rendu à mon âge... (Rires.)»

Épouse d'un militaire, Lyette Goyette a vécu dans d'innombrables villes du monde. Un de ses enfants est né en Ontario, deux d'entre eux sont nés en Alberta, un autre a vu le jour en France, et le dernier est venu au monde en Allemagne. Mais c'est en 1992 qu'ils se sont établis à Gatineau, et c'est ici, dans le secteur Aylmer, que Mme Goyette a fait son nid pour de bon.

«C'est la directrice du Théâtre de l'Île, Sylvie Dufour, qui m'a accueillie dans la région en 1992, raconte-t-elle. Sylvie était à l'époque directrice du Théâtre du Nouvel Ontario. Je la connaissais bien puisqu'elle était venue étudier à Chicoutimi quand j'habitais là-bas et elle avait habité chez moi. Et nous sommes restées amies. Donc quand je suis arrivée ici, elle m'a embauchée tout de suite. Je n'ai pas eu à aller voir les troupes de théâtre pour leur présenter mon curriculum vitae. J'ai joué à Ottawa et à Sudbury, les gens et les autres directeurs de théâtre m'ont vue, et je n'ai jamais arrêté de jouer depuis. Et je dois dire que le Théâtre de l'Île m'a beaucoup donné. J'ai été très bien accueillie ici. C'est drôle à dire mais quand je suis arrivée en Outaouais, c'était comme si on m'attendait à bras ouverts. J'ai été chanceuse.»

Chanceuse, se dit-elle avec des étincelles dans les yeux. Et profondément heureuse. Et Lyette Goyette pourrait ajouter le mot «courageuse», parce que rien ne la destinait vers une vie de bonheur.

«Je n'ai pas eu une enfance facile, se souvient-elle. Mais pas du tout. Je suis née au Témiscamingue, dans une cabane en bois rond en forêt, là où mon père défrichait une terre. Mais mon père n'était pas toujours là. Il allait souvent travailler ailleurs et ma mère partait travailler avec lui. Donc mes parents me laissaient pensionnaire dans un couvent, ou encore chez des gens où je restais pendant deux ou trois mois. Je changeais d'école de trois à quatre fois par année. Donc je ne me faisais pas beaucoup d'amis. Mais de vivre avec tous ces gens différents m'a aidé. Tous ces gens-là m'ont adoptée et aimée. Il y a des côtés positifs à tout.

«J'ai eu des moments difficiles dans ma vie mais je suis toujours arrivée à m'en sortir. Je sais que je vais m'en sortir, donc ça me donne de l'énergie. J'ai cette force-là pour passer à travers. Je n'y suis pour rien, je n'ai aucun mérite. Je suis comme ça, heureuse de nature. Je réfléchis à ce qui me rend heureuse, et je fais ces choix-là. Et ce qui me rend heureuse en ce moment et depuis plusieurs années, c'est de faire du théâtre.»

La Corneille

Lyette Goyette donnera la réplique aux comédiennes Nathaly Charette et Anie Richer dans la pièce La Corneille qui sera présentée au Théâtre de l'Île à compter de mercredi.

«Il s'agit d'une comédie, dit Mme Goyette. Mais une comédie assez raide. Ce n'est pas une comédie hilarante comme on peut voir au théâtre d'été. C'est une comédie... Comment dirais-je? Une comédie grinçante. Voilà», conclut-elle en souriant.

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