Un Séraphin généreux

L'homme d'affaires Gilles Desjardins, que l'on aperçoit ici... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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L'homme d'affaires Gilles Desjardins, que l'on aperçoit ici avec ses fils Jessy et Kevin, son épouse Céline et le président de la Fondation, Yves Ducharme, a fait un don d'un demi-million$ à la Fondation Santé Gatineau.

Patrick Woodbury, LeDroit

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L'entrepreneur gatinois et président de la compagnie Brigil, Gilles Desjardins, a donné 500 000 $ vendredi à la Fondation Santé Gatineau. Et ce n'était pas la première fois que cet homme d'affaires donnait si généreusement pour améliorer l'offre de soins de santé dans la région et la qualité de vie des Gatinois.

À la suite de ce don, l'apport de Gilles Desjardins à l'égard de la Fondation se chiffre à près de 1,5 million de dollars et en fait le plus important donateur depuis la création de cette fondation. En guise de reconnaissance, le centre de cancérologie de l'Hôpital de Gatineau portera dorénavant le nom du Centre Gilles Desjardins, Brigil.

Depuis 1985, Brigil a donné plusieurs millions de dollars à plus de 300 organismes dans la région de la capitale nationale.

Et dire que dans sa jeunesse, les amis et collègues de classe de Gilles Desjardins lui avaient collé le sobriquet de Séraphin...

Le parc d'amusement

Fils de parents franco-ontariens de Prescott et Russell et né à l'Hôpital Montfort, Gilles Desjardins, 49 ans, a grandi sur le boulevard Gréber, à Pointe-Gatineau. « J'avais un an quand mon père s'est construit une maison à Gatineau, dit-il. Avant ça, nous habitions Vanier. »

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Gilles Desjardins n'est pas issu d'une famille riche, loin de là. Son père s'était bâti un garage dans la cour arrière de la résidence familiale et sa modeste entreprise était dirigée de la maison.

« Mon père avait aussi une dépanneuse et une 'cour à scrap' (dépôt de ferrailles), se souvient-il. J'ai donc grandi dans le plus beau parc d'amusement qu'un jeune garçon pourrait demander : une cour à scrap. J'ai grandi et j'ai vécu parmi de vieilles voitures, de vieilles motoneiges et tout ça. C'était le paradis », ajoute-t-il en souriant.

Le paradis pour tout jeune garçon, peut-être. Mais aussi une entreprise où tous les membres de la famille devaient mettre l'épaule à la roue pour joindre les deux bouts.

« J'ai commencé à travailler dans le commerce de mon père vers l'âge de huit ans avec mes frères Denis et Michel, et ma soeur Lyne, raconte M. Desjardins. Je vendais des pièces d'auto, je répondais au téléphone, je faisais de la petite comptabilité et tout ça. Notre cuisine était le bureau de mon père. Et puisque mon père avait une entreprise de remorquage, il travaillait sept jours par semaine et 24 heures par jour. On avait donc des clients qui entraient dans notre cuisine à toute heure de la journée, les samedis, les dimanches. Le téléphone de la maison était aussi le téléphone pour les affaires. C'est dans ce milieu que j'ai grandi. Donc nous n'étions pas riches, et je me souviens que mon père stressait pour les fins de mois et pour pouvoir payer ses employés. Mais nous étions des gens honnêtes qui travaillaient très fort.

« C'est d'ailleurs le plus bel héritage que mon père m'a légué. Il ne m'a pas donné des millions $ comme certains le pensent. Mais il m'a donné encore mieux. Il m'a donné le goût de travailler, le goût d'être en affaires, le goût de réaliser mon rêve de devenir entrepreneur, et il m'a fait confiance. Je n'aurais pas pu demander un plus bel héritage. »

Assez confiant était son père en son fils qu'il s'est porté garant d'un prêt de 174 000 $ que Gilles Desjardins a obtenu de la Caisse populaire, à l'âge de 19 ans, pour pouvoir construire son tout premier édifice à logements et fonder sa compagnie Brigil.

Le « bri » dans le nom Brigil, c'est le « bri » dans le nom de son père, Gabriel. Et le « gil », bien, vous l'aurez deviné.

« C'était ma façon de remercier mon père pour sa confiance en moi », dit Gilles Desjardins.

Son tout premier immeuble à Gatineau, qu'il a acheté il y a 29 ans, comptait six logements. Aujourd'hui, Brigil compte à son actif plus de 8 000 unités d'habitation, plus de 1 300 unités de location, ainsi que des édifices commerciaux des deux côtés de la rivière des Outaouais.

Le toaster oven

Parents de deux fils âgés de 19 et 18 ans, Gilles Desjardins et son épouse Céline ont célébré le mois dernier leur 30e anniversaire de mariage.

« Céline a toujours travaillé pour notre entreprise et elle y travaille toujours, dit-il. C'est une femme très intelligente, dynamique, vive et avec un sens du design inouï. Elle est d'ailleurs diplômée en haute couture de l'école Richard Robinson. Céline a toujours eu confiance en moi et elle m'a toujours appuyé. Même au début quand c'était plus difficile. Elle se souvient d'ailleurs de son cadeau de Noël en 1985. Je n'avais plus un sou en banque et je lui avais offert un toaster oven et une robe de chambre bleue. Elle m'en parle encore. Elle a oublié tous les autres cadeaux depuis, mais elle se souvient très bien du toaster oven !, lance-t-il en riant.

- Et est-ce que vos fils prendront un jour la relève à la direction de Brigil ?, que je lui demande.

- Jessy et Kevin démontrent beaucoup d'intérêt, répond-il. Et ça me motive au plus haut degré. Ils ne seront pas obligés de prendre la gouvernance de l'entreprise, mais c'est mon rêve. Mais je serai toujours impliqué dans la compagnie. Je suis trop passionné et j'ai encore plein de projets et plein de rêves. Je vais faire ça toute ma vie. Ma retraite, je la prendrai 30 minutes avant de mourir, dit-il en souriant.

- Et pourquoi est-il si important pour vous d'aider et de donner comme vous l'avait fait à la Fondation Santé Gatineau, pour ne nommer que cet organisme ?

- De donner un cadeau fait parfois plus plaisir que de le recevoir. J'ai été choyé par la vie, elle m'a gâté. Et les gens de Gatineau et d'Ottawa m'ont fait confiance. Donc je redonne un peu. Mais autant je pense que je suis généreux, autant je gratte toujours mes cents noires et je contrôle mes finances comme quand j'étais un enfant de neuf ans qui avait toujours peur de manquer d'argent. Mais je ne suis plus Séraphin », conclut-il en souriant.

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