La musique et les affaires, ses deux grandes passions

La deuxième vie de Boom Desjardins

La musique est toujours la première passion de... (Étienne Ranger, LeDroit)

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La musique est toujours la première passion de Boom Desjardins. Mais ces jours-ci, c'est sa deuxième passion qui a pris le dessus. Sa passion pour les affaires.

Étienne Ranger, LeDroit

Denis Gratton
Le Droit

Il a formé le groupe La Chicane en 1993. Et durant les onze années qui ont suivi, ce groupe a enchaîné des succès monstres tels que Calvaire, Juste pour voir le monde, Tu m'manques, Tu peux partir, Jusqu'à dimanche et tant d'autres. Des albums vendus à plus de 150000 copies, des prix Juno et Félix et des salles combles partout au Québec. C'était la gloire.

Mais la chicane aurait "pogné" au sein de La Chicane. Boom Desjardins a poursuivi une carrière solo en connaissant d'autres succès avec, entre autres, les chansons Pour te voir et J'reviens chez nous.

Mais depuis quelques années, on entend moins les tounes de Boom tourner à la radio. Les vieux succès de La Chicane, oui. Parfois. Mais les nouvelles chansons de cet artiste originaire de l'Abitibi semblent être tombées dans le néant radiophonique. Et il vient pourtant de lancer un nouvel album intitulé Avec le temps.

"Vous n'entendrez plus mes nouvelles tounes à la radio, lance-t-il. Je vous le dis là, vous ne les entendrez plus. Et je ne suis pas le seul artiste dans cette situation. Mes nouvelles chansons ne tourneront plus à la radio. Les radios ont décidé de prendre une banque d'une vingtaine de mes anciens succès, d'en garder cinq ou six, et c'est ceux-là qui tourneront. On est en train de se donner un devoir de tuer l'industrie de la musique au Québec. On semble avoir de la difficulté à réinventer ce qu'on avait, soit une culture en pleine croissance. On avait plein de possibilité, plein de styles et de nouveaux sons qui ne venaient pas d'ailleurs. Mais aujourd'hui, on tente d'imiter ce qui vient d'ailleurs alors que notre grande force, au Québec, était justement d'avoir notre son à nous et d'être unique à travers la planète. Je ne dis pas qu'on fait de la marde. Mais on n'a plus les plates-formes que nous avions avant.

"Moi, je suis choyé. J'ai ma banque de fans qui seront là jusqu'à ma mort. Ce n'est pas ça qui me fait de la peine. Ce qui me fait de la peine, c'est de voir qu'il n'y a pas de nouveaux groupes qui débouchent. On dit qu'il manque de bands au Québec. Mais ils sont là! Mais on ne peut pas les faire ressortir, on ne tourne pas leur musique. Mais j'aimerais donc ouvrir un poste de radio et de retrouver le feeling que j'ai eu quand j'ai entendu Kevin Parent pour la première fois. C'était unique et on se reconnaissait là-dedans. Mais aujourd'hui, je ne pourrais même pas vous nommer ce que j'entends à la radio.

Donc tracez-vous une croix sur votre carrière musicale?, que je lui demande.

Non, pas du tout. Je compose encore. La musique est ma première passion et elle le sera toujours."

Le nouveau Boom

Sa première passion, dit-il. Mais ces jours-ci, c'est la deuxième passion deDaniel "Boom" Desjardins qui a pris le dessus.

Sa passion pour les affaires. Et sa passion pour son coin de pays, l'Abitibi.

Boom Desjardins ne distribue plus les autographes, mais bien ses cartes d'affaires sur lesquelles on peut lire son titre: "directeur du développement des affaires du Nord", pour un promoteur immobilier gatinois, le Groupe Devcore. Et à ce titre, Boom est en train de développer dans son patelin un véritable... boom économique.

"Jean-Pierre Poulin (président du Groupe Devcore) est l'un de mes bons amis en Outaouais, raconte-t-il. Et il m'a toujours dit qu'il embarquerait avec moi si je voulais faire des projets. L'Abitibi nous a ouvert les portes. Le taux d'inoccupation est à 0,3% là-bas. C'est un problème majeur. Beaucoup de gens aimeraient aller vivre dans cette belle région-là, mais ils se frappent le nez depuis quelques années parce qu'il manque de logements. Donc nous avons démarré un projet majeur à Val-d'Or et nous construirons au-delà de 100 nouvelles maisons cet été. On commence également à s'établir à Rouyn et à Amos. Nous sommes la porte du Nord, la porte du Plan Nord. On arrive là comme des 'développeurs' et nous sommes accueillis comme Dieu le Père. Il n'y a jamais personne qui a pris les choses en main comme nous le faisons. On développe présentement des projets majeurs. On construit des maisons et on répond à la demande. On développera au-delà de 250 acres à Val-d'Or et plus de 200 acres à Rouyn. Et à titre du directeur du développement des affaires du Nord, j'irai à Baie-Comeau, Sept-Îles, Wabush et Fermont la semaine prochaine, des endroits qui ont une grande demande de construction de nouvelles maisons à cause du Plan Nord.

"Je viens de l'Abitibi et je suis très fier de voir ce qui se passe. Beaucoup de jeunes y retournent et je suis fier d'être un peu le messager. Et je lance le message à travers la province: il n'y a pas un endroit au Québec où la demande de main-d'oeuvre est aussi élevée qu'en Abitibi. Et la moyenne salariale là-bas est de 73000 $ par année. Un jeune qui sort du secondaire peut entrer dans la mine, faire un peu de temps supplémentaire et gagner 120000 $ par année".

Boom le Gatinois

Le Groupe Devcore est une compagnie basée à Gatineau. Elle a d'ailleurs une trentaine de projets en développement en Outaouais et en Ontario. Et c'est la raison pour laquelle Boom Desjardins s'établira bientôt à Gatineau avec sa petite famille.

"On déménage ici, dit-il. Nos enfants de sept et huit ans fréquenteront une école privée de Gatineau dès septembre. Nous étions dans le bois dans les Laurentides depuis environ huit ans et ma femme et moi nous sommes rendus compte que nos enfants avaient besoin d'amis autour d'eux. Donc on se construit une maison ici, dans le Domaine La Baie, dans le secteur Gatineau. Nous devrions être installés dans notre nouvelle maison d'ici les Fêtes. Je deviens Gatinois. Je vais donc pouvoir me présenter à la mairie!, lance-t-il en s'esclaffant.

Bonne chance avec ça!, que je lui réplique en riant. Mais une question en terminant. Pourquoi le surnom Boom?

Ça vient du personnage de Boum Boum dans Les Pierrafeu, répond-il. Je me tenais debout à l'âge de six mois. J'ai une photo de moi à cet âge avec un oeil au beurre noir. J'étais un petit tough, j'étais pas mal turbulent. Donc on m'a appelé Boom. Mes parents m'appelaient Boom, mes profs m'appelaient Boom, le directeur d'école m'appelait Boom. On m'a toujours appelé comme ça. Mon nom n'est pas DanielDaniel est une autre personne que moi. [...] Boom est devenu mon nom. Et j'aime bien ça comme ça."

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