Trouver sa voie dans les airs

Le 27 september dernier, le lieutenant-général Yvan Blondin... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Le 27 september dernier, le lieutenant-général Yvan Blondin a été nommé grand patron de l'armée de l'air. Tout un exploit pour cet ancien étudiant de l'école secondaire Grande-Rivière, à Aylmer

Étienne Ranger, LeDroit

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Le 27septembre dernier, le lieutenant-général Yvan Blondin a été nommé commandant de l'Aviation royale canadienne (ARC). Après plus de 30 années de service au sein des Forces canadiennes et des milliers d'heures de vols à bord de plusieurs types d'aéronefs, dont l'avion de chasse CF-18, le Aylmerois Yvan Blondin devenait le «grand patron» de l'armée de l'air.

Toute une carrière et tout un exploit pour cet ancien étudiant de l'école secondaire Grande-Rivière qui n'avait jamais même rêvé de devenir militaire, et encore moins de devenir, un jour, pilote d'avion...

En fait, Yvan Blondin ne savait pas vers quel domaine se diriger quand il a atteint la vingtaine.

«J'avais 21 ans et ce qui était important dans ma vie, dit-il, c'était mon auto. J'avais besoin d'argent pour payer mon auto.

«Un jour, j'ai vu une annonce dans LeDroit d'une compagnie d'assurance qui cherchait un employé. J'ai répondu à cette annonce et on m'a convoqué à une entrevue au centre-ville d'Ottawa. Mais quand je suis sorti de cette entrevue, je savais que ces gens n'allaient jamais m'appeler.»

Un peu découragé, le jeune Yvan Blondin est retourné à sa voiture qu'il avait garée sans s'en rendre compte devant un centre de recrutement des Forces canadiennes, sur la rue Queen. Puis sur un coup de tête, il est entré dans ce centre, «juste pour voir si on embauchait à cet endroit», se souvient-il.

«L'homme derrière le comptoir m'a répondu: 'Oui, on a possiblement du travail pour toi. Qu'est-ce qui t'intéresse?' Je n'y avais pas pensé. Alors quand j'ai vu une affiche sur le mur sur laquelle on pouvait voir un pilote en uniforme accoté sur un jet, j'ai répondu, en pointant vers l'affiche: 'Je me verrais faire ça.'«

Puis quelques semaines plus tard, après une multitude de tests à Ottawa et à Toronto, le jeune Aylmerois était enrôlé. «On va faire de toi un pilote de l'Aviation canadienne», lui ont dit ses supérieurs.

Après deux années de cours intensifs, Yvan Blondin est effectivement devenu pilote d'avion. Et il s'est engagé à donner cinq années de service aux Forces canadiennes. «Après ces cinq années, s'était-il dit, je me trouverai un vrai job.»

«J'ai fait mes cinq ans, j'ai voyagé partout, j'ai adoré l'expérience, c'était l'aventure, reprend le lieutenant-général. Puis on m'a dit que si je quittais au bout de neuf ans, que j'aurais droit à une année de salaire en prime. Donc je suis resté. Après neuf ans, on m'a expliqué que j'aurais ma pleine pension si je me rendais jusqu'à 20 années de service. J'avais commencé à piloter le F-18, je m'étais marié et j'étais père d'une jeune fille, donc je suis resté. Et aujourd'hui, à l'âge de 52 ans et après 32 ans de service, je suis encore ici et je ne me suis jamais trouvé un vrai job», lance-t-il en riant.

Le lieutenant-général Blondin ne regrette rien. Son emploi dans l'Aviation royale canadienne lui a permis de voir le monde, de participer à d'innombrables missions outre-mer et de travailler avec des gens qui, dit-il, partagent avec lui le goût de l'aventure et du dépassement de soi. Non, il ne regrette rien. Ou presque rien...

«Quand t'es pilote, tu te promènes partout dans le monde, explique-t-il. Et quand tu voyages partout, tu n'es pas souvent à la maison. D'être loin des siens est l'un des côtés difficiles de l'emploi, tant pour la famille que pour soi. Et après 12 ans de mariage, ma femme et moi nous sommes séparés.

«C'était au début des années 1990, lors de la première guerre en Irak, raconte-t-il. On déployait les CF-18 dans le golfe. C'était ma première mission en situation de guerre. Et je me souviens qu'un collègue de mon escadron a décidé de ne pas aller en mission en Irak. Il nous a dit: 'Je ne mettrai pas le pétrole avant ma famille.' Quand j'ai raconté ça à ma femme, elle m'a demandé pourquoi ce gars était capable de mettre sa famille avant sa carrière et pas moi.

Et que lui avez-vous répondu?, que je lui demande.

J'ai décidé de porter l'uniforme avec honneur. Le monde va me regarder comme un homme qui accepte d'être militaire. Je vais voler des CF-18 un peu partout dans le monde, mais la première fois qu'on me demande d'aller en situation de guerre, je vais me permettre de refuser? Non. Il n'était pas question que je refuse. De refuser une mission ne faisait pas partie de mon engagement. Mais quand je suis parti pour l'Irak, quelque chose est mort entre ma femme et moi. Ma fille avait sept ans à l'époque. C'était déchirant. Mais ce n'était pas juste à cause de la guerre. J'étais tout le temps parti. Ce n'était pas facile. Mais je me suis remarié il y a 12 ans et ça va très bien.»

L'été, quand le lieutenant-général Blondin ne se trouve pas à son bureau d'Ottawa, vous le trouverez sûrement sur un terrain de golf.

Et non le moindre, puisqu'il est membre du prestigieux Rivermead, un club de golf privé de Gatineau réservé aux plus nantis de ce monde.

«J'ai un ami d'enfance qui est membre là-bas et il tentait depuis longtemps de me convaincre à joindre ce club, raconte-t-il. Mais je lui répondais toujours que c'était trop cher, que je ne pouvais pas me permettre ça. Or, un soir qu'il soupait avec nous, il a convaincu ma blonde de vendre ma Harley-Davidson. Il lui a dit que c'était dangereux et que le temps était venu de me débarrasser de ma moto. 'Tu vends sa Harley-Davidson et tu vas financer son golf', qu'il a dit à ma femme. Quelques verres de vin plus tard, ma Harley était sur Kijiji. Et le lendemain, elle était vendue. Donc je joue au golf depuis. Et je m'ennuie de ma Harley», conclut-il en riant.

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