De St-Pascal-Baylon à la grande ligue

Jacques Martin, le «p'tit gars» de St-Pascal-Baylon, a... (Archives, La Presse Canadienne)

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Jacques Martin, le «p'tit gars» de St-Pascal-Baylon, a roulé sa bosse pendant 26 ans dans la Ligue nationale de hockey.

Archives, La Presse Canadienne

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Il compte 26 ans de carrière dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Il a remporté une coupe Stanley à titre d'entraîneur adjoint de l'Avalanche du Colorado. Il a été entraîneur-chef à St-Louis, à Ottawa, en Floride (où il a aussi agi comme directeur général) et, finalement, à Montréal, où il a mené son équipe à la finale de conférence, au printemps 2010. Mais en décembre de la même année, il était congédié par le Canadien et il travaille aujourd'hui comme analyste à l'émission Le Premier trio, à TVA Sports.

Jacques Martin, le «p'tit gars» de St-Pascal-Baylon, dans l'Est ontarien, était de passage dans sa région natale cette semaine et LeDroit l'a rencontré. Oui, on a jasé hockey, malgré le lock-out qui perdure dans la LNH. Et oui, nous sommes revenus sur ses années à la barre des Sénateurs d'Ottawa.

Mais Jacques Martin voulait d'abord et avant tout parler de... son enfance. De sa jeunesse sur la ferme paternelle à St-Pascal-Baylon et de ses racines franco-ontariennes. Comme si le fait d'avoir été nommé ambassadeur du futur «Village d'antan franco-ontarien» - un musée-village qui ouvrira ses portes à St-Albert en 2015 - avait un peu réveillé le Franco qui dormait en lui.

Pourquoi a-t-il accepté de tenir ce rôle d'ambassadeur, lui qui habite aujourd'hui Montréal?

«Parce que c'est une opportunité de retourner chez moi et de revivre mon enfance, répond-il avec un enthousiasme qui décontenancerait les amateurs de hockey qui l'ont connu comme l'un des entraîneurs les plus stoïques de la LNH.

«Le Village d'antan franco-ontarien donnera l'opportunité à nos enfants et nos petits-enfants de retourner dans le passé et de découvrir la façon dont vivaient leurs ancêtres, ajoute-t-il. Et ce sera aussi une excellente façon de promouvoir le patrimoine franco-ontarien et la langue française en Ontario.

On ne vous a jamais connu comme un militant franco-ontarien, que je lui lance.

Non, je ne suis pas militant, réplique-t-il. Mais je suis fier d'être Franco-Ontarien. J'ai toujours été fier de mes racines et d'où je viens. Et encore plus depuis que j'habite au Québec. Je ne suis peut-être pas le genre à le crier sur tous les toits, mais je suis très fier de mes racines. J'ai un frère et une soeur qui habitent St-Pascal-Baylon. J'ai une autre soeur à Rockland et mes filles habitent la région. Ma famille est ici, j'ai beaucoup d'amis ici, et je suis chez moi ici. Oui, j'ai quitté la région. Et je me considère privilégié et chanceux de pouvoir travailler dans le hockey professionnel depuis 26 ans. Pour un p'tit gars qui vient d'une ferme de St-Pascal, c'est toute une aventure.»

Les années Sénateurs

Jacques Martin a été entraîneur des Sénateurs d'Ottawa de 1995 à 2004. Durant son passage dans la capitale nationale, il a été en nomination à trois reprises pour l'obtention du trophée Jack Adams remis annuellement au meilleur entraîneur de la LNH, honneur qu'il a mérité en 1999 avec les Sénateurs. Mais malgré de brillantes saisons à Ottawa qui ont souvent placé les Sens parmi les meilleurs aspirants à la coupe Stanley, les joueurs de Jacques Martin n'ont jamais touché le précieux trophée.

Le commentateur anglophone Don Cherry a déjà dit que les Sénateurs d'Ottawa, sous la gouverne de Jacques Martin, auraient remporté au moins deux coupes Stanley si Martin avait pu compter sur un gardien de but de premier plan.

Jacques Martin est-il d'accord avec cette déclaration du coloré Cherry?

«Je ne sais pas, répond-il. Patrick Lalime nous a quand même donné du bon jeu. Mais à ce moment-là, les Sénateurs travaillaient avec un petit budget. On n'avait pas les moyens d'aller chercher un gardien de premier plan. On avait cependant une très bonne équipe qui s'était développée par le repêchage. C'est sûr qu'on n'a jamais eu un gardien de renommée, mais on s'est quand même bien débrouillé. Il y a eu des moments exceptionnels et mes meilleures années ont été avec les Sénateurs. Mais pour revenir à la question, je dirais que Patrick (Lalime) a fait le mieux qu'il pouvait. Il a eu une bonne carrière, mais il n'était pas Patrick Roy.»

La revanche de Pat Burns

En 2003, les Sénateurs d'Ottawa ont remporté la coupe du Président (plus de points au classement général de la LNH) et, selon les experts, ils étaient les favoris pour mettre la main sur la coupe Stanley. Ils se sont toutefois inclinés en sept matches en finale de conférence devant les Devils du New Jersey du regretté Pat Burns. Ces derniers allaient ensuite remporter la coupe Stanley.

Une douce revanche pour Pat Burns, raconte Jacques Martin: «Pat a gagné la coupe Stanley cette année-là et c'était plutôt ironique. Parce qu'en 1986, j'étais entraîneur des Platers de Guelph de la ligue junior de l'Ontario, et Pat était entraîneur des Olympiques de Hull. Et j'avais battu Pat en finale pour gagner la coupe Memorial (meilleure équipe junior au pays). Mais en 2003, il m'a battu à son tour pour ensuite gagner la coupe Stanley. Je pense qu'il m'attendait de pied ferme», lance-t-il en riant.

***

JACQUES MARTIN SUR...

LE LOCK-OUT DANS LA LNH: «C'est malheureux. Il n'y a pas eu de vraies négociations avant mardi dernier. Avant ça, c'était de la manipulation de la part des deux camps pour aller chercher la faveur du public et des médias, au détriment des amateurs. Mais je pense qu'il y a de l'espoir. J'ai confiance que le jeu reprendra en décembre.»

LES ANNÉES D'ALEXEÏ YASHINE À OTTAWA: «C'est un joueur qui a donné de bonnes années à Ottawa et un joueur qui a fait sa marque. Mais ses performances en séries éliminatoires ont toujours été décevantes. Il a toujours déçu en séries. Et avec l'émergence de Daniel Alfredsson comme leader de l'équipe, les Sénateurs ont pu échanger Yashine. Et cet échange fut l'un des meilleurs dans l'histoire de l'équipe (Yashine aux Islanders de New York en retour de l'attaquant Bill Muckalt, de l'excellent défenseur Zdeno Chara et d'un premier choix au repêchage qui est devenu le centre étoile Jason Spezza).»

LA RETRAITE: «Je suis encore jeune (il est âgé de 60 ans) et j'ai encore des choses à vivre. Et si j'ai l'opportunité de revenir comme coach ou directeur général d'une équipe de la LNH, ça m'intéresserait.

Avez-vous reçu une offre d'une équipe?

Non, puisqu'il n'y a pas de hockey en ce moment. Mais on verra quand ça recommencera.»

Pour joindre notre chroniqueur : 613-562-7531 dgratton@ledroit.com

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