Un savoir faire au profit de Centraide

En plus de se promener aux quatre coins... (Étienne Ranger, LeDroit)

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En plus de se promener aux quatre coins du Canada, le vice-président du développement des affaires de la compagnie Fortress, Marco Veilleux, présidera la campagne de financement de Centraide Outaouais.

Étienne Ranger, LeDroit

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On pourrait se demander où Marco Veilleux trouve le temps pour présider la campagne de financement de Centraide Outaouais. Et pourquoi il a accepté ce rôle.

Vice-président du développement des affaires de la compagnie Fortress, dont le siège social se trouve en Colombie-Britannique, ce père de deux filles âgés de 12 et 10 ans, passe plus de temps à sillonner le Canada qu'il en passe chez lui, à L'Ange-Gardien.

Bien connu en Outaouais, Marco Veilleux a piloté la restructuration de l'ancienne usine Fraser à Thurso après sa fermeture en 2009. Grâce à ses efforts et son savoir-faire, l'usine a pu redémarrer 11 mois plus tard sous la bannière Fortress Cellulose Spécialisée.

Ces jours-ci, ce diplômé en génie chimique de l'Université de Sherbrooke passe beaucoup de temps en Abitibi où il a repris le modèle de l'usine de Thurso en travaillant activement au redémarrage d'une usine là-bas. Ce qui a permis à Fortress de passer de 300 à 600 employés au Québec. Et entre ses allées et venues Outaouais/Abitibi, M.Veilleux fait un «p'tit tour» d'avion pour passer par son bureau à Vancouver.

«Je suis un peu comme un satellite qui se promène sans arrêt, lance-t-il en souriant. Je suis sur la route à peu près trois semaines par mois. Mais je m'assure de revenir à la maison tous les week-ends. Et quand je travaille en Outaouais, je travaille de la maison, ce qui me permet d'être avec ma famille. Donc ça va bien à ce niveau-là.»

Mais revenons à la question initiale. Avec ce train de vie si exigeant et toutes ces heures loin des siens, pourquoi Marco Veilleux a-t-il accepté de s'impliquer à 100% dans son rôle de président de la campagne de financement de Centraide Outaouais?

«Pour redonner, répond-il. Pour redonner du point de vue professionnel. Et aussi du point de vue personnel.

Commençons par le point de vue professionnel, que je lui propose.

Ce qui est arrivé ici, c'est-à-dire dans la relance de l'usine de Thurso, on a eu besoin de toute la communauté. C'est un projet qui a nécessité une très grande mobilisation. Beaucoup de joueurs ont travaillé dans l'ombre dans tout ça. Et c'est la raison pour laquelle cette relance a été un succès. C'est grâce à beaucoup de gens, et non à une seule personne. Donc c'est ma façon de redonner à la communauté. C'est un retour d'ascenseur pour la région de l'Outaouais qui a été très bonne pour nous.

Et au niveau personnel?

Je pense que c'est une question de ne jamais oublier. De ne jamais oublier d'où on vient et que personne est à l'abri d'un malheur dans la vie, ou de moments difficiles. Je n'ai pas souffert de pauvreté dans mon enfance. On ne roulait pas sur l'or, dans ma famille, mais mes deux soeurs et moi n'avons jamais manqué de rien. Mes parents, par contre, en ont arraché. Mon père, quand il était jeune, se promenait nu-pieds l'été pour garder ses souliers pour l'hiver. Et ma mère a été élevée sur une ferme. Elle a dû quitter l'école pour aller travailler dans une usine (les gâteaux Vachon, en Beauce) pour aider ses frères et soeurs. Ils étaient 14 enfants du côté de ma mère, et 12 du côté de mon père.

Et votre père a-t-il pu poursuivre ses études?

Oui, il a eu la chance d'aller à l'école. Il a fait croire qu'il voulait devenir curé pour se faire payer ses études par l'église catholique (rires). S'il n'avait pas menti, il n'aurait pas pu y aller. Et il est finalement devenu directeur d'école. Mais il est parti de loin. De très loin. Et ma mère est retournée sur les bancs d'école à l'âge de 55 ans pour terminer son secondaire. C'était une très grande frustration pour elle de n'avoir jamais complété ses études secondaires.

Votre mère est courageuse.

Oui. Et c'est un peu ce que mes parents ont inculqué à mes soeurs et moi. De croire que tout est possible est quelque chose qui est pas mal ancré chez nous. Et c'est ce que je tente de transmettre à mon tour à mes enfants. La valeur d'une éducation. La valeur d'aider. Et l'importance de donner une chance aux gens. Et c'est ce que Centraide fait. On donne la chance aux gens qui, autrement, ne l'auraient pas. Parce que lorsqu'on donne une chance aux gens et qu'on leur fait confiance, on a souvent de belles surprises.»

Compte tenu des compressions au gouvernement fédéral (60% des revenus de Centraide Outaouais proviennent des fonctionnaires fédéraux), Centraide Outaouais a fixé son objectif à la baisse cette année pour le chiffrer à 5,9 millions$. À ce jour, cet organisme a recueilli près de 1,6 million$, soit 27% de son objectif, et la campagne se termine en février prochain. Les défis sont grands. Et Marco Veilleux en est bien conscient.

«On demande aux gens qui nous supportent déjà et à ceux qui ont les moyens de nous supporter un peu plus cette année, dit-il. De s'étirer un peu, de faire un pas de plus. Et de se rappeler que l'argent revient dans la communauté. Ce n'est pas de l'argent qui va partir pour Québec ou Ottawa sans qu'on sache vraiment à qui elle servira. Ce sont 70 organismes de l'Outaouais qui comptent sur Centraide. Et ma phobie est de devoir, en mai prochain, dire à certains de ces organismes qu'on ne peut pas les aider cette année parce que notre objectif n'a pas été atteint. Ce serait dramatique de faire ça.

Le prendriez-vous personnellement, M.Veilleux?

Je le prends déjà personnellement!», conclut-il en riant.

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