Les droits de Bell et les enfants fatigants (3e de 4)

Ce qui se passait dans l'édition du 4 août... (Archives, Le Droit)

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Ce qui se passait dans l'édition du 4 août 1967 du Droit.

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CHRONIQUE - RECULONS DANS LE TEMPS / On recule une nouvelle fois dans le temps en ce vendredi 4 août 2017 et on passe du 150e de la Confédération au 100e, en 1967. Voici donc des passages de l'édition du Droit du vendredi 4 août 1967.

Le séjour historique du président français Charles de Gaulle au Québec, son « Vive le Québec libre ! » prononcé le 24 juillet 1967 à Montréal et son pied de nez à Ottawa créaient encore des secousses dans les pages du Droit. On titrait dans les premières pages : « Malgré l'incident de Gaulle - Les relations Ottawa-Paris se poursuivent normalement ».

Et voici ce qu'on pouvait lire dans le premier paragraphe de ce texte publié en page 2 : « Les relations courantes entre la France et le Canada ont poursuivi leur cours normal, en dépit de la fureur soulevée par la visite avortée du président de Gaulle, la semaine dernière, apprend-on de source gouvernementale. »

Les choses se calmaient enfin, quoi.

On apprenait par ailleurs que Radio-Canada allait bientôt diffuser ses émissions en français d'un océan à l'autre. Dans un texte intitulé « Un poste de TV français à Vancouver », on pouvait lire : « Un représentant officiel de Radio-Canada (James Gilmore, vice-président à la planification) a déclaré jeudi que la société ouvrira un poste de télévision français à Vancouver et a l'intention d'en installer d'autres à Saskatoon et dans les Maritimes. (...) « Au cours des sept prochaines années, nous espérons compléter le réseau français et anglais dans tout le Canada. Puis nous entreprendrons la deuxième phase qui doit fournir des émissions en couleur dans les points régionaux », de dire M. Gilmore.

En couleur !? Mais où s'arrêtera le progrès...

En parcourant Le Droit du 4 août 1967, on se rend compte que la compagnie de téléphone Bell avait tous les droits à l'époque. Exemple : « Un industriel de Toronto, M. Douglas Zimmerman, a dévoilé jeudi à la conférence de Couchiching qu'il soupçonnait la compagnie de téléphone Bell de surveiller ses conversations téléphoniques. «Je suis peut-être soupçonneux, mais je soupçonne qu'il y a plus de vérification de mon appareil que de tout autre au Canada », a dit l'homme d'affaires en ajoutant que des employés de la Bell l'en avaient informé.

« M. Zimmerman s'est plaint de cette situation à la Gendarmerie royale qui lui a répondu que la loi donnait à la compagnie Bell le droit d'écouter toute conversation et même celui d'entrer dans un domicile sans autorisation. Il se voit donc obligé de faire se appels confidentiels à d'autres appareils qu'à ceux de son bureau et de sa résidence. »

Pendant ce temps à l'Expo 67 de Montréal, le premier ministre de la Jamaïque se payait du bon temps, c'est le moins qu'on puisse dire...

« Le premier ministre de la Jamaïque, M. Hugh Shearer, s'est trouvé jeudi entouré de jolies filles alors qu'il visitait le pavillon de son pays à l'Expo 67. Sa haute taille lui faisait dépasser d'une tête toutes les hôtesses ravies qui l'entouraient. Alors que M Shearer buvait un verre de rhum en compagnie du commissaire général de l'Expo, M. Pierre Dupuy, on vint lui présenter la jolie Miss Jamaïque de cette année. »

Par ailleurs, il était si rare de recevoir des services en français à la Ville d'Ottawa, en 1967, que Le Droit remerciait celle-ci quand elle facturait les contribuables francophones dans leur langue ! L'éditorialiste Marcel Gingras écrivait ce qui suit le 4 août 1967 : 

«La Ville d'Ottawa n'absorbera plus les frais de perception imposés par les banques et les compagnies de fiducie en ce qui concerne les paiements des factures de taxes. Ce sera à chacun de nous de s'occuper de ces frais, soit 15 cents pour le paiement de chaque facture. Voilà fort mauvaise nouvelle, mais heureusement, on a eu la bonté de nous en prévenir en français comme en anglais à l'expédition du dernier compte d'eau. La pilule s'avale un peu moins mal et nous en remercions les autorités municipales. »

Un peu plus loin dans Le Droit, dans la section « Pour vous Mesdames », on apprenait qu'il existe deux sortes d'enfants...

« Il existe, chacun le sait, deux sortes d'enfants : ceux qui sont sages, que l'on n'entend jamais et les autres, c'est-à-dire ceux dont on ne peut jamais ignorer la présence dans une maison. En principe, ces derniers appartiennent à la catégorie des enfants nerveux. Ils exigent, de la part des parents et des éducateurs, une patience à toute épreuve et un dévouement sans relâche. 

Ces enfants sont ceux qui réagissent le plus et le mieux à l'instant qui passe et, par conséquent, ils détestent tout ce qui s'éternise. Voilà pourquoi ils sont tellement fatigants. »

Ce court passage explique plusieurs choses de mon enfance...

Enfin, dans la Petite-Nation, le village de Saint-Sixte se préparait pour sa tombola annuelle au profit de l'église (qui a tristement été rasée par les flammes en juillet 2015). Et le chroniqueur Oncle Jean (Victor Barrette) rappelait à tous que «la propreté est une qualité qui en laisse voir bien d'autres».




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