La force naturelle d'un champion

Le Gatinois Samuel Dixon a été sacré champion... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le Gatinois Samuel Dixon a été sacré champion du monde de culturisme naturel lors de la compétition Muscle Mania, la semaine dernière, à Las Vegas.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Son corps semble avoir été sculpté au couteau. Un véritable pur-sang habité par une énergie et une force surnaturelles. Alors qu'en fait, c'est d'une façon entièrement naturelle qu'il a réussi à se façonner un physique aussi imposant et impressionnant.

Le Gatinois Samuel Dixon, 26 ans, est devenu samedi dernier le champion du monde de culturisme - communément appelé le bodybuilding - dans la compétition annuelle Muscle Mania qui se déroulait à Las Vegas, au Nevada. C'est dans la catégorie fitness naturelle, réservée aux athlètes qui n'utilisent pas de substances dopantes, que ce jeune homme originaire d'Aylmer est devenu le meilleur de son sport au niveau planétaire. Samuel Dixon s'était classé au quatrième rang de cette compétition l'an dernier.

«Je voulais tout gagner cette année, dit-il. C'était mon but ultime et mon rêve s'est réalisé. C'est comme un conte de fées. C'est ridicule comme feeling

La «dureté du mental»

Oui, il est fort. C'est évident. Mais ce qui caractérise surtout Samuel Dixon, c'est sa force mentale. Ou comme dirait Marc Messier dans son personnage de Bob dans Les Boys: la «dureté du mental».

«J'étais très sportif quand j'étais plus jeune, dit-il. Je pratiquais tous les sports. Mais c'est vers l'âge de 18 ans que j'ai commencé à m'entraîner pour le culturisme. Et j'ai vite réalisé que l'effort que je mettais était directement lié aux résultats que j'obtenais. C'est au niveau de la discipline que je me suis démarqué des autres. Et si j'ai choisi le culturisme naturel, c'est pour être capable de faire ce que j'aime de façon naturelle, sans produits dopants.

«Il y a beaucoup de critiques au niveau du culturisme, poursuit-il. Les gens croient qu'on prend des drogues et toutes sortes d'affaires. Et oui, certains athlètes en prennent. Mais de mon côté, je pousse mes limites tout en véhiculant le message que c'est possible d'être en santé et d'atteindre ses objectifs sans tricher. Les valeurs que mes parents m'ont enseignées ne me permettraient pas de tricher. Je sais que plus tu connais du succès, plus les gens te critiquent. Donc j'ai appris à me bâtir une carapace et d'alimenter mon feu intérieur. Et je fais en sorte que toutes les critiques alimentent mon feu. Il faut que t'aies confiance en tes moyens. Il faut que tu crois en ce que tu veux devenir et ne laisser personne détruire ton rêve».

Mais pour devenir champion du monde de bodybuilding, Samuel Dixon, qui est entraîneur personnel au Gym-Max de Gatineau, a dû adopter un style vie strict et discipliné. Un style de vie qui ne lui permet aucun excès et aucune relâche.

«C'est sûr que ton style de vie change complètement, explique-t-il. Pour moi, sortir dans les bars le soir est une perte de temps, une perte d'argent, une perte de sommeil et une perte de tout. Certains diront que j'ai une vie "plate", lance-t-il en riant. Et c'est un peu vrai. Dans les mois qui précèdent une compétition, j'ai effectivement une vie que plusieurs qualifieraient de "plate". J'arrive le soir à la maison, je prépare mes repas pour le lendemain, je vais me coucher, je me lève au matin, je fais mon cardio, je vais m'entraîner, je reviens à la maison, je prépare mes repas, je vais me coucher, c'est ma routine. Une chance que ma femme France a déjà pratiqué le culturisme et qu'elle m'a rencontré dans mon domaine. Elle me comprend à 100 %. Je pense qu'il n'y a pas une autre femme qui comprendrait mon style de vie.

- Que te prépares-tu comme repas?, lui ai-je demandé.

- Dans cette discipline, on mange plus fréquemment, soit six ou sept repas par jour. Et ce sont des repas élevés en protéines, en légumes verts, avec une dose calculée de lipides et de glucides. Les gens croient qu'on mange comme des animaux, mais ce n'est pas ça du tout.

- Et comme entraînement, ça demande quoi?

- Deux heures d'entraînement et une heure de cardio par jour, six jours par semaine.

- Et le septième jour?

- Je fais du yoga.»

Son père, son idole

Cette volonté et cette discipline de fer, Samuel Dixon les doit à son père, son idole. Celui qui, dit-il, a toujours repoussé les limites pour atteindre ses objectifs.

«Mon père, quand il se lance dans quelque chose, il le fait à 100 %, raconte-t-il. Il voulait devenir pilote d'avion, il l'a appris et il possède aujourd'hui son avion et sa piste sur sa ferme. Il voulait son domaine et sa ferme, il les a eus. Il voulait faire de l'alpinisme, il a fait l'ascension du Kilimandjaro entre autres. Il était le meilleur défenseur de la ligue de hockey junior, il allait être repêché par une équipe de la Ligue nationale de hockey, mais il a pris la décision de ne pas y aller. Il n'aimait pas assez le hockey pour en faire carrière. Faut le faire !

«Je le regardais quand j'étais jeune et je me demandais: "Comment vais-je faire pour accomplir plus que mon père?" Et quand j'ai découvert à l'âge de 18 ans ma passion pour l'entraînement, je m'y suis pris de la même façon que lui. Je me suis dit que rien ne m'arrêterait et que je ferais tout en mon possible pour devenir le champion du monde. Et huit ans plus tard, c'est fait.

- Seras-tu à la compétition Muscle Mania à Las Vegas l'an prochain?, lui ai-je demandé en terminant notre entretien.

- Il y a de bonnes chances, oui. J'aurai un titre à défendre.»

Pour en savoir plus sur Samuel, son entraînement, son alimentation, etc.

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