Le Gretzky de la tire de camion

Robert Reny, 63 ans, devant son camion Stinger,... (Patrick Woodbury, Le Droit)

Agrandir

Robert Reny, 63 ans, devant son camion Stinger, un deux roues motrices avec une carrosserie en fibre de verre, qu'il a construit lui-même, pièce par pièce.

Patrick Woodbury, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Robert « Bob » Reny est un « gars de chars ». Les moteurs, la mécanique, les camions, nommez-les... Bob connaît son affaire.

« J'ai nommé mon camion Stinger, m'a-t-il dit. C'est un camion deux roues motrices avec une carrosserie en fibre de verre. Il pèse 6 200 livres, il a 2 400 chevaux vapeur et il peut tirer plus de 50 000 livres. »

Il m'a perdu à Stinger...

Parce que contrairement à lui, je ne connais rien dans la mécanique automobile. Ou si peu. Mais lui, c'est sa passion. Et son Stinger est en fait une réplique d'un camion Ford 1925 qu'il a lui-même construit pièce par pièce. Faut le faire.

Bob et son Stinger seront en spectacle en fin de semaine à l'Aéroport exécutif de Gatineau, où se déroulera la deuxième édition de Tire de camions de Gatineau, présentée dans le cadre du Festival country de Gatineau.

Robert Reny, 63 ans, est mécanicien de profession. Il avait son garage dans le secteur Buckingham. Mais ce Franco-Ontarien d'Ottawa qui vit à L'Ange-Gardien depuis plus de 40 ans est aujourd'hui retraité.

C'est-à-dire retraité de son travail, de son garage. Mais pas des compétitions de tire de camions. Ça, Bob en fait depuis 43 ans et ce n'est pas demain matin qu'il accrochera les clés de son Stinger.

« Mais j'ai pensé me retirer de la compétition l'an dernier, avoue-t-il. J'avais dit à ma femme, Lorna, que c'était ma dernière année. Mais nous serons ici (au Tire de camions de Gatineau) en fin de semaine, et nous avons d'autres compétitions au Québec auxquelles nous participerons le reste de l'été. C'est comme une maladie, cette affaire-là. Une maladie qui ne nous quitte pas. »

Et votre épouse vous accompagne à toutes les compétitions ?

« Ah oui !, répond-il. Elle aime ça plus que moi ! Il y a 43 ans, nous sommes allés voir une compétition de tire de camions à Metclafe, pas très loin d'Ottawa, et c'est là qu'on a eu la piqûre. Je voulais essayer ça. Donc j'ai construit mon camion pour la compétition et nous n'avons jamais arrêté depuis. »

Robert Reny ne fait pas simplement participer aux compétitions de tire de camions. Il gagne. Et souvent. Il a remporté près d'une dizaine de championnats au Québec, en Ontario et aux États-Unis, au cours de sa carrière de plus de 40 ans. Il est ni plus ni moins le Wayne Gretzky de la tire de camions et de tracteurs.

Mais lui et sa femme ne font pas vraiment ça pour collectionner les trophées ou pour la gloire. Pour eux, c'est la camaraderie entre tireurs qui les amuse. Ou « le social », comme dirait Bob.

« C'est notre camping, lance-t-il. Ce sont nos vacances, presque notre Noël. Certains vont pour des week-ends en gang pour aller jouer au golf. Nous, on va pour des week-ends en gang, mais pour tirer des camions plutôt que d'aller jouer au golf. Le social est plus important que tout le reste.

«On se déplace en motorisé, j'ai mon camion (Stinger) dans une remorque. Et on retrouve pas mal les mêmes gens de compétition en compétition. Parfois, on rencontre des nouveaux venus dans le milieu et ils font vite partie de la gang. On couche sur place et, le soir, on s'organise des petites fêtes. Nous sommes un grand groupe d'amis et c'est très plaisant comme week-ends. Et Lorna et moi nourrissons souvent toute la gang, parce que ma femme est bonne cook en maudit !», lance-t-il en riant et en se tapant la bedaine. 

Robert Reny m'a expliqué dans les moindres détails le déroulement d'une compétition de tire de camions et de tracteurs. Mais comme je disais ci-haut, il m'a vite perdu. Mais de ce que j'ai compris, ça se passe à peu près comme suit : 

Un camion (ou un tracteur) doit tirer une espèce de machine de 45 000 livres sur une distance de 300 pieds. Une machine qui tire une autre machine, quoi. Quand le camion (ou le tracteur) se met en marche avec sa charge au derrière, les deux roues avant du camion lèvent du sol dans un spectaculaire wheelie. Et là, il décolle. Et il avance. Et plus il va vite, plus la charge devient moins lourde, question de physique. Celui qui se rend le plus loin avant que son camion commence à spinner dans le beurre gagne. 

Puis la foule capote.

Avez-vous compris quelque chose ? Non ? Allez donc voir la compétition de Tire de camions de Gatineau. Vous comprendrez mieux, j'en suis convaincu. Ça se passe samedi et dimanche à l'Aéroport exécutif de Gatineau.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer