Claude Meunier, gentleman forestier

«Mais mes affaires ont souvent déstabilisé au début»,... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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«Mais mes affaires ont souvent déstabilisé au début», a affirmé Claude Meunier.

Patrick Woodbury, LeDroit

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J'étais un peu appréhensif, mardi, à quelques heures de ma rencontre avec Claude Meunier. Le créateur de la série télévisée culte La petite vie venait, ce matin-là, d'essuyer des critiques virulentes sur sa nouvelle série Adam et Ève.

«Niaiseries», «clichés», «gags faciles». La critique montréalaise n'a pas été tendre à son égard, c'est le moins qu'on puisse dire.

Mais c'est étonnamment un Claude Meunier affable et d'une bonne humeur déconcertante qui a pris place devant moi. Et bien que son entourage m'avait fortement recommandé de ne pas lui parler des critiques parues dans les journaux ce matin-là, j'ai choisi de faire le contraire. J'y suis allé d'entrée de jeu avec une question sur ces critiques négatives, et advienne que pourra. Et j'ai eu la curieuse impression que Claude Meunier ne demandait pas mieux...

«J'ai l'impression de relire des critiques que je me suis fait faire au début de La petite vie, a-t-il lancé. Et de relire des critiques que je me suis fait faire dans le temps des Voisins. C'est comme si, au départ, les gens ont de la misère à saisir le niveau. Ils le prennent tous au premier degré.

«Mais donnez-moi un break et laissez-moi aller, a-t-il plaidé. Et si vous le prenez en vous amusant, vous allez rire. Il faut se laisser aller. Personnellement, si je me mets à analyser une série, j'embarque moins que si je me laisse aller. Il ne faut pas le prendre au premier degré.

Vous avez travaillé, M.Meunier, à la rédaction de la série Adam et Ève pendant plus de 18 mois.

C'est ça, oui.

C'est frustrant de voir un projet sur lequel vous avez tant bossé se faire critiquer de la sorte?

C'est un peu affolant, répond-il. C'est un peu ce que je vis depuis le succès de La petite vie. Ma femme me disait l'autre jour: 'tu devrais changer de nom. Les gens diraient que c'est bon'. Je suis fier en christie de cette série-là Adam et Ève! Quand j'ai fait Détect.inc, je voulais faire quelque chose et ça n'a pas donné ce que je voulais. C'était raté à bien des égards. C'était raté au niveau de l'écriture, au niveau de la réalisation. Mais Adam et Ève ressemble complètement à ce que je voulais faire. Et j'en suis heureux. Je persiste et signe. Je persiste et signe pas choqué ou pas fâché, c'est-à-dire que je trouve la série drôle. J'ai fait l'émission de Paul Arcand hier (lundi). Il avait vu les trois premières émissions et il m'a dit: 'c'est vraiment drôle, ton affaire. C'est complètement capoté et ça te ressemble'. J'étais tout fier. Mais je lis les critiques de ce matin et je ne comprends rien. Peut-être que les gens s'attendent trop à une autre Petite vie. Mais on ne peut pas recréer La petite vie. C'est impossible.»

La petite vie

La petite vie a été diffusée de 1993 à 1998. (Trois autres épisodes hors saison ont été produits en 1999, 2002 et 2009). Elle est la seule série télévisée québécoise et canadienne à avoir franchi la barre des quatre millions de téléspectateurs pour l'épisode MlleMorin, et à avoir battu son propre record pour l'épisode Réjean reçoit avec un record toujours inégalé de 4098000 téléspectateurs.

Comment son auteur explique-t-il ce succès phénoménal?

«La petite vie, au début, c'était désarçonnant, répond Claude Meunier. C'était troublant. C'était comme un choc. Et quelques semaines se sont écoulées avant qu'elle reçoive des critiques positives.

«Radio-Canada n'en voulait pas, se souvient-il. Et TVA non plus. Un an s'est écoulé avant qu'on puisse convaincre Radio-Canada de la diffuser. Et le succès est venu avec le temps, avec les semaines.

Et comment expliquez-vous ce succès?

C'était très rassembleur. C'était très québécois. C'était une nouvelle version hallucinée de La famille Plouffe, laisse-t-il tomber en s'esclaffant. Les gens m'arrêtaient souvent dans la rue pour me dire: 'Rénald, c'est mon beau-frère'. Ou 'mon mari est un Ti-Mé'. Ou 'ma belle-soeur est une Lison'. J'avais beaucoup de Rénald et de Lison. Tout le monde retrouvait son cousin, son voisin, son beau-frère, mais jamais eux-mêmes, ajoute-t-il de son petit sourire narquois qu'on connaît si bien.

«Mais c'était l'humour aussi, reprend-il. On riait beaucoup. Et ça, c'est le contenu. Mais il y avait le contenant qui était fantastique. Avec La petite vie, tout est tombé en place au bon moment. C'est un amalgame d'affaires qui a fait que c'est devenu un tel succès. C'était les décors, la production, les comédiens. J'avais des comédiens fabuleux! C'était un cast hors du commun. Ce sont tous des gens d'un méga talent qui se sont retrouvés ensemble tout à coup. Et ils m'inspiraient beaucoup. Bref, La petite vie, c'était drôle et c'était rassembleur. Vrai, c'était désarçonnant au début. Mais mes affaires ont souvent déstabilisé au début.»

L'amour de la forêt

Père de trois filles et grand-père d'un petit-enfant, Claude Meunier, 61 ans, affirme qu'il a deux amours dans sa vie, deux passions.

Il y a d'abord sa famille. «Je suis un père de famille assez intense», dit-il. Et il y a la forêt, son refuge, son endroit pour décrocher.

«Je suis un gars de forêt, dit-il, je l'ai toujours été. J'ai mon chalet, j'aime la nature, j'aime passer beaucoup de temps dans le bois à bisouner, à me faire des trails. Je suis un gentleman forestier¿», lance-t-il en souriant.

On peut parler de politique est terminant, M.Meunier?

Si tu veux.

Je voulais vos commentaires sur les élections du 4 septembre dernier.

C'est un résultat décevant pour tout le monde. On est à la même place qu'avant, ou à peu près. Ça va faire le jeu des libéraux parce qu'il y aura une autre élection dans un an et demi. Et ils auront le temps de se trouver un nouveau leader qui sera populaire. Personnellement, j'aurais aimé que les libéraux mangent leur claque. Quitte à se relever après. Je trouve que nous, les Québécois, avons été vraiment gentils à l'égard des libéraux. Là est ma déception.

J'en conclus que vous êtes souverainiste?

Pas vraiment. Je ne suis pas fédéraliste non plus. Mais mettons que j'ai une tendance à être plus souverainiste. Oui, c'est ça. Tu peux écrire ça. Que j'ai une tendance à être souverainiste. Je suis un gentleman forestier avec une tendance souverainiste», conclut-il en riant.

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