Lawrence Cannon, le Gatinois errant

Lawrence Cannon n'entend pas retourner en politique au... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Lawrence Cannon n'entend pas retourner en politique au terme de son mandat comme ambassadeur du Canada en France.

Étienne Ranger, LeDroit

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C'était la deuxième fois que je rencontrais Lawrence Cannon dans le cadre des « grandes entrevues » du samedi.

La première fois, c'était lorsqu'il a été défait aux élections fédérales de 2011 dans la circonscription du Pontiac, où il a été député conservateur pendant cinq ans. Il a aussi été membre du cabinet du premier ministre Stephen Harper durant ses années à Ottawa. D'abord comme ministre des Transports, des Infrastructures et des Collectivités, puis comme ministre des Affaires étrangères du Canada, un poste qui l'a fait voyager partout à travers la planète et qui lui a permis de rencontrer les grands de ce monde.

Mais cette semaine, c'est l'ambassadeur du Canada en France que LeDroit a rencontré dans une maison de thé de la rue Eddy, dans le Vieux-Hull. M. Cannon occupe cette fonction à Paris depuis plus de deux ans.

Il est à Gatineau pour passer le temps des Fêtes avec les siens. Son épouse, Christine Donoghue, et leurs deux fils habitaient avec lui à Paris. Mais son épouse est retournée, après deux années sabbatiques, à ses fonctions de vice-présidente de la Commission de la fonction publique du Canada, à Ottawa. Tandis que ses deux fils reprendront leurs études universitaires en janvier, un à l'Université Laval et l'autre à l'Université d'Ottawa. Et puisque Lawrence Cannon s'est vu confier un mandat de cinq ans à Paris par le premier ministre Harper, c'est sans les siens qu'il le complétera.

« Ce sera difficile dans une certaine mesure, dit-il. Mais d'un autre côté, nous sommes habitués à ça comme vie de famille. Quand j'étais aux affaires étrangères, je voyageais pas mal souvent aussi. On se voyait, mais pas souvent. Disons que je n'arrivais pas du travail à 17 h le soir. Donc il reste quelques années à ce mandat, et après je vais prendre un break.

« J'ai aussi deux autres fils d'un premier mariage que je compte bien voir durant mes vacances ici. Vous avez peut-être vu à la télévision mon premier fils, Philippe, qui était porte-parole de Trans-Canada pour le projet Énergie Est. Il est monté en grade depuis. Et mon deuxième, David, est photographe professionnel à Québec. »

(M. Cannon a souri et n'a évidemment pas voulu commenter quand je lui ai demandé ce qu'il pensait du projet de Trans-Canada...).

Une rumeur persistante dans la région veut que M. Cannon et sa famille quittent bientôt Gatineau (ils habitent le secteur Hull) pour aller s'établir à Québec. Mais ce dernier a éclaté de rire quand je lui ai fait part de cette rumeur.

« Non, c'est faux, a-t-il dit. D'ailleurs, on est en train de rénover le sous-sol chez nous. Alors...

- Je ne blague pas, ai-je répliqué. J'ai entendu cette rumeur à maintes reprises au cours des dernières semaines.

- Alors il faut que t'arrêtes d'écouter Pierre Jury », a-t-il répliqué à son tour en taquinant à la blague notre éditorialiste.

La vie à Paris

Quand j'ai dit à M. Cannon en début d'entrevue qu'il semblait en meilleure forme que jamais - lui qui vient de fêter ses 67 ans - et que la vie à Paris lui allait bien, il a répliqué : « J'essaie de garder la forme tant bien que mal. Parce qu'en France, on mange !

- Vous êtes heureux là-bas ?

- C'est superbe, c'est extraordinaire. Sur le plan personnel, quand j'avais 18 ans et que je faisais mes études en sciences politiques à Montréal, l'un des désirs profonds que je chérissais était d'être capable d'aller un jour étudier les sciences politiques à Aix-en-Provence. Puis finalement je me retrouve en France et, drôle de coïncidence l'an passé, le Cercle des économistes m'a invité à aller prononcer un discours à Aix-en-Provence. Ce que j'ai fait. C'était un peu comme le retour du balancier. »

Un retour en politique ?

Lawrence Cannon rentrera au Canada en 2017 au terme de son mandat comme ambassadeur du Canada en France. Compte-t-il effectuer un retour en politique à son retour en Outaouais, ou est-ce la fin pour lui de la vie publique ?

« Non, il n'y aura pas de retour en politique, répond-il. Ce que je souhaiterais, c'est d'être capable de bénéficier de l'expérience que j'ai acquise depuis les dernières années, et peut-être transmettre cette expérience-là par voie d'enseignement. Au chapitre des relations internationales, il y a plein de choses que j'aimerais faire bénéficier aux autres. J'aimerais aussi faire bénéficier mon expérience d'avoir servi aux trois niveaux de gouvernement. J'ai servi deux premiers ministres extraordinaires, en l'occurrence M. (Robert) Bourassa et M. Harper. Donc je suis à une étape dans ma vie où j'aimerais bien pouvoir partager cette expérience. Donc si jamais il y avait un poste d'enseignant de disponible quelque part... (rires).

« Mais je ne perds pas la passion pour la politique, reprend-il. Tu ne peux pas fermer l'interrupteur et dire : « c'est fini ». Je suis un témoin et un observateur de la chose politique toujours aussi passionné. Et je n'aime pas dire : « fontaine, je ne boirai pas de ton eau ». Mais je te donne mon état de pensée à l'heure actuelle. Le premier ministre m'a demandé d'exécuter un mandat de cinq ans, et c'est ce que je fais.

- Et qu'avez-vous pensé de la nomination de l'ancienne Gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, au titre de Secrétaire générale de la Francophonie ?

- C'est un coup extraordinaire. Mme Jean est une personne extrêmement dynamique. C'est une personne qui a énormément de charisme et qui va faire avancer la francophonie, non seulement ici au Canada, mais partout à travers les pays francophones et au-delà. C'est beaucoup pour le Canada que Michaëlle Jean soit Secrétaire générale de la Francophonie. Quand le premier ministre Harper a dit : « on appuie Mme Jean à ce poste », nous étions ravis de ça à Paris. Je voyais dans le corps diplomatique autour de moi à Paris comment les gens étaient engagés envers elle. Tu le sens et tu le vois quand quelqu'un a cette espèce de potion magique, et que les gens tombent dans cette potion magique. Mme Jean, par son caractère, sa détermination et son dynamisme sera capable de rassembler la francophonie. »

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