La politique dans le sang

En devenant conseillère municipale l'an dernier, Josée Lacasse... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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En devenant conseillère municipale l'an dernier, Josée Lacasse est passée du monde des affaires au monde de la politique.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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Pourquoi la femme d'affaires Josée Lacasse s'est-elle lancée en politique l'an dernier? La question se pose.

Mère d'un fils de 18 ans, cette conseillère municipale du secteur Aylmer qui détient un baccalauréat en administration de l'Université d'Ottawa était déjà très occupée à gérer ses trois édifices commerciaux, ceux qui abritent les magasins Rona de Hull et d'Aylmer, ainsi que le building où se trouvait autrefois le bar de danseuses le Club 61, sur la rue Principale, en plein coeur d'Aylmer, qu'elle a acheté il y a quatre ans pour y aménager le restaurant Le Bostaurus. Elle est propriétaire des édifices de ces deux Rona; son frère Martin Lacasse gère pour sa part les commerces qui s'y trouvent.

Lorsque Josée Lacasse n'était pas à son bureau, cette golfeuse au handicap de 10 foulait les allées du club de golf privé Rivermead, où elle est membre.

Alors pourquoi ce désir soudain pour la politique municipale quand on a d'autres chats (et des balles de golf) à fouetter?

«C'est peut-être parce que j'ai la politique dans le sang, répond-elle. Mon grand-père paternel a été longtemps échevin dans Saint-Jean-Bosco. Et mon père (l'homme d'affaires André Lacasse) aurait bien voulu faire de la politique, mais ma mère a toujours dit non, lance-t-elle en riant.

«En 2009, reprend-elle, j'ai aidé (l'ancien conseiller qu'elle a défait en 2013) Stefan Psenak durant sa campagne électorale. J'étais impliquée, je voyais ce qui se passait, je trouvait ça intéressant. Puis Stefan s'est joint à Action Gatineau. Et les partis politiques au niveau municipal ne sont pas pour moi. On a autre chose à faire en ce moment. Donc quand Stefan est passé à Action Gatineau, il y a eu de la place à Aylmer pour un candidat indépendant. Donc, j'ai fait le saut.

- Vous n'étiez pas satisfaite du travail du conseiller Psenak?, que je lui demande.

- Je trouvais qu'il n'y avait pas grand-chose qui se passait sur la rue Principale, ça ne débloquait pas. Je voyais beaucoup de lacunes dans mon quartier et j'avais envie de faire bouger les choses. Mon prédécesseur a-t-il fait son travail ou non? Je ne sais pas. Mais je trouvais que ça ne bougeait pas. Stefan parlait, par exemple, d'un marché dans le Vieux-Aylmer, mais on ne l'a jamais eu avant que je m'en mêle une fois élue. Et là on l'a eu. Et il est tellement populaire qu'il doublera en superficie l'été prochain.»

Les bibliothèques, un luxe?

Josée Lacasse, 47 ans, avait été plutôt discrète durant sa première année à la table du conseil municipal. Elle a cependant eu son baptême de feu il y a quelques semaines quand elle a déclaré, durant l'étude du budget, que les bibliothèques étaient «un luxe» et que de toute façon les enfants ne les fréquentaient plus depuis l'avènement du numérique.

Une déclaration plutôt irréfléchie et malhabile qui lui a valu une pluie de critiques, certains Gatinois lui faisant même parvenir des livres usagés à son bureau à l'hôtel de ville.

Mme Lacasse a depuis rectifié le tir et elle a clarifié sa pensée sur toutes les tribunes. Elle a aussi avoué qu'elle s'était mal exprimée. Mais elle ajoute qu'elle a très mal digéré un commentaire du collègue chroniqueur Patrick Duquette.

«Ça fait mal quand tu te fais traiter dans le Droit d'ignorante crasse, lance-t-elle. On m'a traitée d'ignorante crasse et j'ai trouvé ça bas. Je ne suis pas la meilleure en communications, je suis conseillère municipale et je travaille pour mon monde. C'est facile de démolir quelqu'un et c'est ce qu'il a fait. J'étais sur le spot, ça faisait trois jours que nous étions en étude de budget, ça jouait dur et les journalistes me pressaient de questions. Puis je me suis mal exprimée et il a joué là-dessus. Il en a fait une belle chronique et vous avez vendu des journaux. Il a fait ce qu'il voulait et j'ai compris qu'il faut faire attention quand on est sur le spot. Il ne faut pas dire grand-chose, mettons.

- Vous n'aviez aucune expérience en relations avec les médias?

- Non, ce n'est pas ma force, répond-elle. Et je ne suis pas venue en politique pour avoir des relations avec les médias», d'ajouter la conseillère en riant.

(Voici en fait ce que Patrick Duquette a écrit dans la chronique en question: «Ce genre de déclaration relève, au mieux, de l'ignorance crasse. Au pire, du populisme de bas étage.»)

La golfeuse

Josée Lacasse est maniaque du golf. Quand je lui ai demandé en fin d'entrevue quel était ses passe-temps et ses loisirs, elle a répondu: le golf. «Et j'aime bien voyager aussi... pour aller jouer au golf. J'ai une caravane que je laisse en Floride près d'un terrain de golf.

«L'an dernier, poursuit-elle, je suis allée en Floride voir le tournoi Honda Classic de la PGA. J'étais à quelques pieds d'un tertre de départ. À un moment donné, les joueurs ont pris du retard et il y avait six golfeurs qui attendaient sur ce tertre où je me trouvais. Tiger Woods, Bubba Watson, Adam Scott et trois autres golfeurs dont j'oublie les noms étaient là, devant moi. Et de les voir frapper de si près, c'est quelque chose! Quand je vais là-bas, je suis comme un enfant qui court partout et qui veut tout voir.»

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