Originaire de la Belgique, il a immigré au Canada en 2002 et il s'est établi dans la région de la capitale nationale, où il a joué pendant plusieurs mois avec la troupe du Théâtre des Lutins. En 2004, il fondait avec son bon ami Daniel Simoncic une entreprise spécialisée dans la gestion d'événements culturels et sportifs, le Groupe Simoncic.
«Daniel et moi nous sommes rencontrés en Belgique, raconte-t-il. Daniel était en vacances là-bas. Un soir, je suis allé prendre un verre dans un bar avec un ami et Daniel était là. J'avais une sensibilité pour le Canada, donc on a jasé, il m'a dit qu'il travaillait pour le Festival franco-ontarien avec Rhéal Leroux, et on s'est promis qu'on ferait des choses ensemble. Je suis venu au Franco comme artiste de rue. Je suis revenu de plus en plus et je me suis fait des amis ici. Puis en 2002, j'ai décidé d'immigrer au Canada. J'ai fait le saut et voilà. Je ne le regrette pas.»
Laurent Vandeputte est directeur de la programmation du Festival franco-ontarien et de tous les autres événements gérés par le Groupe Simoncic, tels les Rendez-vous de la Francophonie, le Festival de la curd de Saint-Albert et la Franco-Fête de Toronto, pour ne nommer que ceux-ci.
Miser sur la jeunesse
Cette année, le Groupe Simoncic, sous les conseils de Laurent Vandeputte, a pris un audacieux «virage jeunesse» dans sa programmation du Franco. Au revoir les Charlebois, Ferland, Rivard et compagnie, bienvenue les Mohombi, Radio Radio et Mia Martina. Le pari est risqué, et Laurent Vandeputte le sait.
«Il était temps de prendre un tournant, dit-il, parce que les jeunes ne savaient pas qu'il y avait un Festival franco-ontarien. Ils ne le savaient vraiment pas. On a fait des focus group et ils entendaient parler du festival pour la première fois. Et je vous parle des jeunes dans les écoles secondaires franco-ontariennes.
«On a manqué notre coup quelque part. On les a oubliés pendant une génération ou deux. Certains membres du conseil d'administration qui sont très attachés au Franco vont parler des vieux artistes qu'ils ont vus et sur lesquels ils ont tripé, comme Vilain Pingouin, Beau Dommage et Charlebois. Mais les jeunes n'écoutent pas ça aujourd'hui. Donc, le défi est d'aller chercher ce qu'ils écoutent. Et aussi d'aller chercher la dynamique dans laquelle ils sont, comme les réseaux sociaux. Ce n'est plus du zapping comme on en connaissait dans notre temps. Ils passent d'un média à l'autre, d'une idée à l'autre. Ils ont toutes sortes de façons de consommer la culture que nous n'avions pas à leur âge.
«Oui, on prend un risque avec notre programmation. Mais on s'est dit que nous allions assumer ce tournant jeunesse à fond. Il ne se fera peut-être pas en un an. Il va falloir créer une habitude. Mais il y a une relève dans les artistes. Il faut donc une relève dans le public et dans l'attachement au Franco.
Et comment va la vente de billets cette année, ou plutôt de 'bandanas'?, que je lui demande. (Cette entrevue a été réalisée jeudi matin, avant le début du Festival franco-ontarien.)
Ça se vend très bien. Mais c'est différent des autres années. Il y a moins de préventes, mais il y a beaucoup plus de gens qui en parlent sur les réseaux sociaux. On est passé de 600 adeptes sur la page Facebook du Franco l'an passé à 4250 cette année. Et on se fait arrêter dans la rue par des jeunes qui nous disent qu'ils sont contents de la programmation de cette année. Alors on verra bien.
Ce 'tournant jeunesse' se propagera-t-il au Festival de la curd de Saint-Albert?
Non. On a essayé d'amener des gros noms là-bas comme, par exemple, Star Académie, mais ça n'a pas vraiment levé. Avec le Festival de la curd, c'est encore la fête à eux (les gens de l'Est ontarien). Ce sont surtout des agriculteurs, donc ils ont très peu de temps de vacances. Et le festival est un peu leurs vacances. Donc ils nous font savoir quels artistes ils aimeraient voir et on choisit des artistes qui leur ressemblent.
Et qui sera de passage au Festival de la curd de cet été?
Jean Leloup est confirmé. Mais pour les autres spectacles, c'est sous embargo.»
(Il m'a tout de même dévoilé la programmation de ce festival. Et avis aux gens de Saint-Albert et des environs: vous allez rire et vous allez danser cet été.)
Le Festival franco-ontarien se termine ce soir avec les spectacles de Marijosée (18h), Ngâbo (19h30) et Mohombi (21h) au parc Major.
À souligner qu'une scène a également été aménagée sur la rue Clarence, dans le marché By, pour souligner le 100e anniversaire du Droit. Des spectacles de la relève franco-ontarienne y seront présentés gratuitement à compter de 13h.