L'enthousiasme et l'ambition

Malgré les critiques, la conseillère Sylvie Goneau est... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

Agrandir

Malgré les critiques, la conseillère Sylvie Goneau est bien loin de reculer: elle croit avoir ce qu'il faut pour devenir mairesse.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

«Je suis la candidate idéale et parfaite pour la mairie de Gatineau.»

Cette déclaration choc que la conseillère municipale Sylvie Goneau a faite récemment sur les ondes de CKOI a fait couler beaucoup d'encre, notamment de la plume du collègue chroniqueur Pierre Bergeron. Le papier plutôt virulent de ce dernier à l'endroit de la conseillère Goneau, publié dans notre édition du 7décembre, en a fait jaser plusieurs.

«Son enthousiasme débordant frôle l'immodestie», a écrit Pierre Bergeron en parlant de la conseillère du district Bellevue et ancienne adjointe du conseiller municipal d'Ottawa, Georges Bédard. «Elle aurait à faire preuve d'humilité», a-t-il ajouté. Ce ne sont que deux passages de cette chronique brillamment ficelée qui aurait anéanti tout politicien en herbe.

Mais pas Sylvie Goneau. Oh que non! Chez elle, cet article du collègue Bergeron a eu tout l'effet contraire. En fait, cette conseillère, qui compte trois ans d'expérience en politique, garde cette chronique bien précieusement sur son bureau, comme une carte cachée, et elle n'hésite pas à la brandir dès qu'on en fait mention.

«[Pierre Bergeron] vient peut-être de lancer ma campagne électorale à la mairie de Gatineau, lance-t-elle. Depuis la publication de cette chronique, j'ai beaucoup de gens qui m'approchent pour me demander de me présenter à la mairie. Les gens semblent interpréter cette chronique comme une attaque envers les femmes.

Et vous, MmeGoneau? Croyez-vous que c'est une attaque envers les femmes?

(Elle hésite longuement.) Oui, répond-elle enfin. Quand je la lis, je l'interprète comme si cette personne-là (Bergeron) a un parti pris. Mais il y a plus important que ça. Si je n'étais pas bonne, on ne se préoccuperait pas de moi, de ce que je dis, de ce que je fais et de la place que je prends. Quelqu'un qui n'a aucun impact sur un résultat est ignoré. Mais là, on ne m'ignore pas, on m'attaque! On a attaqué tous les aspects imaginables de ma personne. Il a oublié de s'en prendre à la couleur de mes souliers et c'est à peu près tout. Mais on attaque aucun geste en particulier, on n'attaque que la personne. Il me reproche, par exemple, mes anglicismes et ma façon de parler. Mais je suis de parents franco-ontariens (de Vanier). C'est comme si j'étais Acadienne et qu'il me reprochait mon accent. Certains se retireraient complètement après avoir lu cette chronique. Mais moi, elle m'a plutôt stimulée et encouragée à me retrousser les manches. Mais je suis un peu déçue qu'on ait choisi, pour cette chronique, une photo d'archives à l'époque où j'avais les cheveux courts. Je ne sais pas si les gens me reconnaîtront. On aurait pu choisir une photo plus récente, une sur laquelle j'ai les cheveux longs.

Je veux juste préciser, MmeGoneau, que Vanier, à l'époque de vos parents, était ultra-francophone.

Oui, je sais.

Vous vous croyez réellement la candidate parfaite et idéale pour la mairie de Gatineau?

Toute personne qui se présente à la mairie se croit la personne idéale pour occuper ce poste. On ne se présente pas si on ne se croit pas capable de le faire! Si je n'étais pas convaincue, je ne me lancerais même pas dans une réflexion. Et je suis certaine que M.Pedneaud-Jobin est tout à fait convaincu, lui aussi, qu'il est la personne idéale pour gérer son parti politique et gérer la ville.

Et croyez-vous que le fait d'être une femme jouera en votre faveur?

Je ne veux pas que les gens votent pour moi parce que je suis une femme. On va s'entendre là-dessus. Mais est-ce que j'apporte une façon différente de voir les choses et une façon différente de gérer la ville? Je pense que oui. Parce que je suis une femme. C'est prouvé scientifiquement qu'un homme et une femme n'abordent pas les choses de la même façon, ne gèrent pas de la même façon, et ne pensent pas de la même façon.

Et que pensez-vous du leadership du maire Marc Bureau?

Je pense qu'il a répondu à ce que les citoyens voulaient pendant un certain temps. On ne peut pas lui enlever ça. Mais je pense que le temps est venu pour Gatineau de prendre sa place comme quatrième ville au Québec. Et M.Bureau n'est pas la personne pour emmener Gatineau à cet endroit-là.

Et vous l'êtes?

(Longue hésitation...) J'ai des idées, répond-elle. J'ai une capacité de rassembler. Et je me vois comme une candidate indépendante, non affiliée à un parti politique, capable de travailler avec tout le monde autour de la table.»

Souvenirs d'enfance

Mère d'un fils militaire de 25 ans qui oeuvre dans les Forces armées canadiennes et d'une fille de 18 ans aux études collégiales, Sylvie Goneau, 46 ans, est issue, comme elle le mentionnait, de parents vaniérois. C'est cependant à Gatineau (secteur Gatineau) qu'elle a grandi, sur le boulevard Hurtubise, aux abords de la rivière.

«C'était magique comme endroit. Les plus beaux souvenirs de ma vie sont là, dans cette maison au bord de l'eau. Nous avions un bateau et mes parents nous (sa soeur, ses deux frères et elle) emmenaient en voyage parfois jusqu'à Chicoutimi, parfois jusqu'à Toronto, et parfois jusqu'à Montréal. Les feux d'artifices du 1erjuillet, c'est de la rivière sur notre bateau qu'on les regardait. C'était féerique.

Vos parents sont-ils toujours de ce monde?

Ma mère est décédée en juin dernier. Elle était atteinte de la maladie d'Alzheimer. Quelle affreuse maladie. Mon père, qui est âgé de 78 ans, est toujours avec nous. Il est seul et il trouve la vie un peu difficile. Après 57 ans de mariage, ce n'est pas facile de se retrouver seul. Mais nous prenons bien soins de lui. Bientôt, ma soeur et moi l'accompagnerons en Floride, où il aime aller l'hiver. J'ai été chanceuse d'avoir des parents comme eux. Quand on consulte le dictionnaire, la description de mes parents se trouve sous le mot 'amour'. Ils étaient le couple parfait.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer