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Le grand amour de Jean-Jacques Van Vlasselaer, c'est... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Le grand amour de Jean-Jacques Van Vlasselaer, c'est la musique. «Cette passion est innée en moi. À 12 ans, j'ai emmené mon père à son premier concert classique. Cette musique ne faisait pas partie de sa culture.»

Étienne Ranger, LeDroit

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Les amoureux de la musique classique le lisent dans LeDroit depuis maintenant 40 ans. Et la Fondation Jean-Claude Bergeron lui a récemment dédié un concert-hommage pour célébrer ses 40 ans comme critique musical, ainsi que pour reconnaître sa contribution exceptionnelle à la vie musicale d'Ottawa et de la région.

Mais Jean-Jacques van Vlasselaer, 71 ans, est d'abord et avant tout professeur en linguistique. Lui qui maîtrise quatre langues a enseigné cette matière à l'Université Carleton pendant plus de 40 ans. Et il est aujourd'hui conseiller principal auprès du président de l'Université de Waterloo et, depuis huit mois, vice-président associé au «Waterloo International».

Mais son premier amour, sa véritable passion, ce qui fait réellement vibrer son âme, c'est la musique. «Cette passion est innée en moi, raconte-t-il. À l'âge de 12 ans, j'ai emmené mon père à son premier concert classique. Cette musique ne faisait pas partie de sa culture.

«Je viens d'un milieu modeste, poursuit-il. Et avant d'aller à l'université, mes parents m'ont dit que je devais trouver quelque chose de solide comme carrière. Je leur ai dit que je pourrais être musicien et étudier l'histoire de la musique, ça m'intéresse beaucoup. Mais ils m'ont dit: 'Non, non. La musique, ce n'est pas sérieux. Essaie de te trouver quelque chose qui pourra te faire vivre assez bien.' Alors j'ai fait une entente avec eux. J'allais étudier la linguistique le jour. Et le soir, j'allais faire le conservatoire. Donc j'ai enseigné la linguistique. Mais ma spécialité, c'est l'histoire de la musique.»

***

Originaire de la Belgique, Jean-Jacques van Vlasselaer a immigré au Canada en 1968. Pourquoi le Canada? Et pourquoi a-t-il quitté son pays natal?

«Je peux vous expliquer ça avec une grande histoire et une petite histoire, répond-il. Allons-y d'abord avec la grande histoire.

«J'ai quitté parce que je ne voulais pas m'embourgeoiser en Europe, lance-t-il. Je voulais de l'espace. Et l'espace au Canada est extraordinaire. L'espace est l'un des deux éléments essentiels dans notre culture. Comment tu vis par rapport à l'espace. Et quand j'ai fait du travail pour l'état belge en Afrique centrale, durant les années 1960, je me suis libéré du temps, qui est l'autre élément essentiel. Ce sont l'espace et le temps qui nous transforment. Donc à partir du moment où je suis venu au Canada, je me suis libéré des bonnes petites habitudes qu'on peut avoir. Je commençais à en avoir ras-le-bol d'une petite vie facile. Et recommencer, changer, se transformer, c'est ce qui est important et fondamental chez moi. On vit parce qu'on est en métamorphose. Et c'est pourquoi je voyage encore autant à mon âge canonique. J'ai traversé l'Atlantique 463 fois dans ma vie. Le mois dernier, j'étais en Inde. En janvier, je serai en Europe. Et en février, je serai en Australie. Et je retourne bientôt à Hong Kong pour visiter ma fille, Rebecca, qui est consul du Canada à Hong Kong. Voilà pour la grande histoire.

Et la petite?, que je lui demande.

Je voulais épouser une jeune femme. C'est une histoire d'amour qui m'a mené au Canada», répond-il en souriant.

***

En 1972, Jean-Jacques van Vlasselaer a débuté au Droit comme critique de musique classique et de danse. Et pendant trois ans, de 1980 à 1983, il a également été critique de restaurant, l'art culinaire étant une autre de ses nombreuses expertises.

Si bon est-il en gastronomie que... il raconte: «Il y avait un très bon chef au magnifique restaurant de l'ancien hôtel Four Seasons, à Ottawa. Un jour, j'ai écrit une critique pas très positive de son restaurant et il m'a appelé pour me dire qu'il n'était pas d'accord avec moi. Il ne comprenait pas pourquoi j'avais critiqué sa cuisine. Alors, je l'ai invité chez moi et je lui ai fait à manger comme il se doit. Et nous sommes de très bons amis depuis.»

***

Fait plutôt inusité, pour ne pas dire cocasse, Jean-Jacques van Vlasselaer rédige toutes ses critiques à la main. En cette ère technologique, il utilise toujours le stylo pour «pondre» ses oeuvres. Puis il se rend ensuite au Droit où il remet ses textes en main propre à la secrétaire à la rédaction, Sylvie Bouchard, qui doit les retranscrire à l'ordinateur.

«Mais je fais énormément de choses à l'ordinateur, se défend-il en riant. Mais ces articles que j'écris pour LeDroit, je les écris à la main parce qu'ils sont plus importants que les trucs que j'écris à l'ordinateur. Écrire à la main est une façon plus personnelle d'écrire. Et il y a beaucoup de moi-même dans mes articles.

«Et j'ai une relation tout simplement merveilleuse avec Sylvie. Elle est devenue une grande spécialiste en musique classique et elle connaît tous les compositeurs. Je pourrais simplement écrire les premières lettres d'un nom et Sylvie saurait de quel compositeur il s'agit. Elle ne m'a jamais appelé pour me dire 'Je ne peux pas lire ceci ou cela', elle sait exactement ce dont je parle dans mes articles. C'est merveilleux comme relation.

Et la retraite, M.van Vlasselaer, vous y songez?

Non, pas du tout! Je vais travailler comme conseiller spécial à l'Université de Waterloo aussi longtemps que je puisse le faire. Et je dois écrire. Je vais continuer à écrire. C'est comme ça que je vais mourir, stylo en main!» conclut-il d'un éclat de rire.

Pour joindre notre chroniqueur : 613-562-7531 dgratton@ledroit.com

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