De biens gros souliers à chausser

Le 4 septembre dernier, le libéral Alexandre Iracà,... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le 4 septembre dernier, le libéral Alexandre Iracà, dauphin du député sortant Norm MacMillan, gagnait de justesse dans Papineau. «Je suis bien conscient que j'ai de gros souliers à chausser. Norm et moi avons des styles différents. Et Norm... c'est Norm.»

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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<p>Denis Gratton</p>

«Sueurs froides dans Papineau», titrait LeDroit du 5septembre dernier, le lendemain matin des élections générales au Québec.

Un titre fort approprié. Parce que la circonscription de Papineau a bien failli passer aux mains du Parti québécois pour la première fois en plus de 35 ans. Mais à la toute dernière minute - ou plutôt aux toutes dernières boîtes de scrutins -, Alexandre Iraca, le candidat libéral et dauphin du député sortant Norm MacMillan, remportait l'élection de justesse en défaisant son adversaire péquiste Jean-François Primeau.

Plusieurs électeurs de Papineau ne connaissaient pas Alexandre Iraca. Ou très peu. On savait que cet avocat de carrière était président de la commission scolaire au Coeur-des-Vallées depuis plusieurs années. Mais était-il apte à succéder à Norm? Le seul et unique Norm? Quelqu'un a dit «de gros souliers à chausser»?

«Je suis bien conscient que j'ai de gros souliers à chausser, affirme M.Iraca. Norm et moi avons des styles différents. Et Norm... c'est Norm. Je n'essaierai jamais de l'imiter, il est difficilement imitable!» lance-t-il en riant.

«Mais ce que Norm a fait en 1989 quand il a été élu pour la première fois à l'Assemblée nationale, j'ai dû le faire en 2012. Norm a gagné ses élections en 1989 par près de 600 voix. Moi, je les ai gagnées par 227 voix. Et à chaque élection que Norm a gagnée par la suite, sa majorité a augmenté. Donc, comme lui, je dois faire mes preuves et rencontrer les gens sur le terrain. Et c'est ce que je compte faire. Mais je n'essaierai jamais d'imiter Norm, ce serait une erreur de faire ça. Je vais rester moi-même. Mais Norm m'a beaucoup aidé et conseillé durant la campagne électorale. Et il demeure un précieux conseiller.»

Ira... quoi?

Quand Alexandre Iraca appose sa signature à un chèque ou à un document, il signe: Alexandre Iracà. Avec un accent grave sur le dernier «a» de son nom de famille. Mais sur ses affiches électorales et sur le site officiel de l'Assemblée nationale, l'accent grave disparaît. Des explications s'imposent...

«Mon père, Giovanni Iracà, est italien et il a immigré au Québec avec son frère Diego après la Deuxième Guerre mondiale, raconte-t-il. Quand mon père est arrivé à Immigration Canada, il ne parlait ni l'anglais, ni le français. Et selon les agents unilingues anglophones d'Immigration Canada, son nom, Giovanni Iracà, était trop compliqué à prononcer et à écrire. Donc ils ont prénommé mon père: John. Et ils ont laissé tomber l'accent grave dans Iracà. Donc mon père est devenu John Iraca. Mais ma famille en Italie se nomme Iracà. Donc j'ai toujours signé mon nom avec l'accent grave, en mémoire de ma famille, de mes origines et de mon père qui est décédé quand j'avais 15 ans. Mais puisqu'il n'y a pas d'accent grave dans mon nom sur mon baptistaire, le Directeur général des élections m'oblige à écrire mon nom sans accent sur mes affiches électorales. Je dois être conforme, et je suis bien d'accord avec ça.»

Un rêve d'enfance

Alexandre Iracà rêvait depuis son enfance de devenir politicien. Alors que les jeunes de son âge regardaient Goldorak ou Passe-Partout à la télé, lui regardait les débats à l'Assemblée nationale...

«J'ai toujours été fasciné par la politique, explique-t-il. J'ai grandi à Val-d'Or et ma mère travaillait pour le syndicat des métallos en Abitibi. J'allais dîner à tous les jours à son bureau, et j'y retournais après l'école. Et le syndicat était très politisé et les gens parlaient sans cesse de politique. Donc j'ai grandi là-dedans. Et je suis passionné par la politique depuis.

Et qu'est-ce qui vous a emmené en Outaouais, que je lui demande.

Les études. J'ai obtenu un baccalauréat en psychoéducation à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) à l'âge de 21 ans. J'ai ensuite poursuivi mes études en droit civil à l'Université d'Ottawa et j'ai été admis au Barreau du Québec en 1997. Puis j'ai rencontré une fille de Buckingham qui allait devenir mon épouse et je ne suis jamais retourné vivre à Val-d'Or.

Vous avez trois jeunes enfants, n'est-ce pas?

C'est ça. Mika a 12 ans, Noah a 10 ans et Heidi a huit ans.

Je ne vous apprends rien, M.Iracà, en vous disant que vous serez plus souvent à Québec qu'à la maison au cours des prochains mois et peut-être des prochaines années. Comment comptez-vous conjuguer travail et famille?

Je suis très attaché à mes enfants. Mais quand j'étais président de la commission scolaire, j'étais aussi directeur régional du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Donc j'étais souvent parti. Et mes enfants sont au courant de mon horaire du temps et ils sont habitués à ne pas me voir souvent pendant la semaine. Ce n'est rien de nouveau pour eux, ce n'est pas un choc. Mais quand je suis à la maison, je suis là à 100% pour ma famille. Je mets de côté le BlackBerry et le portable et je me donne à 100%.

Et votre épouse en pense quoi?

Elle est habituée, elle m'a connu comme ça. J'ai toujours eu plus d'un emploi. En fait, depuis que je suis député de Papineau, je pense que c'est l'une des premières fois de ma vie que j'ai juste un job. Quand mon père est arrivé d'Italie, il a appris trois mots en français: travail, travail et travail. Et c'est ce qu'il m'a inculqué.»

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