La murale invisible

La murale Hommage aux Franco-Ontariens est cachée dans... (Martin Roy, Le Droit)

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La murale Hommage aux Franco-Ontariens est cachée dans une petite ruelle du marché By.

Martin Roy, Le Droit

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CHRONIQUE / Saviez-vous que nous fêtons cette année le 25e anniversaire de la murale Hommage aux Franco-Ontariens ? Non ? Moi non plus.

En fait, pour tout vous dire, j'ignorais l'existence de cette murale. Ou l'aurais-je oubliée ?

Et je n'ai vraiment pas d'excuse puisqu'elle se trouve à quelques pas des bureaux du Droit, dans le marché By.

Tourisme Ottawa décrit cette murale sur son site web comme une « magnifique oeuvre d'art public ». Je suis donc allé la voir, lundi matin. Et c'est vrai que cette oeuvre de l'artiste-muraliste d'Ottawa, Pierre Hardy, est magnifique.

Le hic, c'est qu'on ne la voit presque pas, cette murale. Elle est cachée dans une minable ruelle, pour ne pas dire un trou, située au 98 de la rue Georges, juste à côté du magasin Tigre Géant. Là où Le Droit a eu pignon sur rue de 1915 à 1929. 

J'ai dû attendre une bonne demi-heure, lundi matin, pour voir cette murale, parce qu'un camion de livraison de la compagnie Frito-Lay était garé dans ladite ruelle. Et ce camion était de la largeur de ladite ruelle. Donc impossible d'entrer dans ladite ruelle jusqu'à ce que le livreur ait terminé de placer ses sacs de Fritos, de Cheetos et de Doritos sur les tablettes du Tigre Géant.

Pourquoi « ladite ruelle » ? Parce qu'il ne s'agit pas vraiment d'une ruelle. On parle plutôt d'un endroit sombre qui ne mène nulle part. Une place de stationnement, ni plus ni moins. Ou encore un endroit pour se cacher de la police afin de pouvoir y fumer un joint en paix. Et un endroit où je ne m'aventurerais pas le soir venu.

Ladite ruelle est sale. Des mégots de cigarettes et des débris de toutes sortes jonchent le sol. Disons que c'est loin d'être invitant. Et bien que la murale de Pierre Hardy soit réellement un bel « hommage aux Franco-Ontariens », l'endroit où elle se trouve est honteux et repoussant.

Et c'est comme ça depuis maintenant 25 ans. C'est bien dommage.

C'est dommage parce que, comme je disais, l'oeuvre de cet artiste-muraliste est formidable. On peut y voir, entre autres, les gardiennes de l'école Guigues, un comptoir de la Caisse populaire Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa, le drapeau franco-ontarien et la page frontispice de la toute première édition du Droit, le 27 mars 1913.

Au cours de la création de sa murale, Pierre Hardy a déclaré : « J'espère que cet hommage aux Franco-Ontariens créera un sentiment d'appartenance, enrichira notre communauté, notre histoire, notre héritage et notre avenir. J'espère également que cette peinture murale ajoutera à la fierté et au sens de l'imagination des Franco-Ontariens ».

Elle pourrait accomplir tout ça, cette murale. Elle pourrait créer, jusqu'à un certain point, un sentiment d'appartenance et enrichir notre histoire, notre communauté et notre héritage.

Mais la seule façon d'y parvenir, c'est de la sortir de là. De l'exposer à la vue de tous les passants, des visiteurs et des touristes qui déambulent quotidiennement dans le marché By. De la placer bien en vue.

Parce que tant et aussi longtemps que cet Hommage aux Franco-Ontariens restera caché dans ladite ruelle, on ignorera son existence. On l'oubliera. Pendant 25 autres années.

La murale de Pierre Hardy - l'oeuvre comme telle - est véritablement un bel hommage à la communauté franco-ontarienne.

Le lieu où elle se trouve, par contre, est une véritable insulte.




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