L'amour, les vignes et la musique

Mario Pelchat chante depuis toujours, c'est sa vie.... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Mario Pelchat chante depuis toujours, c'est sa vie. «J'avais quatre ans et je donnais des spectacles devant mes cousins et cousines, la corde à danser de ma soeur Johanne en guise de micro», se souvient-il.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Les Femmes, Je ne t'aime plus, Perdu l'envie d'aimer, Pleurs dans la pluie... Ce ne sont que quatre des innombrables succès dans la carrière de près de 35 ans du chanteur québécois Mario Pelchat.

Il chante depuis toujours, c'est sa vie.

«J'avais quatre ans et je donnais des spectacles devant mes cousins et cousines, la corde à danser de ma soeur Johanne en guise de micro», se souvient-il.

Il a enregistré son premier album à l'âge de 18 ans, trois ans après la mort soudaine de sa soeur, décédée d'un cancer. «Je chantais avec Johanne et, jeunes adolescents, nous donnions ensemble des spectacles un peu partout dans notre ville natale de Dolbeau-Mistassini (au Lac-Saint-Jean). Son départ fut un choc immense. Après sa mort, j'ai été longtemps à lui parler et à lui écrire des lettres. Ce sont des moments très difficiles à vivre.»

Aujourd'hui âgé de 50 ans, Mario Pelchat vient de lancer son 16e album, Un homme qui vous ressemble. «Il s'agit d'un album autobiographique et l'album qui m'aura rendu le plus fier, dit-il. Et c'est aussi un album hommage au public, à ma famille et à ma femme Claire.»

La femme de sa vie

Claire, la femme de sa vie qu'il a mariée en 1994. À qui il a demandé le divorce en 2002. Et qu'il a remarié en septembre dernier, à la grande surprise des invités et des journalistes qui avaient été convoqués pour un lancement de disque. «Nous avons bel et bien procédé au lancement de mon dernier disque, dit-il. Mais les invités n'étaient pas au courant qu'ils allaient aussi assister au deuxième mariage de Claire et moi. Ce fut un beau moment, une belle soirée.»

Mais que s'est-il passé en 2002 pour que Mario Pelchat demande le divorce à celle qu'il appelle «la femme de ma vie»?

«J'étais persuadé que c'était la solution, répond-il. J'étais sûr que nous étions incompatibles au niveau du caractère. Nous sommes croyants, elle et moi, ce qui nous a emmenés au mariage. C'était nos convictions profondes, nous étions convaincus que nous avions été mis sur la même route pour faire quelque chose de beau et de spécial ensemble. Mais on n'arrivait pas à communiquer. Donc, j'ai pris cette décision. Mais je me suis très vite rendu compte que ce n'était pas la bonne décision parce qu'elle me manquait.»

Ils se sont donc revus neuf mois après leur divorce. Un souper en tête à tête dans un restaurant et durant lequel Claire lui a remis son alliance.

«Ça m'a un peu blessé quand elle a fait ça, avoue Mario Pelchat. Alors, je lui ai demandé pourquoi elle ne la conservait pas, et elle m'a répondu : "Tu me la redonneras quand on se remariera." Ce que nous avons fait l'été dernier sur un bateau, comme nous nous étions mariés sur un bateau il y a 20 ans.»

Pelchat le viticulteur

En 2007, Claire et lui ont acheté une terre à Saint-Joseph-du-Lac, dans les Basses-Laurentides, près de Mirabel. Ils ont choisi de transformer cette terre en vignoble, qui compte déjà 18 000 vignes. Mario Pelchat se considère-t-il maintenant plus viticulteur que chanteur?

«Je suis autant l'un que l'autre, répond-il. Parce ce que le métier de viticulteur demande un temps fou, sans compter les efforts physiques qu'on y met. C'était bien beau, romantique et bucolique au début. Comme dans les films, quoi. Mais entre ça et la réalité, il y a toute une différence. Ça demande énormément de travail. Et éventuellement, je ne ferai que ça. J'aime encore la chanson, je ne peux pas m'arrêter tout de suite. Je trouverais ça prématuré. Et je veux encore gagner ma vie puisque la chanson est mon métier principal. Mais j'ai très hâte de mettre nos premières bouteilles sur le marché en 2017.

- Avez-vous trouvé un nom pour votre vin?

- On a des idées, mais on va attendre d'y goûter et voir ce que ça donne. C'est un peu comme un bébé. Tu ne veux pas lui donner un nom avant de lui avoir vu la binette», dit-il en riant.

Son dernier album?

Ce 16e album que Mario Pelchat vient de lancer sera-t-il son dernier?

La question se pose puisqu'en janvier dernier, il a écrit sur Facebook ce qui suit : «Renaud Bray annonce ce matin l'abolition de vente de disques, je regarde aller notre métier et je suis vraiment découragé. Je vais donc continuer d'enregistrer mon album en cours parce qu'il est déjà amorcé, mais ce sera hélas mon dernier. Autrement, je vais me ruiner si je continue de faire des disques que personne ne veut acheter.»

A-t-il changé d'idée depuis? Oui. Il travaille d'ailleurs sur un prochain album qui se voudra un hommage à Gilbert Bécaud. Alors, quelle mouche l'a piqué pour qu'il fasse une sortie de la sorte en début d'année?

«J'ai le souvenir des vedettes que j'aimais et des albums que j'allais acheter avec beaucoup de bonheur. Je me souviens à quel point je savourais ces albums, je lisais toutes les paroles des chansons. Ces albums nous permettaient d'entrer dans l'univers de l'artiste. C'est ce que j'ai voulu faire quand j'ai fait mon premier album.

«Mais on ne découvre plus un artiste quand on télécharge des chansons. Mais en même temps, je comprends les avantages d'Internet, des iPod et tout ça. Il y a beaucoup de positif, la musique voyage plus, tu peux l'avoir partout dans le monde. Mais là où c'est difficile, c'est d'en vivre. Parce que ce sont de grosses baisses de revenus quand les disques ne se vendent pas. Et si les disques se vendent moins bien, les spectacles se vendent conséquemment moins bien aussi.

«J'ai 50 ans, ça fait 33 ans que je suis dans le métier et j'ai la chance d'avoir gagné un public fidèle. C'est un privilège. Et c'est ce que je souhaite à tous les jeunes artistes qui commencent dans le métier. Mais je ne sais pas comment ils feront pour en vivre. C'est mon inquiétude et c'est davantage vers ça que mon inquiétude allait quand j'ai écrit ça sur Facebook.»

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